Seuls : un film pour tous et tous pour un (sans spoilers)

Seuls : un film pour tous et tous pour un (sans spoilers)Score 65% Score 65%

Seuls est une BD devenue un phénomène avec plus d’1.5 millions d’exemplaires vendus. Concept fort, Seuls, devient un film français réalisé par David Moreau.

David Moreau a à peine 40 ans et un bagage cinéma assez improbable. Il a écrit et réalisé 3 films très différents, l’home invasion plutôt bien tenu, Ils en 2006,  la comédie romantique très sympathique 20 ans d’écart en 2013 avec Pierre Niney et Virginie Efira et enfin Seuls, l’adaptation de la célèbre BD. Il a aussi réalisé aux USA, The Eye avec Jessica Alba. On ne peut pas dire que Moreau a un genre de prédilection mais ce qu’on peut retenir des 4 films est sa volonté de faire quelque chose de respectueux du genre avec des pointes d’originalité et de fraîcheur bien venues.

C’est donc tout naturellement que Seuls était un projet à l’ambition certaine que David Moreau pouvait aisément tenir. Saga dessinée et entretenue par Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann, Seuls dépeint en 10 volumes la nouvelle vie de jeunes enfants dans un monde où les adultes n’existent plus. Le travail est assez difficile d’adapter une BD quand l’histoire évolue à chaque tome et où, surtout, une révélation de taille survient à la fin du premier cycle après 5 tomes.

Le film retracera donc les aventures de Camille, Leïla, Dodji, Terry et Yvan en s’octroyant quelques libertés assez importantes. Par rapport à la BD, les jeunes enfants sont un peu plus âgés. Ils ont tous entre 13 et 16 alors que la BD nous fait faire la connaissance de gosses entre 5 et 13 ans. Cette volonté de grandir des personnages offre peut-être une facilité scénaristique pour rendre les personnages peut-être plus adultes et par défaut plus intéressants. Les différences ne s’arrêtent pas là puisque le film dépeint des individus un peu plu clichés que dans la BD. Si Yvan est plutôt aisé, il est carrément bourgeois dans le film. Quand Dodji est une petite frappe, il devient un jeune aux allures de délinquant. Les traits sont plus forcés dans le métrage et rendent alors les personnages plutôt stéréotypés.

Continuons dans la comparaison avec les situations de la BD qui ne sont aps reprises dans le film. Rappelons que la BD se sert du prétexte d’un cirque pour que les animaux se retrouvent en liberté dans la ville et donnent lieu à des scènes spectaculaires de duels entre enfants et animaux quand le film se permet l’économie de moyens. Seuls le film reste dans le concept simplifié de solitude dans un monde vidé de ses occupants. Toujours dans ce souci de simplification, certaines situations sont utilisées pour faire avancer le récit quand la BD les utilise pour illustrer une thématique comme être en totale liberté dans un hôtel de luxe ou la confrontation avec l’Homme au Couteau. La fête foraine du film et le cirque (comme par hasard les deux événements se passent en même temps) ne sont que des prétextes plutôt que des décors vraiment pertinents.

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©DR

En tant que film, Seuls parvient à dépeindre avec de belles images un monde étrange et fascinant. Cette adaptation rajoute une menace inexistante dans la BD pour rester dans un récit qui effleure les histoires post-apocalyptiques et brouiller les pistes. Et même si on est loin de l’histoire dessinée, l’aventure tient la route avec une ambiance très bien retranscrite et des idées qui permettent de tenir la longueur. C’est surtout suffisament original pour tenir en haleine n’importe qui. Le cinéma de genre avait besoin de ce type de film, sûr de lui, honnête pour être redynamiser. Dommage que Moreau n’instaure pas une envergure suffisante à certaines scènes qui semblent un peu bloqué par un budget étriqué. Les décors restent tout de même bien mis en valeur, que ce soit la fête foraine, l’hôtel ou les rues désertes de cette ville fictive.

BD de personnages, Seuls peut regretter que les acteurs ne soient pas à la hauteur de leur version dessinée.  Sofia Lesatre, insupportable ado dans Les Trois Frères : Le Retour tente de s’en sortir avec un script qui la met en avant. Stéphane Bak, humoriste, arrive difficilement à sortir de son rôle de rebelle. Kim Lockhart, Jean-Stan du Pac et Paul Scarfoglo sont plutôt efficaces dans leur volonté de sortir et de proposer un archétype quand les autres sont plombés par des stéréotypes. On notera un manque d’humour flagrant que la BD avait mais le parti pris est là avec une noirceur bienvenue pour ce genre de production.

Le film propose un épilogue qui se révèle être le début d’une saga qui peut faire date dans le cinéma français et de genre ! Chapeau David Moreau ! En s’éloignant de la BD, il propose son propre univers. Reste à avoir un peu plus d’ambition et d’envergure dans le spectaculaire.

Review

65%

Bien tenté
65%

About The Author

Thomas Wachnicki

Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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