Un an après Invasion, l’Arrowverse se revoit à l’occasion d’un vrai et beau crossover qui est épique et fun.

Sans spoilers.

L’année dernière, Invasion avait un peu déçu, il faut le dire. Supergirl n’avait qu’un poids minime et le vrai crossover n’était que pour trois séries. Le temps avait manqué aux équipes et cette année, il semblerait que les idées et les talents étaient bien là pour proposer 2h40 de super-héroïsme comme rarement on en a vu.

C’est bien simple, chaque épisode n’est pas centré sur la série mère mais arrive, avec pertinence, à ajouter sa petite touche au récit principal. La bonne idée marketing et créative a été de faire l’impasse sur les titres des séries pour offrir un générique au nom de Crisis on Earth-X.

L’histoire est simple et ambitieuse. Earth-X est sous le régime nazi et les versions « dark » de nos superhéros sont là pour envahir la Terre 1… le jour du mariage de Barry et Iris évidemment ! C’est donc la cérémonie qui sera interrompue par l’arrivée de Dark Arrow et Overgirl et Reverse Flash. A partir de là, les décors, les enjeux et les affrontements vont s’enchaîner dans un rythme très soutenu. On ne s’ennuie pas une seconde. Ah si. On oubliait Iris et Barry qui sont peut-être le couple le moins intéressant des séries. Les états d’âmes des personnages vont aussi se retrouver au coeur de beaucoup de scènes pour donner de la matière à ce crossover. Martin et Jefferson, Iris et Barry, Oliver et Felicity et même des duos improbables comme Alex et Sara.

Le récit est très fluide, les nombreux points de vues et lieux arrivent à s’enchaîner sans fausses notes. Il y a bien une scène mélo avec de la musique et une série de plans iconiques un poil ridicules sur les héros qui se préparent au combat qui peuvent gêner.

Ce Crisis on Earth-X ne perd jamais ses objectifs et étoffe même son univers. Les révélations, les événements ne sont pas rares. Il y aura vraiment un après et un avant Crisis pour au moins deux des séries. Si vous ne suivez pas touts les séries, vous vous y retrouverez aisément. Les rappels aux intrigues propres à chaque série ne sont pas lourds et permettent même de garantir une dramaturgie très efficace. Et au-delà de l’aspect jouissif de ce crossover, la production est bonne, les combats restent corrects. On notera aussi que les balles qui fusent ne touchent que rarement les personnages alors qu’ils sont à trois mètres les uns des autres…

A côté de ce script, on note surtout une ambition certaine à raconter des histoires rares en séries. Le nazisme n’est pas ridiculisé, les camps sont là et il y a même une réponse contemporaine aux camps tchétchènes qui emprisonnent les homosexuels. C’est là qu’intervient The Ray, le super-héros animé d’une websérie CW. L’univers décrit dans ce crossover est tiré de la série animée Freedom Fighters – The Ray qui arrivera bientôt sur CW Seed.

Son personnage impose son charisme mais ouvre aussi beaucoup de thématiques et de modernité. Ce n’est jamais forcé et totalement pertinent. C’est donc avec beaucoup de volonté que ce crossover est peut-être la production super-héroïque la plus aboutie de cette année. Supergirl, Arrow, Flash et les Legends ont chacun leur place. Atom a le meilleur ratio temps de présence / efficacité contrairement à Heat Wave qui n’a que des punchlines de piètre qualité. Et si la conclusion de ce Crisis on Earth-X est un peu facile (on parle bien de la dernière scène), le reste respecte totalement chaque univers, chaque série, chaque personnage. DC a peut-être loupé sa Ligue de Justice mais pas sa petite soeur avec cet épisode très dense.