Are you ready to be Sherlocked ? Après une première édition en avril 2015 qui avait accueilli plus de 7000 personnes en un week-end, la seule et unique convention autour de la série Sherlock revient en 2016. Talks, autographes, cosplay, sessions photos et bien d’autres, une occasion unique d’échanger avec  l’équipe et le casting. Une véritable immersion dans les coulisses de ce hit 100% british. Retour sur cet événement hors du commun qui réunit des fans du monde entier.

Vendredi 23 septembre. 9.31 am. Aéroport international de Genève

Cette fois-ci, on y est. Dans quelques heures, à 6.pm, la Convention Sherlocked ouvrira ses portes pour la seconde fois. Le ExCel Center, devenu un vieil ami depuis l’année dernière, m’attend. Un peu d’excitation. Un peu de stress.

Arrivée au ExCel. Gates S1 to S3. Le ExCel n’a rien perdu de son charme, ni Londres de son éclat. On se pose avec ma dream team pour faire le plan de bataille. Ce soir, il n’y a rien de particulier de prévu. C’est juste l’ouverture, un temps off pour récupérer les pass, vérifier le planning, repérer les lieux et faire quelques photos. C’est tant mieux d’ailleurs car pour nous le planning s’annonce chargé. On fait donc le point sur les trucs à ne pas rater.

Malgré tout, on sent l’excitation palpable tout autour de nous. Les premiers cosplays apparaissent. L’ambiance est bon enfant. A 5.30 pm, la queue se met en place d’elle-même, sagement, en attendant que le rideau se lève.

Tout à coup, on y est. Le hall S2 s’étend, immense autour de nous. La configuration est différente de l’an passé, tout a été poussé pour laisser plus d’espace pour circuler et le Second Stage où vont se dérouler les talks en accès libre est plus vaste et moins engoncé. Un bon point. On repère les espaces des autographes (optimisés là-aussi) et des photoshoots. On en profite pour se balader, faire une première photo sur le Set victorien du 221b qui sera pris d’assaut demain.

D’un coup, une musique retentit depuis le 221 B Main Stage où les essais techniques sont en cours. Ça vous prend aux tripes d’un coup. On en a les poils qui se dressent. Les habitués se regardent avec un grand sourire. Demain cette musique annoncera l’arrivée des guests sur le Main Stage. Demain, les compositeurs de cette musique, David Arnold et Michael Price seront avec nous. On touche au rêve.

En attendant, on va admirer les costumes victoriens de The Abominable Bride. C’est amusant comme on peut facilement repérer ceux de Martin Freeman, décidément pas avantagé dans ce casting de géants. (1)

Samedi 24 septembre. ExCel Center. 9.00am

Bien rangés, tous classés par pass et billets, en ligne dans le hangar S1. Beaucoup de monde mais une grande discipline. La queue s’ébranle, la longue file se met en mouvement comme un serpent géant. Et voilà c’est parti !

Les gens des autres événements nous regardent avec bienveillance mais curiosité, nous, nos costumes, nos écharpes aux motifs étranges, nos chapeaux de chasse, nos tee-shirts aux curieuses sentences. Mais on se sent étrangement fiers.

On commence de suite la journée avec une session photo avec Amanda Abbington. Elle est si adorable que cela vous met à l’aise de suite. Cette actrice est un vrai rayon de soleil. Du coup, câlin du matin, ça fait du bien.

On circule bien mais les queues sont déjà longues et afin de collecter tous les autographes, on est obligés de ruser et de se relayer. Pas le temps de traîner. Si nos guests signeront près de 700 autographes (et  parfois plus !) chacun dans cette journée, nous aussi on a un emploi du temps de star, si on ne veut rien rater.

Direction la session photo avec Sue Vertue et Steven Moffat. Il n’y a pas à dire : un Moffat vu de près ça impressionne. Mais eux-aussi sont tout sourires et détendus, plein d’attention. On aimerait rester plus longtemps mais les photoshoots sont rigoureusement organisés pour que chacun ait sa photo. Une minute environ par personne. Il faut être préparé. Néanmoins pas d’inquiétude, si une photo est  vraiment ratée, on vous propose de la refaire. Et puis cette minute-là semble durer bien plus tant l’instant est exceptionnel.

10.45 : Moriarty Time

On pique un sprint. On a rendez-vous avec the criminal mastermind  sur le Main Stage. Impossible de manquer cela. Andrew Scott n’est là qu’aujourd’hui. Le Main Stage est toujours aussi beau et impressionnant. Les équipes d’Arwel Wyn Jones, le set designer ont bien travaillé.

