La saison 2 de Real Humans est diffusée depuis le 1er décembre en Suède, et suivra sur Arte dans quelques semaines. Le moins que l’on puisse dire de cette saison 2, est qu’elle ne se contente pas de poursuivre l’intrigue de manière attendue. Les personnages, humains comme hubots, font des choix qui nous étonnent. L’abandon (provisoire ?) de certains éléments et l’apparition de nouveaux, déconcertent. On attend de voir ce que cela donnera en fin de saison. Attention, spoilers inside !

La saison 2 de Real Humans étonne, alors que l’on s’attendait tout bonnement à reprendre les choses telles qu’on les avait laissées. A la fin de la saison 1 de Real Humans, Léo mourrait, transmettant à Mimi un morceau du code permettant aux hubots de s’émanciper. Et c’est Tobias Engman, le fils de la famille adoptive de Mimi, qui finissait par récupérer cette information capitale. Au début de la saison 2 de Real Humans, on retrouve les personnages 6 mois plus tard. Les choses semblent s’être apaisées de tous les côtés. Seule Béatrice poursuit son but : elle est en quelque sorte le fil rouge qui fait le lien entre les deux saisons. En effet, pour la plupart des intrigues, elles ne sont pas suivies en saison 2. Anita, devenue Mimi, était prête à renouer avec son passé de hubot rebelle et indépendant, mais elle préfère finalement rester dans la famille Ikea. Elle est embauchée dans l’entreprise d’Inger et va aux soirées « pro hubots » avec Tobias et Matilda. Elle se rapproche des enfants Engman, et surtout de Tobias, qui est amoureux d’elle.

Oups, mais qu'est-ce qui m'arrive ?

Oups, mais qu’est-ce qui m’arrive ?

Si la saison 2 de Real Humans revient sur les mêmes deux thèmes principaux que la saison 1 – la « révolution » des hubots « libres », et la relation humain-hubot dans la vie quotidienne -, elle fait disparaître certains tableaux emblématiques de la saison 1. Ou en tout cas provisoirement. En effet, on finit par retrouver la mère de Kevin en milieu de saison, alors qu’on la croyait rayée de la carte. Le père de Kevin, calmé par le coup de cœur qu’il avait eu pour Béatrice, n’est plus en guerre contre les hubots comme avant. Son fils prend le relais, accompagné de sa bande de copains anti-hubots. Quant à Mimi, alors qu’elle devenait la destinataire du code transmis par Léo, est restée bien sagement chez les Engman. On sent qu’elle ne tient pas tant que ça à s’émanciper, finalement. On avait supposé que, prenant conscience de son indépendance, elle voudrait voler de ses propres ailes, mais il n’en est rien. Quoique, son embauche au cabinet d’Inger est une révolution en soi. La principale nouveauté de cette saison 2 de Real Humans est l’apparition d’un virus étrange qui fait bugger les hubots et les rend violents. Un mal qui ne devrait pas arranger leur situation vis-à-vis des humains…

Autre nouveauté de la saison 2 de Real Humans, plus formelle cette fois-ci : le virage un peu « terrifiant ». Le réalisateur ajoute des éléments macabres : histoires de morts réincarnés en hubots qui font froid dans le dos, ouverture de cercueil dans une église la nuit, cimetières, ombres qui passent furtivement, beaucoup de sang, les hubots infectés aux yeux rouges et au désir incontrôlable de vengeance… La saison 1 nous mettait parfois mal à l’aise, nous présentant des situations et dialogues ambigus, voire choquants ; la saison 2 tente d’augmenter ce malaise par des moyens plus concrets.

Les relations entre humains et hubots prennent davantage de profondeur, et ont par conséquent plus d’incidences dans leurs existences. On passe de l’amitié et/ou du flirt aux relations familiales et maritales. Dans la saison 2 de Real Humans, Lennart, le gentil Papy de la famille Ikea, revient d’entre les morts dans la peau d’un hubot. Même apparence physique, même voix… à la seule différence qu’il parle de manière légèrement robotisée, qu’il a récupéré ses cheveux, et qu’il ne reconnaît plus son beau-fils. Lennart choisit cette solution post-mortem pour pouvoir enfin dire à sa fille qu’il l’aime et qu’il est fier d’elle, choses qu’il était incapable de dire durant son vivant. Si Inger est émue d’entendre ces mots, sera-t-elle pour autant ravie de l’entendre tous les jours de la bouche d’un hubot monomaniaque qui désormais vit chez eux ? Quant à Flash (la sœur de Gordon…), elle fait la connaissance de Douglas qui, même après avoir découvert qu’elle était un hubot, la demande en mariage. Est-il possible pour un humain d’aimer un hubot ? Est-il possible pour un hubot de ressentir de l’amour ? Peut-il développer de la loyauté sans avoir été programmé pour ?

La frontière entre humains et hubots s’affine donc dans cette saison 2 de Real Humans. Dans certains cas, ils sont traités d’égal à égal. Ainsi, Mimi n’a plus à faire le ménage ni la cuisine chez la famille Ikea. Papa Engman, au chômage, s’en charge à sa place. Mimi est devenue la mascotte de la famille. Tout le monde l’aime et Matilda en viendra même à penser que sa mère la préfère à elle. Flash, devenue Florentine, réussit à faire illusion auprès de la famille et des amis de Douglas, son fiancé humain. Elle semble à plusieurs reprises plus sensible, plus subtile, et plus volontaire que lui.

Florentine et Douglas dans la saison 2 de Real Humans

Florentine et Douglas dans la saison 2 de Real Humans

La saison 2 de Real Humans prend aussi un virage plus politique que la précédente. Les réunions et actions de Kevin et sa bande s’apparentent bel et bien aux prémices d’un parti. Ce groupuscule rassemble principalement des humains qui ont été blessés ou effrayés par les hubots. On retrouve ainsi la compagne d’Asa, qui n’avait pas supporté l’intrusion chez elle des hubots libres.

Pour résumer, je dirais que ce début de la saison 2 de Real Humans m’a déconcertée, en ce qu’elle m’enlevait des tableaux et thèmes que j’avais apprécié en saison 1. Alors que j’étais sûre qu’ils allaient me manquer, je découvrais les nouveaux développements, plus graves, plus noirs, et plus inquiétants encore.  J’ai vraiment hâte de voir comment cela va évoluer…

Très bonne critique sur le site d’Arte