F Valentine’s Day (Prime Video) : un concept malin, une romance trop sage
Avec F Valentine’s Day, la comédie romantique tente de sortir des sentiers battus à l’heure où le genre semble enlisé dans des formules usées jusqu’à la corde. Concept accrocheur, casting attachant, mais mécanique bien huilée : critique d’une rom-com honnête, sans éclat, mais parfaitement calibrée pour la Saint-Valentin.
F Valentine’s Day aligne au casting Virginia Gardner (Fall) et Skylar Astin (Pitch Perfect, Ground Floor), deux visages familiers du divertissement romantico-pop.
Gina déteste son anniversaire qui tombe le jour de la Saint-Valentin et part en Grèce pour éviter la demande en mariage de son petit ami. Avec l’aide de Johnny et de sa sœur Mickey, deux vacanciers, elle élabore un plan pour retarder la demande.
Sur le papier, la promesse est claire : proposer une rom-com consciente de ses clichés, qui tente de les contourner avec un dispositif narratif malin.
L’état un peu triste des rom-coms
Il faut bien le dire : l’état actuel de la comédie romantique n’est pas flamboyant. Les plateformes comme Netflix ou Prime Video regorgent de bluettes interchangeables, souvent trop teen, parfois embarrassées par leur propre naïveté. Depuis le succès de la saga After, un modèle s’est imposé : une jeune femme “ordinaire”, un homme toxique déguisé en bad boy torturé, et une romance présentée comme passionnelle alors qu’elle coche toutes les cases du problème relationnel.
Dans ce désert créatif, la rom-com joue la sûreté. Il est rare le film qui ose sortir une idée un peu « high-concept ». Quelques films ont tenté autre chose. Sex List, avec Anna Faris et Chris Evans, proposait l’idée d’une femme parcourant la liste de ses ex pour vérifier si l’amour n’était pas déjà passé par là. 500 Days of Summer déconstruisait frontalement le mythe de la romance idéalisée en racontant une histoire d’amour… à rebours et à sens unique.
C’est dans cette veine que F Valentine’s Day tente de s’inscrire. Le concept est posé dès le départ : cette fille qui veut séparer anniversaire et amour. Pourquoi pas ! Le film offre d’ailleurs ses meilleurs moments quand il s’inscrit pleinement dans cette veine… C’est-à-dire au début pour installer l’idée…
Un concept au service du duo malgré lui
Effectivement, le film utilise son idée centrale pour installer ses personnages et les faire avancer sur des rails très connus. Le fameux duo “mal assorti” se découvre des points communs, se chamaille, se rapproche, puis tombe amoureux selon une logique parfaitement téléphonée.
Cela dit, le casting fait beaucoup. Virginia Gardner est mimi, pétillante, immédiatement attachante. Elle est à l’instar de Sydney Sweeney, a l’aise avec son physique et on se permet de retrouver un peu de rom-com kinky des années 2000.
Elle apporte une énergie sincère qui donne envie de la suivre, même quand le scénario se contente du minimum syndical. Skylar Astin, fidèle à lui-même, dégage toujours ce petit air de gendre idéal, un peu trop lisse, mais rassurant. Leur alchimie fonctionne suffisamment pour qu’on prenne plaisir à les regarder évoluer, même quand on sait exactement où tout cela mène.
Autour d’eux, une galerie de personnages attendus, comme le bon pote, la mère un peu moderne (Marisa Tomei) ou le concurrent. Toute cette mécanique tend vers une conclusion logique. On aura pu s’attendre à mieux, à quelques minutes de l’épilogue, mais…
Ni vraiment romantique, ni vraiment drôle
Là où le film coince davantage, c’est dans son manque de radicalité. F Valentine’s Day n’est ni très romantique, ni franchement drôle, ni même un peu sexy. Là où certaines rom-coms osent être edgy, piquantes ou mélancoliques, celle-ci reste constamment en zone de confort, comme si elle avait peur de déranger son public cible.
Il faut aussi reconnaître que F Valentine’s Day semble parfaitement conscient de ce qu’il est : un produit de saison, pensé pour un visionnage sans friction, seul ou à deux, entre un dîner commandé et une boîte de chocolats entamée trop vite. Le film ne cherche jamais à marquer durablement, ni à devenir une référence du genre. Il préfère la douceur à l’audace, la prévisibilité au vertige émotionnel. Dans un paysage saturé de contenus, cette modestie a presque quelque chose de reposant. On sourit parfois, on décroche rarement, et l’on se laisse porter par un rythme tranquille, calibré pour ne froisser personne. Ce n’est pas un film qui fait battre le cœur plus fort, mais un film qui accompagne, gentiment, une soirée déjà chargée de symboles.
Au final, F Valentine’s Day est une comédie romantique honnête. Elle ne révolutionne rien, mais elle remplit sa mission première : occuper agréablement un soir de Saint-Valentin. Un film-doudou, sans aspérités, qui se regarde sans déplaisir… et s’oublie tout aussi vite.