2229-moriarty-time_andrew-scott-2

Andrew Scott (Moriarty)

Un petit coup de musique et l’acteur irlandais entre en scène sous des applaudissements nourris, visiblement ravi d’être là et un peu timide aussi.  Mais très vite, il se laisse aller, joue avec le décor, taquine le présentateur et nous parle de son bonheur de jouer dans Sherlock.

Ainsi que nous le révèle l’acteur, Sherlock est pour lui la première fois que son travail est reconnu par ses pairs. Cela a marqué un tournant dans sa carrière et lui a ouvert des portes. Mais sa plus grande joie, ce ne sont pas les récompenses, l’argent ou la célébrité, c’est le travail qu’il fait chaque jour en lisant des scenarii, en travaillant un personnage.

« I always do the more. »

Andrew Scott. Sherlocked. 24/09/16

Quand le public lui demande s’il a des difficultés à laisser le personnage de Moriarty derrière lui en rentrant le soir chez lui, il éclate de rire : « Seriously ?! »  Non Andrew Scott n’est pas un schizophrène psychopathe, c’est un être humain chaleureux qui nous révèle quand même :

« I prefer playing Moriarty (than another villain) he’s the best. »

Andrew Scott. Sherlocked. 24/09/16

Il nous parle encore un peu de la relation Sherlock/ Moriarty qui sont, selon lui, obsédés l’un par l’autre, le temps d’évoquer un peu sa propre carrière, le film Pride qui représente beaucoup pour lui et il nous laisse sur un dernier conseil :

« Everybody is different […] Just be who you are. »

Andrew Scott. Sherlocked. 24/09/16

Étrangement, ce ne sera pas le seul de la Convention à donner ce conseil. Ce que l’on apprend : si Moriarty était un animal, ce serait un serpent.

11.30. The soundtracks

Deux autres invités de marque nous attendent déjà sur le Second Stage : David Arnold et Michael Price. Nos V.I.P qui s’ignorent. Ils semblent surpris de voir autant de monde venir les écouter. David Arnold cache son regard sous sa casquette, alors que Michael Price a un immense sourire. Ces deux là forment un sacré duo et vont nous en raconter beaucoup. La première chose qu’ils nous révèlent est qu’ils sont encore en train de travailler sur les musiques de la saison 4 et ils nous promettent du lourd.

Revenant aux origines, ils nous expliquent qu’après avoir vu le pilote, ils ont eu une semaine pour sortir quelque chose. Mais qu’en fait, c’est venu de soi-même, ça a été une semaine d’écriture instinctive. Ils détaillent leur vision de leur travail, insistant sur le fait que chaque élément est lié dans la série. Que même lorsqu’il y a un nouveau personnage, il  y a des connexions. Tout vient du même ADN, ce qui est fondamental pour la musique.

« Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que les gens s’attachent aux personnages, explique Michael Price, Lorsqu’on s’attache, on ressent, on a des émotions. »

C’est bien sur cette « fine balance between emotionnal and technical » que repose le succès de cette bande originale si réussie. Du moins si l’on en croit ses heureux créateurs.

Et nos deux héros du jour semblent ravis de pouvoir échanger avec le public sur le sujet, car ainsi que nous le dit David Arnold :

« It’s an isolating experience writting music for a show on tv. »

Ne t’inquiète pas David ! On est là maintenant et tu vas en avoir pour ton week-end.

Michael Price ( à gauche) et David Arnold (à droite) compositeurs de la bande originale.

Michael Price (à gauche) et David Arnold (à droite) compositeurs de la bande originale.

Ce qu’on apprend : toute cette collaboration a commencé autour d’une amitié, celle de David Arnold et Mark Gatiss, car ce dernier était fan des James Bond. Comme quoi, être fan ça a des résultats extraordinaires parfois.

On collecte encore quelques autographes, notamment ceux d’Andrew Scott et Amanda Abbington qui ne seront pas présents le lendemain. Je bénis le pass Gold qui nous permet de couper un peu les queues. Andrew prend le temps de parler, demander d’où on vient. Il a l’air fatigué mais toujours souriant, affable. On a envie de lui apporter un café. Trois mots à Amanda pour la remercier de sa gentillesse, elle fond et du coup, hop nouveau câlin.

Un petit break. Il y a la queue aux toilettes autant qu’aux autographes. Des cosplays de tous genres émergent des cabines, comme d’un Tardis. Un peu d’eau, un bol d’air, un coup d’œil au planning. On modifie les plans en fonction des avancées de ce matin. L’objectif est de collecter le maximum d’autographes avant les clashes d’emploi du temps de demain pour être sûr d’avoir vu tout le monde.

J’arrive à attraper Steven Moffat et Sue Vertue au vol. Je fais éclater de rire la productrice avec mon tee-shirt « I don’t shave for Sherlock Holmes ». Je profite d’un moment de calme pour aller voir mon équipe technique préférée. J’ai raté leurs talks à ma grande déception mais c’est l’occasion d’échanger quelques mots avec eux.

