Deux ans après leur premier succès, le fameux groupe des Barden Bellas reviendra le 22 juillet dans une comédie encore plus déjantée que le premier volet.

Tenez-vous bien aca-bitches, car cette suite envoie du lourd tant dans les chorégraphies professionnelles que dans les vocalises impressionnantes. Bienvenue dans la cour des grands.

Beca Mitchell a mené les Bellas de Barden à la victoire aux championnats nationaux a capella trois ans de suite, et il est temps pour ces jeunes talents de voguer vers de nouveaux horizons. Enfin, pas tout à fait, pas avant de s’être assurées que les Bellas allaient filer de beaux jours. En effet, après un léger incident devant le Président des Etats-Unis, le seul moyen de maintenir la survie des Bellas réside en la victoire… aux Mondiaux a cappella (oui, ça existe visiblement) qui prennent place à Copenhague. Presque toute la troupe se retrouve pour de nouvelles aventures musicales, et quand je dis presque, cela inclut Chloe qui continue toujours ses études après avoir échoué volontairement ses examens. Trois fois. Heureusement qu’Aubrey est passée à autre chose. Elles devront faire face avec l’aide d’une fraîche recrue à des adversaires de tailles, au sens figuré comme au sens littéral, des Allemands répondant au nom de Das Sound Machine dont la synchronisation laisse bouche bée.

©Universal

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Si les chansons fleurissent dans cette suite avec des chorégraphies qui en mettent plein la vue et feu à la scène, les encarts au fil rouge se multiplient également. Beca devient un personnage de second plan pour mieux laisser briller Fat Patricia Amy. Effectivement, Rebel Wilson a gagné en notoriété après Bridesmaids et Pitch Perfect (même si ça n’a pas empêché l’annulation de sa série Super Fun Night) et possède un humour tordant et totalement décalé, mais elle vole un peu la vedette à Anna Kendrick qui s’éloigne un peu de son personnage. Alors que Beca se démarquait par son sens de la répartie, on retrouve une version faiblarde qui cherche à trouver sa voie post-études, mais qui perd du coup son cynisme habituel en essayant de s’auto-persuader de rester cool. Ces répliques étranges ne renforcent pas son caractère bizarre, au contraire, elles enlèvent de son groove. Soit dit en passant, à un moment le chant a cappella se fait dénigrer et j’ai trouvé inconcevable qu’elle ne proteste pas et ne défende pas sa discipline, bref, passons.
N’oublions pas de mentionner les romances à la noix dont on se serait bien passées pour mieux se concentrer sur la compétition et la chanson, ni les sous-exploitations évidentes des personnages de Brittany Snow et celui d’Alexis Knapp qui auraient été absentes du film qu’on ne l’aurait pas remarqué. On ne voit pas trop Skylar Astin non plus, mais cela semble déjà plus logique.

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Elizabeth Banks se positionne derrière et devant la caméra cette fois-ci. Pour sa première réalisation, quoi de mieux qu’un projet qui lui tient à cœur et qu’elle produit ? Et qui de mieux qu’une femme pour diriger ce groupe de chanteuses à forte personnalité pour donner à Pitch Perfect 2 une dimension féministe assumée ? Le rythme ne faiblit pas dans cette comédie qui n’hésite pas à soulever des sujets délicats sur le ton de l’humour du racisme à la misogynie, en passant par la clandestinité.
Etant une grande adepte du premier, je dois reconnaître que ce 2 ne l’égale pas à mes yeux. Il manque un peu de cette cohésion de groupe maintenant que certaines têtes s’en sont détachées grâce à leurs noms. Certes, l’un des buts du film est de retrouver leur harmonie, mais j’ai plus eu l’impression de suivre « la vie de Beca », « les amours de Fat Amy », « les incertitudes d’Emily » que « les péripéties des Bellas », ce qui me déçoit un peu… Après, le fait que ce soit une suite justement a permis de faire plein de clins d’œil au phénomène comme la reprise de Cups par exemple, ou même les cameos des vrais groupes d’a cappella comme Pentatonix. Mais ils abusent vraiment sur les punchlines et les gimmicks faciles, hop un murmure et un coup de peigne de Lily par-ci, hop un sous-entendu sexuel de Stacie par-là… Facile. Bon, je critique, mais c’est aussi très facile d’adorer ce film bourré d’énergie positive qui aurait pu durer 2h30 et non pas 2h que j’aurais signé de suite.

(P.S. : Quel illogisme quand même, avoir intituler le premier The Hit Girls et avoir gardé Pitch Perfect 2 pour la suite… Il faut déjà faire la connexion. Et le 3, car oui, un troisième acte est déjà prévu, aura encore un autre titre ? Mis à part ça, si vous voulez encore voir Kendrick chanter, il y a bien sûr Into The Woods, mais aussi le futur The Last Five Years. Ou en lip sync sur du One Direction.)