Se refaire une série basée sur les révélations et la surprise est-il une bonne idée ?

Je n’aurai jamais répondu oui si je n’avais pas recommencé LOST. Loin d’être ma série préférée à cause de défauts assez gênants, c’est avec un œil nouveau mais néanmoins averti que la saison 1 a défilé sous mes yeux. On peut le dire le final de la série est bien cohérent avec cette saison 1.

@ABC Studios

 

Bien menée, bien interprétée et bien fichue, cette saison 1 démarre sur les chapeaux de roues avec un pilote très efficace où le spectateur est de suite mis dans l’ambiance. Le crash a lieu et pas moins de 40 survivants sont échoués sur cette île au milieu de nulle part.

Dés le départ, Jack (joué par Matthew Fox) est au centre des attentions, il devient rapidement le leader des opérations et organise ce petit monde. Comme dans beaucoup de séries,  le leader aura beaucoup de détracteurs et si le personnage n’est pas l’un des plus intéressants, il reste quand même un pivot et un personnage attachant.

La dizaine de personnages est bien différente les uns des autres, nous avons plus ou moins mélangés : le père et son fils, le frère et la sœur, le vieux, le rockeur, le vilain, le leader, la jolie fille, les asiatiques, les amoureux secrets, le couple, les noirs-africains, le drogué, le criminel, la fugitive, le gros. Une belle galerie de personnages qui, et c’est un bon point, permet au spectateur de faire son choix et de vibrer en même temps que son personnage fétiche car la grande force ou plutôt la force la plus imposante et le background des personnages qui se construit petit à petit en utilisant non seulement les rivalités entre eux, les archétypes mais également les flashbacks sur leur vie avant le crash.

 

@ABC Studio

Jack, Kate et Sawyer et Sayid sont la plaque tournante des épisodes avec un Locke souvent en background pour distiller un peu d’atmosphère pesante. Charlie et Hurley sont les personnages les plus attachants durant cette première saison et on se demande si des personnages effacés comme Boone, Shannon, Jin, Sun ou Claire peuvent coexister encore longtemps. On le sait les femmes enceintes sont irritantes dans les séries et encore pire quand elles ont l’enfant et on devine quand la saison se termine qu’on va souffrir quelques temps. D’ailleurs, un personnage évolue déjà dans un sens un peu tordu à savoir Locke. Mystérieux et charismatique en début de saison, il se transforme petit à petit en personnage philosophant plus que de raison depuis sa rencontre avec le « monstre ». Pour moi, l’un des plus beaux gâchis de la série mais on y reviendra.

Côté acteurs, on retrouve des têtes connues comme Matthew Fox (La Vie à Cinq), Emilie DeRavin (Claire, Roswell), Harold Perrineau Jr. (Michaël, Oz), Dominic Monaghan (Charlie, Le Seigneur des Anneaux) et Terry O’Quinn (Locke, MillenniuM) et on découvre la jolie Evangeline Lily (Kate), le charmeur Josh Holloway (Sawyer) ou encore l’imposant Jorge Garcia (Hurley).

Name another network drama that can so wondrously turn a ? into a ! -EW-

Souvent long, inintéressant, parfois intrigants et quelques fois casseurs de rythme, les flashbacks sont une marque de fabrique qui fait débat. Si tout ce qui entoure l’île et ses occupants est la plaque tournante de l’intrigue, les flashbacks viennent ponctuer et accentuer certains aspects développés dans l’épisode. Le problème est qu’ils viennent briser l’ambiance générale de l’épisode. Il arrive que, dans le bain de l’intrigue, le spectateur est obligé de retenir son attention quelques instants pour suivre une histoire au préalable utile pour le personnage mais à de rares cas aussi captivantes que l’histoire principale.
Le spectateur jongle ainsi entre deux univers et certains épisodes perdent en intensité.
Durant cette saison, certains flashbacks étaient minimes, courts, ponctuant à merveille le développement de l’épisode, mais plus on avancera dans la saison et plus ils seront imposants, gênants et longs. Je ne connais pas le processus d’écriture de la série (d’où ma curiosité pour obtenir les DVDs) mais c’est sûrement un souci d’ordre générale de la série que de proposer deux intrigues parallèles et de rentrer tout ça dans 40 minutes.

La force de la série : l'antagoniste des personnages ^^ ©ABCStudios

La force de la série : l’antagoniste des personnages ^^
©ABCStudios

Venons-en à l’écriture. On a souvent reproché à beaucoup de séries à mythologie de ne pas savoir où elle allait. On le verra plus tard, LOST a connu des mésaventures qui l’ont plutôt rendu service à certaines occasions. Mais cette première saison connait un creux assez visible dans le troisième quart avec des épisodes moins prenants aux intrigues accessoires (qui a volé l’eau, la chasse au sanglier).

