Bienvenue au XXIe siècle, adieu Annie à la Fifi Brindacier, et welcome to New York.

La petite orpheline Annie est à l’origine un comic strip de l’Américaine Harold Gray sorti dans les années 20. Eh oui, ça remonte. Entre temps, l’œuvre a été adaptée dans les années 30 en film deux fois, puis en comédie musicale en 1977, et ensuite deux téléfilms qu’on a tendance à oublier, et enfin cette nouvelle adaptation cinématographique plus moderne.

C’est la petite Quvenzahné Wallis au nom imprononçable qui campe le rôle titre de ce film semi-musical. Son vrai rôle important après sa nomination aux Oscars pour Les bêtes du Sud sauvage… Il y a une véritable joie de vivre chez cette gamine, elle fait partie de ces gens qui paraissent naturellement gentils, et ça donne le sourire. Donc quand Sia chante un remake de You’re Not Fully Dressed Without a Smile, on a bien envie d’obéir et de voir notre journée s’illuminer (heureusement que ses chansons à elle sont là d’ailleurs) ! Will Gluck, le réalisateur d’Easy A n’a pas réussi à échapper à la platitude… Mais des bons sentiments ne font pas un bon film, et malgré la bonne volonté des acteurs, le film est vraiment vide. C’est convenu et trop bon enfant, avec des personnages surjoués dans l’idiotie.
Même l’aspect musical ne sauve pas les meubles. Pourtant, ça aurait pu être l’originalité salvatrice, mais les chansons sont simplement de banales remakes R’nB voire pop, surtout quand on sait qu’il y a Jay-Z à la production. Les chorégraphies sont bien fluides et les personnages secondaires (ou backup singers) font bien les chœurs. Seulement les acteurs ne sont pas de très bons chanteurs pour la plupart… Je pense à Cameron Diaz et à Wallis en fait. Jamie Foxx est assez professionnel là-dessus (coincé dans les limites de son personnage, il réussit à tirer son épingle du jeu), et même si Rose Byrne chantait mieux dans Get Him To The Greek, elle s’en sort avec les honneurs ici. Ma déception est d’autant plus grande que la scène à la Ferris Bueller n’a pas décroché une seule larme de ma part

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©ColumbiaPictures

Puis le petit flop du film est en partie blâmable pour la fuite qu’il y a eu chez Sony il y a quelques mois (en plus de sa médiocrité), Annie faisant partie du lot qui s’est retrouvé sur le net. Ensuite, la date de sortie a été repoussée car à la base aux Etats-Unis elle était prévue en même temps qu’Into The Woods, mais ils ont pris peur face à l’adversité, à raison. Et comme souvent lorsqu’un film est repoussé, et encore repoussé… eh bien l’attente s’essouffle. Alors oui, c’est sympathique de voir des références aux anciennes adaptations, c’est chouette de voir un happy-ending, mais ça manque de consistance tout ça. Whouhou, y a des riches et des pauvres dans le monde et la vie est dure quand on est pauvre. Mais les miracles existent, whooo.

(P.S. : Je suis désappointée. J’avais un peu d’attente pour ce film…)