La saison 2 de Real Humans est diffusée à partir du 15 mai, 20h45 sur Arte. Immersion dans cette saison 2 très décevante, qui n’augure pas du meilleur pour la suite…

Nous avions laissé Béatrice en pleine rébellion et Anita devenue Mimi, « libérée » par un logiciel. Dans mon article précédent, je vous parlais des 2 premiers épisodes de la saison 2, qui m’avaient déconcertée. Je me demandais si la suite de la saison continuerait sur ces nouveaux personnages, ces nouvelles orientations de l’histoire (virus dangereux pour les hubots, la quête de Béatrice, le changement de Mimi, l’histoire d’amour de la hubot Florentine et de l’humain Douglas…) : la réponse donc est oui. Malheureusement. La saison 2 de Real humans, selon moi, est ratée.

Les personnages principaux de la saison 2 de Real humans

Les personnages principaux de la saison 2 de Real humans

Les sujets sont traités avec une superficialité désolante. La dimension politique disparaît complètement. Là où la saison 1 avait une part sociale importante mais subtile (scène de bagarre à l’entrée d’une boîte de nuit, réaction de gens au restaurant, vie de quartier…), la saison 2 semble avoir effacé toute trace d’autres êtres humains en dehors des personnages. Ils semblent vivre en autarcie. Plus rien ne pose problème. Seule tension : le groupe d’extrémistes anti-hubots qui se réunit en forêt pour dire des horreurs, et qui a l’air très très vilain.

Les personnages censés exprimer des émotions, ont le visage fixe comme celui d’un robot. La frontière entre les hubots et les humains est donc belle et bien en train de s’effacer. Véritable intention du réalisateur, ou mauvais jeu d’acteur ? Je pencherais pour la deuxième solution. Le pauvre Tobias nous fait de la peine avec ses grimaces incompréhensibles. Papa Engman a vraiment l’air de se faire profondément chier dans cette saison, et nous communique parfaitement ce sentiment. Quant à Douglas, amoureux de la hubot Florentine, il ne se foule pas. Ni dans le scénario, ni dans le jeu d’acteur… ce qui donne, en gros :

« Je te kiffe – Ah mais merde t’es un hubot – Bon c’est pas grave – On se marie ? – Ah mais merde t’es un hubot – Bon c’est pas grave – On fait un enfant ? – Ah mais merde t’es un hubot – Bon c’est pas grave – T’as chourré un gosse à sa mère dans une chambre d’hôtel ? C’est pas terrible… – Bon c’est pas grave, t’es un hubot, t’es un peu conne après tout mais je te kiffe alors je vais étouffer l’affaire puisque je suis avocat ».

Ok, merci Douglas, l’histoire avance bien grâce à toi. Mais faut voir de quelle manière…

Là où la saison 1 rivalisait de rebondissements, la saison 2 de Real humans traîne en longueur. Elle se veut plus sinistre mais n’en est que moins subtile, moins empathique. On ne ressent rien. Les personnages auxquels on s’était attachés lors de la saison 1 ne nous inspirent plus rien. Sauf peut-être cette pauvre Florentine qui cherche le grand amour et une vie normale d’humaine (et encore, ma phrase ressemble à de la pitié…). A la rigueur, certaines scènes la concernant, et surtout à la fin de la saison 2, inspirent un peu de tristesse. Mais c’est trop léger.

Aucune situation n’est crédible. On n’adhère plus. On se désolidarise totalement des personnages, qui restent entre eux et semblent tout sauf ouverts vers l’extérieur. On ressent une impression d’étouffement devant la répétition de scènes interminables. On retrouve les mêmes personnages tout le temps, dans les mêmes situations, rien n’avance. Aucun suspens. La saison 2 fait du sur-place jusqu’à la fin.

Le dernier épisode de la saison néanmoins mérite d’être cité. Il aborde enfin les questions un peu philo et sociales que l’on attendait de pied ferme. Sous la forme d’un procès de justice qui concerne Florentine et concernera par extension Mimi, les deux hubots peuvent enfin montrer leur différence. Oui, le fameux « code de David » les a « libérées » de leur condition de robot domestique. Jusqu’où cela sera-t-il reconnu ?

Une saison 3 de Real humans a été commandée. Inutile de dire que j’en attends beaucoup : le retour de la puissance de la saison 1. Wait and see…

En attendant, allez faire un tour sur ce service de clonage ou ce site de ventes de hubots !