Tomorrowland, rebaptisé en français A La Poursuite de Demain, débarque dans nos salles sans tambours ni trompettes. Personne ne semble l’attendre, personne ne semble savoir ce qui se cache derrière ce film original.

Difficile de juger un film de cette trempe. Il est original dans le sens où il n’est pas issu d’un bouquin, d’une franchise reconnue et pourtant derrière Tomorrowland se cache l’adaptation plus ou moins fidèle d’une partie du parc Disneyland à savoir… Tomorrowland où se trouve Space Mountain. Comme l’était Haunted Mansion, Pirates des Caraïbes ou le téléfilm Tower of Terror, Tomorrowland vient du parc Disney. Dans ce film réalisé par Brad Bird (Les Indestructibles, Mission Impossible 4), l’univers retro futuriste est utilisé d’une manière qu’il sera difficile d’approuver. La bande-annonce, les affiches, la note d’intention, tout tourne autour de Tomorrowland qui, au final, se retrouve être une utopie dans le scénario. La pirouette de Bird sera d’en montrer toute la puissance dans les 15 premières minutes et lors du voyage assez court du personnage joué par Britt Robertson, Casey. Tout le reste du film ne reposera que sur le postulat de cet univers rêvé qui a disparu. Dès lors, pendant 1h30, les personnages iront d’endroits en endroits pour parvenir à ce lieu. Un sentiment assez cruel survint chez le spectateur quand il comprend que le film le trompe. A la Poursuite de Demain trompe sur la marchandise promo. n’attendez pas un film de science-fiction immersif, vous serez déçus. Il s’agit d’un film d’aventure très rythmé porté par une morale nécessaire. Ensemble, nous pouvons changer le monde. Cette jolie mission parcourt le film sans trop en faire malgré une fin peut-être un peu trop idéaliste pour que le message ne soit pas pris à la légère. Espérons que la jeune génération soit touchée par ce film et, qui sait, changera sa vision du monde. A travers le discours du personnage de Hugh Laurie, on se dit que rien ne transparaissait vraiment dans le film à ce niveau de sous-texte. On pensait à un enfant prophète, à un personnage clé sauveur du monde et globalement, la mission du film est un semi-échec. Il se veut ambitieux, en montrant par exemple des images pessimistes, en pronant un message d’urgence, mais ne voulant pas du tout raconter ça, Tomorrowland part sur autre chose, et en fait quasiment trop pour faire illusion.

poursuite de demain

©Disney

Il n’y a qu’à voir les premières 15 minutes qui nous en mettent plein la vue avec une écriture rappelant les années 80 où tout va vite sans volonté de créer du sens, de la cohérence. Cet aspect très 80s fait du bien au film dans sa majeure partie, hors ce prologue de 15 minutes. A La Poursuite de Demain fait du bien car il apporte une fraîcheur attendue depuis des années. Cet esprit Amblin donn à ce film Disney une couleur et une atmosphère plutôt plaisante. Le hic est qu’il ne reste pas dans les mémoires. Sympathique, frais, il reste très superflu par son apport d’idées qui ne crée plus aucun sens. Malgré la maîtrise immense de la mise en scène de Bird, le film reste un honnête divertissement et rate sa tentative d’être une grande fresque aventureuse de SF porteuse d’une dimension humaniste forte. Il faut attendre une bonne demi-heure avant de se sentir impliqué dans la quête deCasey après un passage dans un magasinvintage qui fait passer le récit à la vitesse supérieure. Un aspect de la relation entre deux personnages pourra faire tiquer les américains. Une histoire d’amour pas commune, finement traitée, qui fera parler d’elle dans les semaines à venir. D’ailleurs, Clooney, Robertson et Cassidy forment un trio charmant et porte vraiment tout le film à défaut d’un laurie assez sous-utilisé. En parlant acteur, Raffey Cassidy est assez formidable dans le rôle bien badass d’Athéna.

Les idées esthétiques donnent un aspect trop superficiel au film et font perdre beaucoup de points. Coincé entre un désir de revenir à un cinéma moins boursouflé, on arrive à un cinéma moins lourd mais terriblement accessoire. A La Poursuite de Demain est à voir pour se changer des films de superhéros et des suites en pagaille. Visuellement, le film déboite et vous fera peut-être prendre conscience de quelque chose, on l’espère. Le monde (du cinéma) en a besoin.