On confie un peu trop souvent How to get away with murder à Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy et Scandal) alors qu’elle n’en est que la productrice. C’est l’un des producteurs et scénaristes de s deux séries qui est le créateur de la série : Peter Nowalk.

Annalise Keating possède toutes les qualités requises chez un professeur de droit pénal. Avocate de la défense, elle représente les criminels, des plus violents jusqu’à ceux suspectés de simple fraude. Son objectif est de faire presque tout ce qui lui est possible pour gagner leur liberté. De plus, chaque année, Annalise sélectionne un groupe d’élèves, qui se révèlent être les plus intelligents et les plus prometteurs, à venir travailler dans son cabinet. 
Le Pitch

C’est avant tout le pitch et les images me faisant penser à des films comme Mrs Tingle, Cursus Fatal ou Faculty qui m’ont attiré. Un esprit fin 90 / début 2000 que Las Vegas 21 avait bien retranscrit aussi. Un groupe d’étudiants et un professeur dans des situations délicates est un postulat de départ attirant. Le pilote satisfait toutes les attentes en dix minutes avec une présentation rapide de la situation, une perte de temps minime et un rythme affolant. Malgré le côté judiciaire, on nage en eau limpide. On comprend les enjeux et les objectifs alors que la narration s’éclate entre flashback et temps présent.

how to get away with murder

©ABC

On se sent, je le répète, dans un long métrage avec une histoire à rebondissement qui prendra fin après 1h30 et c’est ce sentiment qui va peut-être faire croire que ce pilote dure longtemps. Il est vrai, au bout d’un moment, le concept prend le pas sur le reste et on perd le fil. L’impression d ‘avoir un show qui nous dit « attendez deux minutes, on règle nos noeuds d’intrigue et on revient vers vous » est assez forte. Les personnages semblent savoir des choses que le spectateur renonce à savoir. Cette douce sensation d’avoir en face une série trop maîtrisée apparaît et on se sent plus intelligent. C’est mal connaître les séries de network qui font illusion facilement. Le résultat est là, le pilote est très efficace et emmène le spectateur où il veut.

Le cast est très inégal. Si on prend plaisir à revoir le petit Bennett d’Orange Is The New Black ou encore Alfred Enoch, Dean Thomas dans Harry Potter ! Enoch qui fait un pale personnage principal, étudiant bleu, chiot perdu qui s’en tirera comme les autres personnages mis en avant dans le pilote. Le lead féminin est assez statique, bourrue, il faudra du temps pour trouver au moins un personnage attachant.

Aucune vraie surprise dans le traitement des personnages, les surprises viendront des rebondissements volés au soap comme dans Scandal. C’est là que les personnages existeront pour le moment. Ce n’est pas l’affaire fil rouge qui donnera assez d’épaisseur au tout. Il faut voir sur la longueur si ce pilote n’a pas proposé un schéma audacieux qui s’effacera au profit d’une série plus conventionnelle.