Transformers 4. La sortie du film a remis en route le bashing envers Bay et l’arrivée des défenseurs du bonhomme. Dans tous les cas, Transformers 4 est loin d’être idiot. Par moments.


Transformers 4 arrive finalement au bon moment et avec un message. Si on regarde de plus près le film, on remarquera un discours méta qui ferait presque régler les comptes de Bay envers le public, les critiques et Hollywood. Pour comprendre tout ça, il faut comprendre la situation de Bay. Intéressé par le script de Pain and Gain (baptisé en Français No Pain, no Gain…), Bay a essayé de proposer le projet à Paramount. La réponse a été claire : « Michael, tu fais Transformers 4 et on te suit sur ton petit projet ». Voilà comment son film est sorti en 2013 avec Mark Wahlberg et Dwayne Johnson… et a bidé. Quand Bay fait des films plutôt bons comme The Island ou celui-ci, ça ne marche pas. Allez comprendre. Son nom est trop associé ou je me trompe ?

Toujours est-il que Transformers 4 signe donc les 8 ans de Bay derrière la franchise de robots si ce n’est pas plus. Le Monsieur est fatigué. On le comprend, 4 films de 2h30 sur des robots, 10 heures de blockbusters, de destruction, de petites pépés, de Shia qui court et de Mark qui fronce le sourcil. Il est temps de laisser la place à quelqu’un. Ce serait mieux. Et encore, Transformers 5 n’est pas indispensable. Ce  opus est assez raté malgré un scénario qui aurait pu être plutôt bon pour un second ou troisième opus. On sent vraiment une sensation de ras-le-bol même chez Optimus Prime. Le message de Transformers 4 est d’ailleurs assez méta. On le remarque dès le début quand le personnage de Mark Wahlberg arrive dans un vieux cinéma en ruine pour récupérer des pièces, le propriétaire parle des suites et des remakes à foison. Première attaque.

transformers

Le lieu même de la scène souligne que le vieux Cinéma avec un grand C est mort, que l’on est dans une course aux « restes », aux miettes, qu’on essaye de faire survivre plus que de faire vivre l’industrie. Ce vieux cinéma, c’est Bay, c’est le Hollywood d’il y a quinze ans voire dix, e hollywood du divertissement. On va rechercher un vieil Autobot dans un cinéma comme on vient rechercher Bay pour continuer l’aventure. Un cinéma en souffrance dans Transformers 4, c’est le Cinéma qui souffre depuis dix ans.
Optimus Prime en ruine, tentant en vain de cesser de comprendre les humains, c’est un public qui cherche à tout prix le blockbuster, à user et abuser du système. Transformers 4 devient alors la preuve qu’il est le chainon, non pas manquant, mais marquant de l’industrie. Ce discours envers les blockbusters se retrouve dans une scène du film. On peut ce qu’on veut sur Bay et Transformers, mais les films font le boulot.
En passant, Transformers 4 égratigne Pacific Rim avec le personnage de Walhberg qui s’appelle Yaeger, référence mal cachée aux Jaegers, ces gros robots du film de Del Toro. Galvatron, le méchant de Transformers 4, possède un trou au centre de sa poitrine, qui rappelle furieusement le même détail chez Gipsy Danger, le robot principal. Le vrai créateur n’est pas Mark Walhberg, il ne fait que recycler les objets. Le discours méta prend alors tout son sens. Yaeger et les autres personnages du film perdent le contrôle de leurs machines, on nage en pleine métaphore de l’industrie. On recycle tout et on tente de faire quelque chose de mieux. Au final, c’est toujours Transformers qui gagne :)

Voilà toute l’intelligence de ce Transformers 4 qui réussit à asseoir sa position de leadership dans le blockbuster. Hélàs, le film fonctionne que d’un côté. Le dark side du film, son côté obscur est celui qui justement nourrit ce discours méta : l’aspect commercial.



Tarnsformers 4 est une vitrine pour beaucoup de choses. Outre le placement de produits qui devient vraiment voyant et qui serait presque des pages de publicité d’une seconde dans le film (Armani, Gucci, Beats, Victori’as Secret, Red Bull, Bud Light…)Transformers 4 se permet le « luxe » de faire une promo toute trouvée pour la Chine. Les faits sont troublants, le film est déjà à 800 millions de dollars en quelques semaines et une grosse partie des dollars vient du pays chinois. Il faut rappeler que l’industrie des cinémas en Chine se développe depuis très peu de temps. Les films américains s’importent de plus en plus et le public chinois en redemande. Quand Pacific Rim fait le quart de son box-office en Chine, il n’y a pas à dire : le public chinois est l’avenir du cinéma américain (V
anity Fair d’ailleurs pensé la même chose). ON le voit très clairement dans Transformers 4 quand les héros débarquent en Chine. C’est là que le film perd beaucoup d ‘énergie et se permet des scènes dispensables mettant en scène les acteurs asiatiques. Acteurs est un grand mot, un personnage que croise Stanley Tucci dans un ascenseur n’est autre qu’un boxeur chinois qui a gagné deux médailles d’or aux Jeux Olympiques. Qui a dit coup de coude ?
Et c’est parti pour les plans sur les hôtels de Hong Kong, l’industrie Chinoise, la Grande Muraille… Transformers se paye un appendice déjà remboursé en tournant son dernier tiers en Chine. Vous l’aurez saisi Transformers 4 est la non-quintessence du blockbuster, son âme vendue au diable et son reste de lucidité. Bay fait tout péter, mais on le sent déjà rincé. Le spectateur n’est pas si ravi que ça. On ne parle pas d’un retournement de veste de Bay mais à l’instar de ses personnages, il a changé de fusil d’épaule le temps du film. Bay comprend le système, il l’utilise contre lui pour 2h40 de summum du blockbuster dans tous les sens du terme. Pour ça, bravo Bay.

Comme le dit Optimus Prime, il est temps de laisser la Terre tranquille, de laisser reposer les blockbusters et de divertir, autrement.