Le dernier épisode de la saison 4 d’Hawaii 5-0 (diffusée sur CBS) cloture une saison médiocre, dont on aimerait presque qu’elle soit la dernière tant elle déçoit et a perdu ce qui faisait le charme de la série.

Le Commandant Steve McGarrett, originaire de Hawaï, quitte la Navy pour enquêter sur le meurtre de son père avec l’aide contrainte et forcée de Danny Williams, dit Danno. Ensemble, ils en viennent à former, avec Kono et Chin, cousins, l’unité spéciale 5-0. 5-0 combat le crime, avec la spécialité que ses membres ont une liberté de mouvement plus grande que la police. Mais l’enquête de la mort du père de Steve va mener 5-0 à découvrir des choses insoupçonnées …
… Choses insoupçonnées qui vont développer un fil rouge de quatre saisons, rien que ça. Enfin, presque : si, sur les deux premières saisons, le fil rouge se tient et la série est très bien développée de façon générale, la saison trois, en voulant à tout prix garder le même cap, ennuie. La saison quatre, diffusée cette année, confirme la chose : Hawaii 5-0 n’est plus aussi agréable à regarder qu’elle l’était.

mcdanno

McDanno

Remake d’une série débutée dans les années 60, elle avait pourtant de quoi plaire : des intrigues sympathiques et des personnages attachants qui formaient des dynamiques intéressantes – le tandem surnommé « McDanno » est devenu une institution de la série. Cependant, 5-0 montre sa limite lorsqu’elle essaie d’ajouter des personnages : ceux-ci sont peu appréciés par le public, finissent par mourir, être des traitres, partir pour une autre agence … Si quelques ajouts semblent fonctionner au premier abord, cela ne dure pas. Ainsi, le casting de personnages secondaires va au gré du vent, malgré quelques fidèles au poste (…). La quatrième saison a en outre été malmenée par des départs provisoires d’acteurs pour raisons personnelles ou professionnelles. Ainsi, dans certains épisodes, certains des personnages principaux n’apparaissent jamais. Cette instabilité du casting nuit à une série dont le scénario ne sait déjà plus se renouveler.
En effet, ce fameux fil rouge qui s’étale sur quatre saisons peut être symbolisé par le personnage de Wo Fat, grand ennemi de Steve. Encore aujourd’hui, les intentions de Wo Fat et son identité ne sont pas toujours claires. De fil rouge consistant dans les premières saisons, il est devenu un ressort facile, qu’on dépoussière chaque fin de saison. Difficile, donc, d’être excité à l’idée de revoir Wo Fat à chaque season finale.

wo fat

Wo Fat

Le problème de la quatrième saison, en plus de ses lacunes scénaristiques de plus en plus importantes, c’est l’américanisme gerbant (il serait plus poli d’utiliser un autre mot mais aucun autre mot ne peut aussi bien définir la chose) qui flirte parfois même avec le racisme et tout le temps avec la stupidité et le ridicule. Alors on se raccroche à ce qu’on peut : aux personnages, dont le traitement est devenu aléatoires, ou encore à ces petits moments de complicité, d’humour. On fait ce qu’on peut en se disant que bon, la fin de saison n’est plus si loin.
Et pour le dernier épisode, ça y est, c’est le retour de Wo Fat. Et si on s’attendait à un retour explosif et bien … Disons que oui, il y a eu une explosion. Mais sinon, cet épisode aurait pu être en milieu de saison. Il aurait pu ne pas être inclus du tout. Certes, il ajoute un personnage déjà connu à l’équpe de McGarrett, et ça fait plaisir, et il ramène Wo Fat en promettant qu’il redeviendra central la saison prochaine, mais cela ne suffit pas. Le season finale d’Hawaii 5-0 était à l’image de sa saison entière : absolument dispensable. On ne s’ennuie pas vraiment, on ne vibre pas non plus. On appuie sur play, et on se dit que dans quarante cinq minutes, c’est terminé. Hawaii 5-0, c’est un peu devenu une vieille habitude, un peu comme la clope avec le café : on sait qu’on ferait mieux de faire autre chose, mais on le fait quand même. Ca fait un peu plaisir quelque part, mais ça fait mal aussi. Il n’y a plus à espérer que la « nouvelle-mais-ancienne » intrigue que le season finale met en place donnera à la prochaine saison l’élan qui lui manque. Mais honnêtement, personne n’y croit plus trop.