La magnifique et pertinente série créée par Pamela Adlon et Louis C.K. revient avec sa saison 2.

 

Episode 2 – Rising

Incroyable épisode. Attention aux mini-spoilers notamment sur la fin de l’épisode.

En reprenant s structure d’épisode à sketches, Better Things expose deux nouvelles chroniques. La première est menée de main de maître par une Pamela Adlon au taquet. En 3 scènes, elle propose la meilleure rupture toutes séries télévisées confondues depuis pas mal d’années. Sans fard, d’une cruauté et d’une franchise rares, Sam met à mal un amant désastreux. A défaut de le faire au lit, Sam jouit de cette instant. Elle se permet beaucoup de choses et pour nous, c’est tout aussi jouissif.
L’épisode passe à tout autre chose avec une virée entre femmes pour Sam et ses amies dont Macy et Sunny. Dans une scène improbable, Sam fait demi-tour. On ne comprend pas toujours les revirements psychologiques de Sam. Et cette séquence est maîtrisée de part et d’autre… Se voyant présenter un homme (qu’on ne verra jamais), Sam fait demi-tour. Très motivée à quitter cette ambiance qui la gêne, elle se retrouve dans un motel près de la plage. Gros plan sur son visage, Release Me de Corrina Repp en fond sonore, Sam est pensive. Le plan s’éternise. Elle se lève, loue une voiture, refait le chemin inverse pour allr chercher ses filles une par une. On les retrouve sur la plage. La famille est là, profitant du décor. On pleure devant tant de simplicité et d’apaisement… Mais on revient sur le même gros plan sur Sam. Elle s’imaginait la scène.


Brillant. Le personnage de Sam est dépeint comme une femme perdue et la série ne nous offre pas de scène de plaisir car c’est là la thématique de l’épisode. Et si le titre, Rising, était sur une prise de conscience prochaine ?

Episode 1 – September

Nous retrouvons Sam en plein repas festif qui accueille sa fille Max et son nouveau petit ami de plus de 15 ans son ainé. Par un bref flashback, on comprend que c’était le petit ami de Macy, proche de Sam. L’épisode se penchera sur cette relation délicate tandis que Duke jouera à un action / vérité très étonnant pour son age. L’épisode propose une intrigue, chose rare dans la série, qui donne un nouveau cachet à Better Things. On sent un poil plus de cohésion dans les rapports et la psychologie des personnages. L’humour y est fin, discret, jamais envahissant.

better things saison 2 critique

Ce qui compte dans cet épisode est la nette progression de l’intérêt de Sam envers Max. Sa fille la plus âgée va devenir la seconde adulte de la famille. C’est une étape importante pour Sam. Simple mais efficace, ce premier épisode de Better Things ne déçoit pas.

 

Saison 1

Better Things raconte la vie de Sam (Pamela Adlon), actrice et mère divorcée et de ses trois filles, Max, qui découvre l’adolescence, Frankie, garçon manqué et Duke, la benjamine qui est l’électron libre. Le pitch est simple. Et ultra respecté. Better Things est inspirée de la vraie vie de l’actrice qui joue Sam. On sent beaucoup de sincérité à dépeindre les affres de la vie quotidienne. Si vous pensiez que Californication ne racontait pas grand chose, soyez rassuré, Better Things ne s’embête pas d’intrigue. Chaque épisode est une tranche de vie sans début, sans fin, sans rebondissement. La série se permet le luxe d’intriguer avec des personnages attachants. à qui il n’arrive pas plus de choses qu’à nous.

L’intelligence de la série est de peindre le portrait de personnages (casting fabuleux) qui se cherchent et qui ne font pas que de bonnes choses. L’éducation de ses trois filles embête plus Sam qu’autre chose. Elle leur laisse une liberté certaine tant que ça n’interfère pas avec sa propre vie et ses propres choix. Soeur cachée de son personnage dans Californication, Pamela Adlon joue une Sam sans complexe, vraie, brute. Le montage perturbe aussi par son manque totale de rigueur. Les flashbacks plus ou moins pertinents viendront accentuer les pensées de Sam. Si elle se souvient de quelque chose, un flashback rapide viendra illustrer sa pensée sans que la narration ne se voit enrichie. Perturbant mais brillant.

La saison 1 se terminait sur l’identité sexuelle de Frankie qui se cherche. La saison 2 commence avec deux choix intéressants : ne pas en parler et s’offrir des intrigues. Avec seulement 10 épisodes par saison, il est difficile de définir désormais une timeline qui se rapproche de la notre pour des personnages de séries. En 10 épisodes, nous passons deux mois avec eux. Rarement, le temps semble s’étendre comme le notre.  n’a aucune temporalité pertinente par exemple. Et l’art de l’ellipse se trouve dans la plupart des séries de notre époque. Better Things ne s’embarasse donc pas de nous raconter les mois passés entre la fin de la saison 1 et le début de la saison 2.