Le festival Tous Ecrans s’est terminé jeudi soir à Genève. Parmi les multiples catégories, une compétition internationale de webséries, qui a vu une douzaine de fictions être scindées en deux programmes distincts. Le verdict est tombé jeudi soir : c’est le projet espagnol « El Gran Dia De Los Feos » qui a obtenu les honneurs du Reflet d’Or, avec 3000 francs suisses à la clé. C’est également une de mes deux séries préférées parmi celles que j’ai pu visionner.

El Gran Dia de Los Feos

Dans un futur proche, le monde est devenu une idiocratie gouvernée par l’invisible et omnipotent Mijail 1er. Celui-ci impose des critères esthétiques très stricts à ses sujets, et déclare la guerre aux personnes laides. Le premier épisode suit trois fashion victims qui ne rêvent que d’être choristes pour la Beyoncé de ce monde, Belinda Ross.

Nabil Chabaan et David Tesouro livrent un univers dystopien avec assez peu de moyens, beaucoup de satire sur les gravures de mode, et surtout un oeil très axé sur les références. Les personnages de « Feos » sont un mélange de plusieurs vapides magnifiques, de « Zoolander » à John Waters. Mais la websérie possède de grandes qualités de réalisation, permettant de passer du rire à la tension en quelques secondes. Cela devient particulièrement clair dans le deuxième épisode, avec un concours de téléréalité hystérique animé par Belinda Ross. Lz photographie est pleine d’assurance, et permet d’accrocher l’internaute rapidement. 8 épisodes sont prévus, mais seuls les 2 premiers sont en ligne. Une application mobile est disponible, mais les épisodes sont parmi ceux qui ont passé le mieux le test du passage au grand écran.

Episode 1 (en VO espagnole) :

Episode 2 en VO espagnole :

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Michaëlle En Sacrament

Plus maladroit dans son format mais toute aussi intéressante est la minisérie québécoise « Michaëlle En Sacrament » (About Michaëlle). Ici, c’est une création divisée en 5 épisodes de 5 minutes chacun.

michaelle

 

C’est une chronique douce-amère d’une femme qui voit débarquer sa grand-mère, son chat et ses manies dans sa vie. Le format permet malheureusement une exposition assez abrupte, mais l’humour est bien présent. Mention spéciale au costume de pervers sexuel du mec du second épisode « fabriqué par ses parents ». La série repose principalement sur les épaules de Gabrielle Forcier.

L’épisode 1 en VO québécoise.