Grey’s Anatomy, sous-titré A cœur ouvert en français, fête ses 10 ans ce 27 mars. La première série de Shonda Rhimes a lancé son empire d’aujourd’hui.

Dix ans de drame avec Meredith Grey et le docteur Mamour, entre leurs hauts et leurs bas, dix ans de larmes devant des morts plus tragiques les unes que les autres quand ce n’est pas 10 d’un coup, dix ans de départs au compte-goutte pour ne garder que deux des internes du début… Dire que durant la saison 1, on avait droit à un petit générique ! Bien loin cette époque !

©ABC

©ABC

10 morts marquantes : (spoilers évidents)

George O’Malley : Impossible de passer à côté de la mort d’O’Malley. Jusqu’à la fin, on y croyait, malgré les rumeurs de départ de T.R. Knight (et parallèlement, le souhait de Katherine Heigl d’arrêter la série rendait la situation confuse). La fin de George est douce, pleine de noblesse en sauvant une autre vie comme a pu l’être toute sa vie, le gentil O’Malley. Mais elle marque un coup dur pour tout le casting puisque c’est l’un des premiers départs de la bande originale (après Burke, certes).
Lexie Grey : Des larmes. Un secret bien gardé en plus pour la fin de la saison 8. Lexie qui a su ravir le cœur des fans au cours des saisons alors qu’au début son arrivée tombait comme un cheveu dans la soupe. De la petite mademoiselle je-sais-tout (merci la mémoire photographique) à la plus prometteuse des internes, la demi-sœur de Meredith aurait mérité d’être la Grey de Grey’s Anatomy. Chyler Leigh est revenue éphémèrement à la télévision avec Taxi Brooklyn, rapidement annulée.
Denny Duquette : On peut dire que c’est un fan favorite. Sa fin est aussi magistrale que tragique. Non seulement le personnage était charmant, mais en plus il avait une manière propre de s’imposer en tant que guest récurrent par rapport aux autres personnages. En tout cas, Jeffrey Dean Morgan a de beaux jours devant lui.
Mark Sloan : Comme si Lexie ne suffisait pas, ils ont fini de nous achever avec la mort de Mark. Excellente stratégie de la part de Rhimes qui a attendu le season premiere pour dire adieu à Mark (et excellente surprise de l’avoir revu dans l’épisode de l’univers alternatif). L’usine à pleurs a refait des siennes, mais au moins il aura connu la paix en mourant en même temps que son grand amour. La saison 2 de The Last Ship commence en été.
Henry Burton : Le Seattle Grace Mortuary a encore frappé, puisque le happy end ne semble pas leur être destiné. Teddy qui tombait peu à peu amoureuse de Henry a entraperçu une fin heureuse, mais hélas, ce n’était qu’une illusion… Bon, Scott Foley n’a pas quitté le Shondaland pour autant puisqu’il a décroché l’un des rôles principaux de Scandal par la suite.
Reed  Adamson : L’une des victimes d’une tragédie de masse. Je me demande parfois quelles différences il y aurait si c’était April qui était morte, et pas elle ? Aussitôt arrivée, aussitôt repartie, elle…
Charles Percy : Très honnêtement, sa personnalité en faisait quelqu’un d’assez banal, d’un physique banal et d’un talent banal. Mais l’horrible manière dont il est mort n’est pas du tout banale… Sans doute la plus violente, avec celle de Reed.
Heather Brooks : Ah, les attraits des autres chaînes même pour une série qui n’est pas sûre de fonctionner… Mais elle doit être l’une des rares à avoir tiré le gros lot puisque Legends a été renouvelée. Au moins, elle a été promue d’un personnage tertiaire au groupe secondaire principal. Quand même, sa bonne humeur dans Grey’s était appréciable.
Adele Webber : Quelle ironie… Que l’amante du Chief ait été atteinte d’Alzeihmer et que sa femme le soit aussi. Adele n’était pas Ellis Grey, mais l’émotion en elle n’était nullement surjoué.

©ABC

©ABC

10 guests inoubliables : (qui sont morts pour la plupart…)

