Kevin Williamson est devenu un monsieur télé très occupé. Après Vampire Diaries, The Following, il propose Stalker, une variation d’Esprits Criminels ou des Experts mais version stalking, ces harceleurs maniaques.

On retrouve Dylan McDermott (American Horror Story) et Maggie Q (Nikita) en duo de flicailles combattant les harceleurs du dimanche et même d’autres jours.

Environ six millions de personnes sont victimes de harcèlements chaque année aux Etats-Unis. Rejet, vengeance, jalousie excessive, trouble obsessionnel en sont les causes principales. Tout le monde peut en être victime, tout le monde peut potentiellement devenir un stalker un jour. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux multiplient les dangers, les tentations et les moyens de parvenir à ses fins. Une unité spéciale de la police de Los Angeles est chargée d’enquêter sur toutes les plaintes de harcèlements à l’encontre de politiciens ou d’employés de la ville et de l’état de Californie. Elle sert aussi de consultante au FBI, à la CIA et aux services secrets. Beth Davis, autrefois victime elle-même, est à la tête de ce département…
Le Pitch

Par Tom Witwicky

Le prégénérique est plutôt efficace avec un homme masqué qui liquide une jeune femme en la brûlant dans sa voiture. Une certain violence graphique bienvenue met tout le monde d’accord. Ensuite, le bas blesse, on se retrouve dans un formula show déjà grossier. Le héros est présenté avec sa faille : il est un stalker également. On pouvait penser que le gentil allait cacher un côté monstre mais il n’en est rien. Ce tour de passe-passe que le public avait déjà capté ne marche pas. Le personnage stalke pour la bonne raison…. lui.

L’enquête est assez intrigante car elle suit un schéma du whodunit plutôt agréable mais le manque de rebondissement et d’originaltié dans le traitement plombe assez vite le pilote. On reste dans un formula show très basique où la coquille du genre se transpose et se focalise sur une seule cible : le stalking. Tout le monde peut stalker et tout le monde peut être stalké et on nous remettra une couche sur les réseaux sociaux et que le danger est partout. Bref, la rengaine. En gros, tout le monde est idiot et les flics, eux, savent tout.

Il est dommage que l’humour ne refasse pas surface du côté du personnage de McDermott après quelques tentatives lors de sa première confrontation avec sa collègue. D’ailleurs Maggie Q a un background moins travaillé que celui de McDermott avec que celui-ci montre déjà des qualités d’observation et de discernement extraordinaires.
Stalker devient vite trop sérieux et finalement trop mécanique. Un fil rouge – sur un stalker évidemment – se met en place et apporte un pathos, une épaisseur peu encourageants. Si on ajoute à ça que le pilote se termine par une reprise de Creep de Radiohead et sur une caractérisation de personnage maladroite, on peut conclure que Stalker ne fera pas dans la subtilité mais sera d’une efficacité redoutable pour ceux qui aime se faire quelques frayeurs et les formula shows. Une nouveauté estampillée CBS sans grande originalité mais qui va de pair avec Esprits Criminels programmée juste avant.

stalker

©CBS

Par PFLoyd

Stalker est le nouveau projet de Kevin Williamson, l’homme derrière Vampire Dairies ou encore The Following. Sa nouveauté était quand même attendue, et ce, malgré un pitch de départ tout sauf attrayant. Et au final, ça se révèle pire que prévu.

Pourtant, on pouvait quand même espérer quelque chose de solide, à défaut de voir une révolution dans l’univers du procedural. CBS a l’habitude de livrer des séries divertissantes, comme CSI ou The Mentalist. Mais là, Williamson, déjà pas très inspiré sur The Following, loupe complètement cet objectif. Stalker est tout sauf divertissant, il est lourd dans sa réalisation, son jeu d’acteur ou encore sa narration.

Le pilote commence de façon banale – un meurtre plutôt mal réalisé – et enchaîne avec une présentation de l’objet de la série. Stalker s’attache à prévenir des crimes à la suite d’harcèlements, en tout cas à essayer. Beth Davis (Maggie Q) nous lâche des statistiques, parle de Snapchat et évoque des affaires d’harcèlements sur des célébrités, ce qui fait penser au début de Lie to Me. Elle fait ensuite passer une sorte d’entretien d’embauche avec Jack Larsen (Dylan McDermott), qui ne s’est pas remis de sa séparation avec sa femme. Et malgré une relation compliquée, nos deux policiers vont s’occuper de ce meurtre que l’on voit au début.

L’occasion de voir Dylan McDermott lâcher des vérités comme si il était devenu Sherlock Holmes, nos deux policiers interroger des suspects – il y en a 3, et on voit tout de suite qui a fait le coup – et voir les problèmes qui les concernent dans leurs vies. Avec une résolution en 40 minutes bien sûr. Stalker ne brille pas par son originalité, on le voit tout de suite. La série me fait beaucoup penser à Esprits Criminels, avec ces analyses apprises par cœur, mais plus globalement, Stalker n’a rien d’original par rapport aux autres séries du genre. L’écriture est fainéante, les relations entre les personnages sentent le déjà vu… Il n’y a pas grand-chose à sauver de ce côté-là.

Au niveau de la technique, la série donne aussi l’impression de n’avoir aucune inspiration, adoptant la même réalisation que ses concurrents, et se loupant sur les tentatives de jumpscares. Le peu d’action que l’on voit est filmé mollement, sans passion. Mais le pire se situe au niveau du casting : si Maggie Q essaie de faire ce qu’elle peut, Dylan McDermott est lui d’une mollesse à toute épreuve. Et les autres acteurs ne marquent absolument pas la rétine sur le peu de scènes dont ils disposent.

Donc au final, on a un pilote insipide, avec une intrigue ennuyeuse et des personnages plats et mal écrits. La suite se fera sans moi.