Une petite quinzaine d’années après le film, consacré au dernier jour du camp Firewood, voici que la nouvelle comédie Netflix s’invite dans votre été. Servi par un casting de rêve, dont la notoriété en quinze ans a littéralement explosé, la série a de quoi éveiller la curiosité.

Quelques mois après les adieux à Parks & Rec, alors que les séries comiques se cherchent depuis quelques années et ont de plus en plus de mal à installer de nouveaux rendez-vous fédérateurs, la perspective qu’offrait Wet Hot American Summer, First day of Camp, avait de quoi mettre l’eau à la bouche.

Reprenant les bases d’un film qui a su au fil des années se faire une petite réputation auprès des amateurs, la série réunit de surcroit quelques noms dont la reconnaissance n’est plus à faire auprès des sériesphiles tels Amy Poelher, Paul Rudd, Elizabeth Banks, Christopher Meloni, Ken Marino, Josh Charles, … et d’autres encore dont je vous laisse le plaisir de la découverte. Les attentes étaient donc, à n’en pas douter, importantes.

Netflix

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Le résultat est-il à la hauteur ? En ce qui me concerne, la réponse sera largement positive. Les acteurs s’en donnent visiblement à cœur joie pour notre plus grand  plaisir, certaines scènes sont particulièrement cohérentes et bien pensées en vue de ce que l’on sait du dernier jour du camp et les moyens sont clairement déployés au seul service du ridicule et de l’absurde.

Je modérerais cependant cet avis en soulignant que, sans avoir vu le film et en se basant donc uniquement sur l’affiche, le résultat pourrait en décevoir plus d’un. L’humour développé ici est, en effet, loin d’être fin et le développement des personnages ou de l’intrigue n’est clairement pas le propos.

Au contraire, dans la lignée directe de la farce potache dont elle est tirée, la série enfonce le clou du troisième degré. Le sel ne sera pas à chercher du côté des répliques qui font mouche, d’un jeu d’acteur époustouflant ou de l’originalité mais plutôt dans le plaisir sans prise de tête que l’on peut prendre dans la régression la plus pure.

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Plus que tout, ce que propose Wet Hot American Summer, en effet, c’est de nous replonger dans une époque (l’été 1981) pas si lointaine, et pourtant si différente qu’elle nous parait ne plus pouvoir appartenir qu’à la fiction, à un âge aux enjeux à la fois si futiles et prenant pourtant des proportions démesurées, une époque où tout est plus simple, où  le temps semble filer à une vitesse folle et pourtant condenser tant d’évènements fondateurs en une période ridiculement courte. Ainsi, rien n’est grave mais tout est vital lors de cette première journée de camp de vacances s’étalant sur les huit épisodes que comprend cette première et, en l’attente de l’annonce d’un retour, unique saison. Un complot aux proportions épiques, des poursuites folles dans les bois, la révélation de talents exceptionnels, du sexe torride, l’embrasement d’un amour sur fond de rivalité millénaire, des ruptures déchirantes, la célébration de l’amitié, l’exploration psychologique du passage à l’âge adulte et métaphysique de la réincarnation, … voilà tout ce que vous propose de vivre heure par heure Wet Hot American Summer… ou presque…

Wet Hot American Summer chris meloni

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Si vous acceptez la proposition qui vous est faite et embrassez les joies de la régression, vous prendrez un plaisir non dissimulé à suivre les péripéties absurdes de cette première journée de vacances. Et, comme moi, vous n’aurez qu’un souhait : que cet été ne s’achève jamais.