Nouvelle série adaptée d’un film, Frequency a la mission d’élever le high concept en produit déclinable et ce n’était pas gagné d’avance.

Film très efficace datant de 2000, Fréquence Interdite mettait en scène les excellents Jim Caviezel et Dennis Quaid. Le premier arrivait à communiquer avec son père qui était pourtant décédé. Un émetteur radio permettait de l’entendre en 1970 alors que le fils était en 2000.

Toby Emmerich, scénariste sur le film, se permet de reprendre son premier script pour produire une série pour la CW. Peyton List (Flash) devient l’héroïne et Riley Smith (Summerland) joue son père. Si ce premier épisode est très balisé avec une héroïne dont la vie sentimentale commence à bouger, dont le père est décédée, dont la carrière est plutôt bonne et tout le cahier des charges de l’héroïne attachante, il impose son concept avec de gros sabots. En dix minutes, on comprend qu’un orage electro-magnétique va transformer la vieille radio CB en appareil de communication temporelle.
Frequency a la lourde tâche de décliner en série un concept qui tenait très bien en 90 minutes. Et Si Timeless a un concept très sériel, Frequency reboote le concept pour offrir une enquête policière à suivre. Si le père dans le film était un pompier mort en exercice, Frequency choisit d’en faire un policier. L’astuce est utile puisque Frequency va pouvoir se transformer en cop show à tendance fantastico-SF avec ce concept de communication à travers le temps.

frequency

Une bonne moitié de l’épisode pose péniblement les bases du concept pour ensuite commencer enfin à raconter quelque chose de plus pertinent pour ce format série. Les dialogues entre Raimy et son père prennent alors une belle connotation mélo-dramatique et ne tombe que rarement dans le niais. Les connaisseurs du film ne seront pas surpris par le déroulement des opérations mais prendront plaisir à voir comment les deux protagonistes vont interagir.
Marchant les deux pieds dans les platebandes de la série sans prétention estampillée CW, Frequency parvient tout de même à gagner des points grâce à l’interprétation de Peyton List et Riley Smith, convaincants et crédibles. On ne dira pas autant des maquillages pour les personnages vieillis de 20 ans qui ne sont pas à la hauteur (bémol pour Mekhi Phifer qui semble ne pas prendre une ride entre les deux époques)

Outre le schéma du film, Frequency parvient à contourner le dénouement en twist scénaristique pour créer sa propre identité et utiliser ainsi le concept sur le long terme. Parallèlement à Timeless, Frequency joue également la carte de l’effet papillon et c’est par ce biais que la série gagne des points. Comme pour Flash et le film LEffet Papillon (2004), le héros voit sa mémoire malmenée avec des souvenirs qui s’effacent et se créent. La charge émotionnelle marche mieux dans Frequency que dans les exemples cités. On craint que ce pilote ne possède plus d’émotions que dans toute la saison à venir. La série va devenir plus posée et il faudra redoubler d’ingéniosité pour que la communication entre les deux personnages soit pertinente (l’idée des objets qui se transmettent est à gérer avec précaution).
Frequency est un produit honnête au concept qui sera plus en arrière plan que Timeless par exemple.