Abigail Breslin : Il y a des gamins qui sont vraiment bons acteurs. Breslin fait indéniablement partie de ceux-là. Sa maladie était extrêmement rare et compliquée, l’insensibilité congénitale à la douleur et elle a interprété avec brio les difficultés que ça pouvait représenter pour une gamine.
Hilarie Burton :
Difficile de se faire apprécier quand on se met sur le chemin de Calzona, et pourtant. J’aurais bien voulu que son personnage reste plus longtemps tellement elle était facile à apprécier.
Kyle Chandler : Dans le même épisode que Christina Ricci, Kyle Chandler dirigeait l’équipe de déminage. Bonjour la malchance du personnage… Alors qu’on pensait qu’il était sorti d’affaire, boum. En tout cas, la sagesse du coach en aura rassuré plus d’un, et surtout Meredith. Pas étonnant qu’elle le revoit même dans la mort…
Summer Glau : La fangirl en moi parle, mais quand ils ont annoncé Glau comme guest, j’étais tout simplement ravie, et après avoir vu ses apparitions (2 minutes à tout casser en 2 épisodes), j’ai vite déchanté. Pourquoi utiliser quelqu’un d’un peu connu pour un rôle aussi inutile ?
Seth Green : Green est un geek, qu’on se le dise. Et surtout, il flirtait très gentiment avec Lexie, et ça faisait plaisir à voir même s’il fait partie de la foule de patients qui restent sur le carreau.
Sharon Lawrence : La mère farfelue d’Izzie est apparue à un moment assez étouffant dans la série. Sa présence donnait une nouvelle profondeur au personnage d’Izzie qui tournait un peu en rond. Mais c’était surtout une bouffée d’air frais dans l’atmosphère lourde de ces épisodes.
Mandy Moore : Dans le rôle d’une patiente dénommée Mary Portman, qui est restée coincée avec Bailey durant toute la fusillade à l’hôpital, son personnage a réussi à briller par son authenticité. C’est juste une jeune femme qui a peur de mourir et de ne pas revoir son mari. Puis le jour de son suivi d’opération, six mois après la fusillade, la malchance lui tombe dessus sous la forme la plus cruelle qu’il soit, elle ne se réveille pas de son opération et reste dans le coma… La simplicité et la fatalité de sa mort rendent l’ensemble encore plus triste.
Sarah Paulson : Pendant un épisode, elle a joué le rôle d’Ellis Grey lorsqu’elle était résidente et elle concentrait bien l’ambition et le génie de l’une des rares médecins femmes de l’époque. C’est dommage qu’elle n’ait pas repris son rôle pour la deuxième apparition d’Ellis jeune.
Christina Ricci : J’ignore si c’était son personnage ou l’histoire incongrue autour, mais en tout cas, l’épisode avec la bombe était diantrement intéressant et Ricci a livré une performance très poignante.
Rachael Taylor : Inoubliable par sa nullité, je crois. Le paroxysme de son incompétence est quand elle le reconnait elle-même dans le 718 en disant qu’elle est totalement dépassée par les événements et qu’Addison revient le temps de l’épisode (prétexte à la noix, soit). Dieu merci pour son départ…

©ABC

©ABC

10 épisodes à revoir :

A Hard Day’s Night 101 : Après 10 ans de diffusion, il a bien fallu commencer quelque part. Et c’était là, quand à son premier jour d’internat, Meredith Grey fille de la célèbre chirurgienne Ellis Grey, se rend compte que son coup d’un soir de la veille n’est autre que la superstar de son hôpital. On fait la connaissance des visages émerveillés de ces internes qui cherchent la réussite professionnelle, mais aussi l’amour. Pleins de cynisme, d’espoir, de doutes. Surveillés par « la Nazi » Bailey, motivés par des médecins plus compétents les uns que les autres, la compétition est rude mais des amitiés se tissent. Et qui survivront des années… Ils ont bien changé depuis (sauf Cristina, merci les gènes asiatiques). Derek était lisse, mais parfait dans son rôle de gendre idéal. Cristina avait de la répartie, George une gentillesse inégalable. Izzie avait plus de profondeur que dans ses derniers moments… Meredith était plus niaise quand même.

Losing My Religion 227 : Petite mention pour dire que la saison avait quand même 27 épisodes, pfiou. A la suite d’une greffe pourtant réussie, Denny meurt. C’est aussi là que Callie se confesse à George, et avec du recul, leur couple manquait d’alchimie romantique…
Now or Never 524 : Effectivement, ce sont les épisodes où la fin est tragique qui ont le plus d’impact dans nos mémoires. Et la disparition de George n’échappe pas à la règle. On ne fait le rapprochement de l’identité véritable de l’inconnu que lorsque la question de « où est George ? » se répète de plus en plus…
The Time Warp 615 : Cet épisode quand plusieurs de nos médecins favoris racontent une anecdote du passé et qu’on se retrouve propulsés dans leurs souvenirs. Avec une Bailey toute jeunette et peu assurée, un bond de quelques décennies avec Webber et Grey, une Callie bourrée d’optimisme.
Death and All His Friends 624 : Voilà, les larmes habituelles de fin de saison, le pire, c’est que ce n’est pas de la compassion pour les victimes qui déclenche les pleurs dans cet épisode-là, mais plutôt l’empathie pour le coupable. Comment jouer avec les nerfs…
Song Beneath The Song 718 : Parce que ça chante (bon, ça ne danse pas), parce que ce sont les acteurs qui chantent et Sara Ramirez a plutôt une belle voix, parce que ça reprend des chansons des moments marquants de la série, parce que c’est beau.
If/Then 813 : Très friande des univers alternatifs en général, les postulats de Grey’s dans le sien sont des plus drôles. Ellis et Richard qui sont ensemble avec Meredith, punk et droguée Lexie, Karev qui entretient une liaison avec Kepner. Heureusement qu’à la fin, tout rentre dans l’ordre.
Flight 824 : Le fameux crash d’avion où il s’ensuit la mort de Lexie et l’amputation d’Arizona… Sûrement l’un des cliffhangers les plus prenants et dignes de Rhimes. La saison 8 représente certainement l’une de mes saisons préférées,
Remember the Time 902 : La saison 9 a marqué le déclin de la série pendant deux saisons avant de reprendre de plus belle pour l’actuelle. En 42 minutes, on en a appris plus sur le passé des personnages que pendant plusieurs saisons réunies, et ça fait plaisir.
Y en a toujours un prochain prêt à se distinguer des autres.

(P.S. : Ayons une pensée émue pour Private Practice qui a eu aussi son heure de gloire même si elle n’a pas eu la même durée de vie que sa grande sœur…)