La petite soeur de la Japan Expo a mis les gros moyens pour une 20e édition qui se devait d’être à la hauteur, un pari plutôt réussi. Retour sur l’événement…

20e édition, déjà, pour la Paris Manga, il fallait donc marquer le coup, un choix que les organisateurs ont fait bien longtemps à l’avance, quasiment après la fin de la 19e édition où des places étaient offertes aux différents gagnants de concours de cosplay. Peu après a suivi l’annonce de la venue de Jason Momoa, Khal Drogo de Game of Thrones et futur Aquaman, LE gros ponte des invités Sci-Fi de la convention, suivi jusqu’aux derniers jours avant l’événement de plus de 150 invités ! D’autres acteurs sci-fi, bien sûr (Dan Starkey, le Strax de Doctor Who ; John Rhys-Davies, Gimli dans le Seigneur des Anneaux ; Christopher Judge, de Stargate…), des Youtubeurs (pas de Salut Les Geeks, Joueur du Grenier ou Linksthesun, mais l’excellent Fossoyeur de Films, les très funs Inthepanda, BobLennon, Benzaie…), des invités cosplays, dessinateurs, jeunes créateurs, webséries (Noob en tête), bref, une édition couvrant à toutes les échelles.

Tom Wlaschiha, alias Jaqen H'Ghar dans Game of Thrones

Tom Wlaschiha, alias Jaqen H’Ghar dans Game of Thrones

La Paris Manga a cet avantage, d’une part, d’être nettement moins chère que sa grande sœur (quand Paris Manga ne coûte que 11euros, la Japan peut aller à 20euros selon le jour choisi), moins éloignée (Porte de Versailles face à Villepinte), et moins fréquentée au juste point qu’on ne se retrouve pas avec des RER bondés, et une fois sur place, on ne fait pas une queue démesurément longue. Pour la chaleur corporelle, en revanche, on ne peut rien y faire, et on adresse ici nos condoléances à ceux morts de chauds dans leurs splendides, mais si massifs cosplays. S’il y avait donc beaucoup de monde, date anniversaire oblige, il était plutôt facile de se déplacer dans la convention, au gré des boutiques habituelles de goodies et tshirts en tout genre, avec des attractions accessibles (notamment côté jeux vidéo) que l’on retrouve régulièrement en conventions de France et de Navarre. Le point culminant est évidemment la conférence des acteurs sci-fi, tous réunis pour l’occasion, donnant lieu à des anecdotes marrantes nées des questions de fans impatients. Il est aussi possible, plus terre à terre, de postuler pour une dédicace des Youtubeurs, très accessibles pour peu qu’on s’y prenne tôt, et qu’on soit prêt, malgré tout, à faire la queue. Mais l’avantage est que les horaires sont flexibles, et s’il reste des gens à l’heure limite, il y a du rab pour que tout le monde ait sa chance, point meilleur que la Japan Expo régulant par un système de hasard douteux.

Dan Starkey, alias Strax dans Doctor Who

Dan Starkey, alias Strax dans Doctor Who

Mais il y a malgré tout un revers à cette médaille : déjà, l’organisation avait quelques petites failles, notamment quand nous nous sommes retrouvés un peu livrés à nous-mêmes en arrivant le matin, puisque les indications pour la presse étaient floues, nous envoyant à droite et à gauche, avant d’enfin trouver notre chemin qui était là… où nous étions arrivés en premier lieu. Une fois à l’intérieur, on se rend compte que les prix sont hauts, chose à laquelle on est désormais habitués en convention, mais aussi que les dédicaces pour les acteurs sci-fi sont payantes, et de surcroît sont payantes selon un ordre arbitraire « d’importance » de l’acteur. Le bât blesse doublement : payer entre 20 et 50 euros (!!) pour des dédicaces, soit une signature sur une photo offerte (pauvre consolation), est difficile à encaisser niveau porte-monnaie, et si l’argument de rentrer dans des frais liés à la venue des acteurs est légitime, cela ne fait pas non plus bonne presse pour ces invités, puisque durant l’événement, ils sont sollicités par peu de gens, qui sont en général des fans hardcore du personnage ou de la série/saga dans lesquels les acteurs jouent. Plus encore, un classement de prix par ordre d’importance est quelque peu discriminatoire : non seulement il rend un peu plus inaccessible certains acteurs à des fans des séries/sagas, mais de surcroît minimise un peu plus l’importance d’autres acteurs que les fans jugeaient peut être moins « prioritaires » en terme de dépenses et jugeront encore moins prioritaires. Une solution pourrait être un tarif unique, comme ce fut le cas lors de la dernière Paris Manga (20 euros), un moindre mal… Mais ici, et de surcroît pour une édition anniversaire, ce système donne presque l’impression de rembourser la Paris Manga de ses frais extérieurs, ce qui ne devrait pas être le cas pour des gens venant parfois de loin pour voir ces acteurs et se payer un petit moment de jouissance, et ayant un budget limité.

Il régnait, cependant, une atmosphère très bon enfant qui couvrait de son aura le bruit et la chaleur, on ne saurait dire quoi. Au vu du nombre de stands et du nombre d’invités, associés aux attractions très rassembleuses, il y avait une sensation de forte camaraderie, proportionnelle à la taille du lieu, rendant les choses bien plus accessibles qu’à la gigantesque Japan Expo où il faut jouer de beaucoup de chance pour mener à bien son programme. Le symbole en est le stand du site Geekmemore, toujours fidèle au poste pour des photos aussi mémorables que fun : les facéties du Fossoyeur de Films et Inthepanda avec les fans, prenant des poses toutes aussi improbables les unes que les autres, étaient absolument hilarantes. Il ne faut, de plus, toutefois pas occulter la grande disponibilité de l’équipe de Paris Manga, rushant entre les stands, les invités, suivant un planning très serré et nous ayant généreusement accordé des interviews qui arriveront cette semaine sur le site.

Une Paris Manga réussie donc, malgré les défauts inhérents à ce genre d’événement. On recommande, pour plus de petits moments agréables, en cosplay ou non. Et le mieux, c’est qu’il y en a deux par an !