My Roanoke Nightmare est le titre de cette saison 6 d’American Horror Story qui se veut un tournant pour la série de Ryan Murphy. Comme à son habitude, la promo a dépassé le résultat.

 

AJOUT PERSONNEL : Oui je n’aime pas ce début de saison 6. Ai-je le droit ? OUI. On peut ne pas aimer quelque chose que vous aimez. Oui je suis légitime à ne pas aimer, j’adore la série dans son ensemble. Je vous invite à lire mon analyse poussée des 4 premières saisons ->  page 22, bonne lecture

Avec 5 épisodes diffusés, Roanoke se permet un premier bilan puisque le 5è épisode conclut la première partie de saison. Comme indiqué par Ryan Murphy, la saison 2 de Roanoke commence avec l’épisode 6.
My Roanoke Nightmare prend le pari de révolutionner la formule AHS. En fait, c’est le système de narration qui semble bousculé. La mécanique reste assez fidèle avec une ambiance qui pèse lourd dans la balance de l’appréciation. D’épisode en épisode, Roanoke nous déçoit par des choix peu judicieux.

L’ambiance est là dès les premières minutes mais elle semble totalement inapte à nous plonger efficacement dans l’horreur que vit les personnages. Rappelons-le, Roanoke joue la carte du docu réalité. Lily Rabe, Andre Holland et Adina Porter jouent les personnages « réels » qui ont vécu les événements narrés et les racontent face caméra. Dans la reconstitution, Sarah Paulson, Cuba Gooding  et Angela Bassett reprennent les rôles.
Le moins que l’on puisse dire est que Sarah Paulson s’en sort avec difficulté. Son rôle est réduit à des hurlements et des pleurs. Dommage pour l’actrice mais la faute revient au personnage terriblement cliché qu’elle incarne. Les situations de stress qui se répètent se répercutent sur la qualité globale de ces 5 épisodes qui semblent bloqués dans leur propre schéma. La narration en est réduite à sa plus simple expression. On ne saurait dire quel épisode tire son épingle du jeu. Tous se ressemblent et tous sont calqués sur la même structure. Rien n’avance et le spectateur tombe dans l’ennui le plus profond.

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Le problème vient donc du scénario sans idées et des personnages sans éclats. L’aspect chorale de la série est ici totalement laissé à l’abandon pour offrir des personnages en pâture, portés par des acteurs qui commencent dangereusement à cabotiner. Les interactions étaient très différentes que ce soit dans Murder House, Freak Show ou Hotel. Roanoke feint la consistance et n’offre que des variations du même thème. D’ailleurs, les maisons possédées par les anciens occupants commencent un peu à devenir monnaie courante après Murder House et Hotel… Le plaisir minime de cette saison vient des idées graphiques qui sont malheureusement noyés dans une mise en scène peu inspirée (au-revoir les travellings et les fish-eyes, reconstitution oblige ?) et une lumière honteuse.

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Prétextant ce fameux « twist » (totalement survendu par la presse US), Roanoke semble patiner avec un concept qui est un peu trop étiré. Espérons que la seconde partie soit plus audacieuse avec un concept de chasse aux fantômes qui sera du plus bel effet. Ryan Murphy a teasé que la structure de la saison sera 1-5, 6-9, et 10. L’épisode 10 sera celui qui fera le lien entre toutes les saisons comme annoncé ? Si oui, en quoi cet artifice rendra la série plus intéressante ?