MAJ : La critique du film : Pacific Rim

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Dans les locaux de Warner ce midi, 15 minutes du film de Guillermo Del Toro, Pacific Rim ont été diffusées en 2D.

Après une brève introduction du réalisateur, le spectacle pouvait commencer. Del Toro soulignait bien ses choix artistiques avec notamment des couleurs vivaces. Il a parlé d’une scène de 20 à 25 minutes qui se passe à Hong Kong et qui se termine dans l’espace. Autant vous dire que le film risque d’être dantesque.

Les scènes montrées sont une introduction à l’univers de Pacific Rim avec l’apparition des Kaijus et la fabrication des Jaegers. Puis, une scène où un Jaeger s’échoue sur une plage. Ensuite on nous montre comment s’organisent les co-pilotes des robots à l’aide d’un jargon assez spécifique. Enfin, une bataille entre un Jaeger et un Kaiju très mouvementée.

Quel bilan tirer de ces courtes scènes ?

©Warner

L’univers semble travaillé. Del Toro parle vraiment de règles et d’historique, et le jargon utilisé va sûrement diviser. L’univers est très intéressant mais sa mise en place risque d’être rapide tout en tendant à le rendre crédible. Il y a cependant quelques réserves. La mise en place de la synchronisation des co-pilotes par exemple semble tellement soumise à des règles que l’artifice complexifie un peu l’ensemble. Les co-pilotes doivent synchroniser leurs souvenirs mais ne pas se laisser happer par eux… Cette règle dérive dans une spiritualité avec une scène où un co-pilote se retrouve dans un souvenir. Le genre d’idée qui peut vite s’engouffrer dans un climax et des enjeux clairement peu attachants car totalement désintéressés. Cet ajout de pathos est peut-être de trop.

15 minutes et 4 scènes, c’est court. Tout le cheminement et le background vont être travaillés, mais pour l’instant, dans les scènes de non-exposition, le constat est là.

Visuellement, tout est coloré, fluide, les combats sont lisibles, la caméra de Del Toro se met à hauteur d’homme. Là où le bas blesse est que les combats perdent paradoxalement en puissance évocatrice. Oui, nous sommes à hauteur d’homme, mais on ne ressent pas le gigantisme des créatures vu qu’il n’y a que peu de décors sur lesquels se baser. Les plans sont serrés et on ne parvient pas à être pris dedans. Si la scène où le Jaeger s’échoue sur la plage est d’une sobriété et d’une beauté renversante, le combat sous la pluie est tout autre. L’ajout de détails esthétiques est très énervant, les monstres semblent suinter à longueur de combats, les robots semblent s’essorer éternellement. En gros, la scène de combat qui se passe sous la pluie perd en clarté visuelle avec ces petits détails. Cela dit, c’est prenant, lisible, rythmé et techniquement époustouflant, à l’image des rapides combats montrés en introduction.

©Warner

Quelques personnages étaient présentés, notamment les japonais ou les russes et hélas, mille fois hélas, on tombe en plein dans les clichés des asiatiques fans de kung-fu et les russes froids, blonds décolorés et austères. En espérant que le propos ne frise pas le patriotisme, Pacific Rim présentera sûrement des personnages peu travaillés mais avec un héros qui s’en tirera avec les honneurs.

Pacific Rim risque d’être complexifié pour rien durant les scènes explicatives, contemplatives durant la mise en place des robots et esthétiquement chargé pour les combats. La mécanique prendra sûrement quand le film se déroulera sous nos yeux. En tout cas, les extraits promettent quand même d’en mettre plein les mirettes et d’être un savoureux spectacle, un blockbuster honnête mais loin d’être un film d’auteur (comprenez avec la touche Del Toro). Images d’une puissance visuelle rarement vue, Pacific Rim est un gigantesque grand 8 dans les images projetées. C’est coloré, rythmé, riche, (peut-être un peu trop). L’univers proposé avec ses règles et son histoire nous met dedans en quelques minutes. Un blockbuster qui va surement faire des dégats. A voir très vite dès le 11 juillet 2013