La saison 11 de X-Files s’octroie un dernier épisode avant la pause Olympique pendant les Jeux.

C’est un épisode spécial Skinner qui nous est proposé avec les plutôt bons Avatar en saison 3 ou Zero Sum en saison 4 et SR-819 en saison 6. Le Directeur Adjoint du FBI se retrouve absent du Bureau sans raison apparente. Le Deputy Director Kersh qui était apparu en saison 6 demande des comptes à Mulder et Scully car ce sont les seuls qui ont un lien fort avec lui.

On se retrouve donc avec Skinner en forêt qui se rapproche de John James qui a servi au Vietnam avec lui. En face de lui, son fils, sosie de son père. A vrai dire, il ne se passe pas grand chose dans cet épisode et pourtant, il passe très vite. L’histoire suit son court sans grandes avancées, sans scène pivot, sans retournement. Tout l’épisode se permet même le luxe d’être en léger pilote automatique à l’image de Gillian Anderson qui nous livre une Scully totalement inerte, sans volonté, sans motivation. Les lignes de script sont dites sans passion. Incroyable… Mulder paraît serré dans un costume trop petit dans le bureau de Kersh et crie devant une oreille coupée. Improbable.

L’ambiance générale rappelle les premières saisons avec une forêt omniprésente, des relations entre les personnages resserrées et des développements minimaux. Le personnage secondaire est même intrigant, porté par un Haley Joel Osment (oui, le ptit de Forrest Gump et Sixième Sens) encore parfait qui fait un retour depuis un an sans fautes. Il ne lui manque juste qu’un projet qui le mette en lumière et on aura un bon acteur de plus à voir.

Le propos de l’épisode n’est pas des plus intéressants, cette vengeance n’a aucun goût particulier. Et quand l’épisode touche à sa fin, on comprend un peu mieux le fond. De plus en plus, les sous-intrigues se retrouvent propulsées dans le grand seau mythologique estampillé “expériences sur les humains”. C’est un sous arc narratif important de la série, rarement abordé de front, et qui esquisse ses graines depuis la saison 10 sans jamais vraiment trouver du sens et de la pertinence. Pourtant, on trouve que cette subtilité maladroite donne de l’épaisseur à la mythologie qu’on aimerait plus voyante. La scène de fin, à ce titre, n’avait pas besoin d’une voix-off superficielle qui ne fait que pointer du doigt quelque chose d’évident que le spectateur avait compris.

La bonne chose est de montrer comment Mulder et Scully sont vus par les yeux des autres. Voir Kersh remettre en cause leurs actions permet de recontextualiser des personnages et donner un peu d’épaisseur à l’univers. La saison 10 était trop centré sur Mulder par Scully et Scully par Mulder.

Il y a donc encore des maladresses, des défauts plus ou moins acceptables. Nous sommes encore sur un terrain délicat avec un centric sur un personnage secondaire qui n’a pas sa place dans une saison 11. Les problèmes de justesse de ton ou de jeu pénalisent encore beaucoup ce revival. Après 12 épisodes, ce n’est plus un défaut qui disparaitra. Les 3 épisodes à suivre sont écrits par des scénaristes newbie qui, on l’espère, auront un regard frais mais carré sur l’univers. Pour l’ultime épisode, écrit par Carter, doit-on encore espérer quelque chose avec un premier My Struggle pauvre, un second inutile, un troisième qui nous expliquait pourquoi le second était inutile ?

Le podcast sur l’épisode pour plus de débats :