Après l’immense succès de L’Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Roman Puértolas récidive avec La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel. Le roman est sorti le 7 janvier aux éditions du Dilettante. Digne de la saga Malaussène de Daniel Pennac, ce livre déjanté nous entraîne dans de multiples aventures incroyables, sans oublier l’émotion.

9782842638122Providence est une jeune factrice au grand cœur, que nous rencontrons dans un moment très particulier de sa vie. Elle doit prendre l’avion, direction le Maroc, pour retrouver la petite Zahera qu’elle souhaite adopter. Mais au dernier moment, le vol au départ d’Orly est annulé à cause de l’éruption d’un volcan islandais. Désespérée, Providence va par tous les moyens tenter d’arriver à destination. Elle refuse de faire trop patienter Zahera, atteinte de mucoviscidose, qui attend sa mère adoptive providentielle dans son hôpital marocain. Cette dernière est une petite fille très spéciale : curieuse de tout, elle emmagasine la culture générale avec passion. Son rêve est de devenir pâtissière-spationaute… C’est à l’hôpital qu’elle a rencontré Providence, victime elle d’un banal accident lors de ses vacances. Depuis, alors qu’elle est bien conscience de la réalité de sa maladie, Zahera ne cesse de nourrir l’espoir d’une vie meilleure. C’est dans cette attente fiévreuse des deux côtés, de la mère et de la fille, que va se construire le roman.

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel a le style très particulier qui a fait connaître son auteur. Cette manière de raconter, faussement anecdotique et pleine de digressions, fait penser à la saga Malaussène de Daniel Pennac. Je n’ai cessé d’y penser lors de la lecture du roman. On y retrouve la même fantaisie qui donne à ressentir l’émotion de façon très différente et efficace. Le roman ne tolère aucune seconde d’inattention, sous peine de se retrouver en quelques lignes complètement ailleurs et ne plus pouvoir suivre. Il faut s’y plonger intensément ; c’est à cette condition seulement qu’il est possible d’apprécier La petite fille dans sa globalité. Avec ses subtilités, ses fantaisies, ses délires, et ses moments de grande émotion. Si les personnages de Romain Puértolas peuvent paraître un peu trop éloignés de la réalité parfois, leurs sentiments, eux, nous paraissent bien vrais.

Amateurs d’histoires bien construites les pieds sur terre, ce roman n’est pas pour vous. La petite fille… est écrit pour les rêveurs. Une fois que le style devenu familier, il suffit juste de se laisser porter : le lecteur n’est pas à l’abri des surprises, et d’un retournement de situation totalement inattendu…