L'équipe de création Coiffure, Costumes et Maquillage. A gauche Claire Pritchard-Jones (création maquillage et coiffure), Au centre Sarah Arthur ( Création Costumes)

L’équipe de création Coiffure, Costumes et Maquillage. A gauche Claire Pritchard-Jones (création maquillage et coiffure), Au centre Sarah Arthur (Création Costumes)

Claire Pritchard-Jones et Sarah Arthur me confient qu’elles sont ravies d’être là et d’avoir un retour du public sur leur travail, tandis qu’Arwel Wyn Jones, à qui je fais part de mon admiration pour les décors du spécial, me tease en disant: « Et attends de voir la saison suivante. »

On est frappés par l’ambiance bonne enfant, la gentillesse et l’attention que vous portent ces personnes, cast and crew, qui vont pourtant voir défiler des centaines de personnes en deux jours. En parlant de gentillesse, je saute d’une file à l’autre et vais à la rencontre de David Arnold et Michael Price. Grand moment d’émotion.

2228-arwel-wyn-jones

Arwel Wyn-Jones, directeur artistique/set designer

Non seulement je suis absolument fan de leur travail sur Sherlock mais de surcroît, les compositions de David Arnold m’accompagnent depuis l’enfance puisqu’il est le compositeur des bandes originales de James Bond, d’Inpendance Day, Hot Fuzz et du Main Theme de Stargate. Je leur dis. C’est adorable de voir comme ils sont touchés. Sur leur invitation, j’ai droit à une photo en leur compagnie. Je l’ignore encore mais je suis devenue our special friend pour le reste de la Convention.

2.15 Back to the pilot

Retour sur le main stage. En compagnie de Steven Moffat et Phil Davis. On décortique le pilote, sa réécriture, le changement occasionné par le passage du format 60 min à celui de 90 min. Pas le temps de prendre des notes, et rien que je ne sache déjà. Mais Phil Davis apporte un éclairage nouveau en expliquant comment il a travaillé le rôle du chauffeur assassin et en donnant une analyse psychologique. C’est trop court, toujours trop court. Une heure ça passe trop vite et on voudrait toujours en savoir plus. Mon regret sur ce talk est qu’il n’ait pas été appuyé par des extraits. Dommage…

Steven Moffat et Phil Davis ( Jeff the Cabbie in A Studie in Pink)

Steven Moffat et Phil Davis (Jeff the Cabbie in A Studie in Pink)

4.15 The Team players

Décidément on ne quitte plus le Main Stage ou presque. Dernier talk de la journée avec Amanda Abbington et Rupert Graves. Mon dieu ces deux-là sont intenables ! Ils commentent leurs réponses mutuelles, partent en fou rire. Amanda évoque le fait qu’elle ne connaissait pas le passé de Mary, jusqu’au tournage du dernier épisode de la saison 3, ce qui lui a permis de donner cette interprétation fraîche et amicale avant que la facette sombre du personnage ne se révèle. Rupert parle de la relation de Lestrade à Sherlock et ma foi, révise ses répliques avec le public… Et à un moment, parlant de l’attente entre les saisons, tout cela dérape comme une savonnette humide dans une baignoire mouillée. Un « Ho ho ho, it could be Mark ! », s’adressant à une bouteille d’eau faite téléphone par la grâce de l’improvisation, surgit et devient un leitmotiv pour le reste du talk. On passe à peu de choses de la bataille de coussins. J’en oublie de prendre des notes. C’est impossible, je ris trop. Nouveau moment touchant, quand, en réponse à une question, Rupert et Amanda en chœur, faisant écho aux propos d’Andrew sans le savoir, encouragent à être soi-même.

Avant de filer, on réussit à attraper l’autographe d’Una Stubbs dont la file s’est enfin réduite. On avait tenté le coup trois fois depuis le début de l’après-midi. La doyenne du casting fait partie des membres les plus aimés du casting. Je la remercie d’être restée si longtemps. Elle aussi se montre délicieusement adorable et me lance un « I love your scard my dear » avant que je ne parte.  Comment ne pas fondre ?

Fin de la journée pour nous. Le bilan est très positif. On a réussi à tout gérer ou presque. Il faut avouer que globalement l’organisation est bien rodée. On circule facilement. Les files d’attente sont bien gérées et le staff d’organisation est vraiment là pour aider. Il est temps d’aller admirer Londres la nuit avant de repartir pour de nouvelles aventures. Demain deux lead guests nous attendent : Mark Gatiss et Benedict Cumberbatch himself !

La Main Stage, reconstitution du décor du 221B Baker Street.

La Main Stage, reconstitution du décor du 221B Baker Street.