Le spectateur restera en terrain conquis avec un trio amoureux classique mais jamais pesant ou lourd, des personnages qui s’entrecroisent et où les alchimies commencent à se créer. On passera outre les 30 autres rescapés qui sont souvent aux abonnés absents (mais qui donnera droit à un épisode savoureux en saison 3)

Comme quoi ça aide un masque. @ABC Studios

Cette première saison est satisfaisante. Sans trop dévoiler ses idées, la saison pose de très bonnes bases. Les personnages mis en avant sont suffisamment bien construits pour qu’on ne s’ennuie pas malgré les flashbacks qui embêtent quelques fois. Le principe de flashbacks est gardé en saison 2, c’est peut-être ce qui a rebuté certains spectateurs. Toujours est-il que les 25 épisodes racontent une histoire prenante malgré un petit creux somme toute normal.

Guys, where are we ? -Charlie, Pilot-

Lindelof et Cuse ont distillé bon nombre de mystères dans cette saison 1 qui ont de suite accrochés les téléspectateurs. Le pilote présente un monstre invisible et un ours polaire, quoi de mieux pour commencer ? Avec cette île mystérieuse, ces personnages instables et cette écriture prenante, LOST devenait un phénomène télé. Une fanbase énorme se constituait rapidement et beaucoup s’accorde à dire que l’on n’a jamais connu série aussi prenante et discutée depuis X-Files ! La série prend un tournant quand Sayid découvre ce fameux câble dans le sable. Dès lors, LOST raconte enfin plus qu’une simple histoire de rescapés. Si le spectateur avait déjà capté que si Locke remarchait et si un ersatz de monstre habite sur l’île où des ours polaires circulent, l’île n’était pas une simple île, il n’était pas au bout de ses surprises.

Pourquoi Locke remarche ? A qui appartiennent ses cris de monstre dans la forêt ? Qui murmurent ainsi entre les arbres ? Y’a t-il quelqu’un d’autre sur l’île ? Pourquoi Hurley ne peut-il pas maigrir ?

@ABC Studios

Les théories sur l’île foisonnaient à travers les forums spécialisés. L’île est-elle un purgatoire ? Sont-ils dans un rêve collectif ? Un monde parallèle ? Il faudra 5 autres saisons pour le découvrir.

25 épisodes qui ont installés les tenants de 5 saisons suivantes avec une certaine finesse. Tout est encore à raconter. D’où vient le Black Rock ? Qui sont ces faux prêtres ? Quelle est cette fumée noire qui semble agir d’elle-même ? Pourquoi vole-t-on les enfants ? Qui sont les Autres ?  Et bien entendu que cache cette trappe ?

 

Les épisodes clés

1×01-02 – Le Pilote : 1h20 qui permet d’installer et personnages et intrigues. Sans dévoiler beaucoup de choses, en posant ça et là des bribes de mythologie, le pilote inscrit la série dans un genre nouveau. Série character-driven ou simplement fable fantastique, LOST pose des questions dès le premier épisode et n’y répondra que bien plus tard.

Série qui exige une attention particulière du spectateur, LOST possède un pilote plus qu’efficace qui avait captivé 18 millions de personnes et réussit à tous les garder.

1×04 – Walkabout : Locke est le personnage le plus riche, profond et intrigant de la série et s’il est encore intéressant en saison 1 c’est parce que son background intéresse et questionne rapidement le spectateur. Un épisode qui remplit son rôle de déclencheur et quid démontre que la série en a sous le capot. Les flashbacks et l’intrigue principale se nourrissent l’un l’autre, un des meilleurs épisodes.

1×18 – Numbers : Hurley est l’élément comique de la série et ce n’est pas rien si ses flashbacks sont un bol d’air. Par contre, lui adjoindre une partie de la mythologie de la série était un sacré challenge. Les nombres maudits de la série lient donc Hurley et l’île. Un épisode clé de par ses flashbacks et non son intrigue principale.

1×25 – Exodus : il faudra trois épisodes pour que la série termine sa saison 1. Bizarrement et souvent, la série aura besoin d  ‘un épisode bonus pour conclure ses saisons, à croire que les auteurs ne peuvent pas condenser leurs intrigues pour que tout tienne… Bref. Toujours est-il que ce dernier épisode termine bien cette saison d’ouverture et propose de nouvelles pistes avec la découverte du Black Rock, de la fumée noire (Black Monster) et de cette fameuse trappe, véritable boite de pandore de la série. LOST entre désormais dans la cour des grandes séries et va se transcender pour devenir, peut-être, une série légendaire.

 

TOUUUUUUUM !