Le Puértolas nouveau est arrivé ! Re-vive l’Empereur paraît aujourd’hui aux éditions du Dilettante. L’extraordinaire voyage du fakir qui été resté coincé dans une armoire Ikéa, premier roman de l’auteur paru en 2013, avait frappé un grand coup dans le monde de l’édition littéraire par son ton décalé et original. Et le suivant, La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel, nous avait bien plu (la critique ici).

Napoléon (le vrai, le seul, le grand – 1.68 m sans talonnettes !) boit du Coca dans un avion de ligne norvégien qui le ramène en France. Habillé d’une chemise blanche (en attendant mieux), d’un jeans moulant slim-fit et des Converse aux pieds, il découvre en vrac la CGT (la Confédération des Grognards Triste !, pas l’autre), l’internet, le bras à selfie, la lutte antiterroriste et autres joyeusetés du monde moderne.

re-vive-l-empereurCe Re-vive l’Empereur de Romain Puertolas démarre sur les chapeaux de roues, c’est drôle, drôlatique, drôlissime… tout en mettant, mine de rien, le doigt sur la situation réelle de notre société contemporaine, juste après les attentats du 11 janvier contre un certain journal satirique de Paris, le tout vu par un Empereur qui, en son temps, a guillotiné moult caricaturistes et abondamment censuré la presse.

Et maintenant que le voilà revenu, que va faire le grand homme ? De mésaventure en quiproquo et de quiproquo en malentendu, il loge dans un hôtel Formule 1, il rencontre le Président « ahuri mais sympathique », découvre le terrorisme islamique et finalement, il décide de lever une N.G.P.A. (Nouvelle Petite Grande Armée) pour sauver le monde. Car Napoléon a gardé toute son énergie – d’autant qu’il noie son ulcère à l’estomac bénéficie dans le Coca light – et sa vision stratégique. Napoléon a un plan et Re-vive l’Empereur nous entraîne dans un enchaînement à la fois burlesque et tragique. Les scènes désopilantes et les descriptions gaiement iconoclastes alternent avec des scènes plus tragiques (et hélas plus réalistes) installant une tension et un suspense très efficaces.

La succession des chapitres courts imprime un rythme vif à la narration ; le choc entre les époques provoque bien sûr des situations absurdes dans lesquelles Romain Puértolas peut laisser libre cours à son humour ravageur. On rit beaucoup, on s’amuse de voir Napoléon aux prises récurrentes avec le franglais… et à la fin, le monde est refait. Ah oui vraiment « Re-vive l’Empereur » !

(c) R. Puértolas

(c) R. Puértolas

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