Découvert sur le net, le court métrage Lights Out a tapé dans l’oeil des producteurs dont James Wan pour en faire un long-métrage.

Lights Out est un court-métrage qui a été maintes fois partagés. Le concept est très simple. Une femme se sent suivie par une entité quand elle éteint les lumières de chez elle.

David Sandberg reprend la caméra pour adapter son court en long et rajouter ce qui manque artificiellement. Il embauche Teresa Palmer (croisement entre Kristen Stewart et Alycia Debnam-Carey) et Maria Bello pour une histoire de famille hantée par un démon.

On peut craindre des longueurs inutiles, que Sandberg tire sur la corde, qu’il rajoute un inutile background à la menace… Nos craintes ne sont pas toutes vérifiées. En effet, le film rajoute un background utile au récit, utile pour que le public ne sente pas lésé, utile pour qu’on balise au mieux le scénario, mais inutile pour les adeptes du mystère. Une menace venue de nulle part peut aussi très bien faire le job et même augmenter le potentiel d’épouvante. L’origine du démon est finalement plutôt bien vue et parle d’une thématique jamais traitée au cinéma.

Lights Out est du même acabit qu’Annabelle. Le film joue sur des jump scares rances supportés par une musique stridente qui ne débarque que pour renforcer l’effet. L’artifice prend une fois mais ne prend plus. Le gimmick devient insupportable et annihile toute ambition d’épouvante. Graphiquement, l’idée est bonne. Le démon tapi dans l’ombre ne peut se montrer dans la lumière. Sandberg se sert intelligemment de l’idée dans plusieurs scènes bien senties. Pour ce qui est des attaques du démon, on reste en terrain connu, même trop connu. On ne frémit pas. Sandberg semble d’ailleurs à court d’idées après 40 minutes. Les personnages se répètent les mêmes informations à longueur de scènes. Le nombre réduit de personnages ( 4) réduit les interactions intéressantes et le script traîne. On ressent bien le manque cruel de développement. Sandberg ne semble plus savoir quoi raconter avec ce démon. Le concept réduit le champ d’action et limite grandement l’ambition du métrage. C’est donc au bout de 80 petites minutes que Sandberg décide de terminer son récit avec une conclusion expédiée et facile. Le climax fait de la peine et n’est sauvé que par 2 idées de mise en scène bien senties mettant en scène un flic et l’effet de ses coups de feu, et la lumière noire.

dans le noir

Limité par le pitch, Sandberg ne déploie aucun génie, se noie dans les clichés du genre mais parvient à proposer des personnages loin d’être bêtes. Le gosse est bien écrit, mature, les personnages secondaires ne tombent pas dans l’idiotie crasse et Sandberg semble les aimer puisque la mort ne vient pas beaucoup rôder autour d’eux… Dans le Noir n’invente rien et ne réinvente rien non plus. C’est un produit somme toute dans les normes (un peu trop basses d’ailleurs) qui parviendra à plaire aux amateurs du genre, comme on dit, vous savez ce public immonde qui empêche le bon déroulement des séances de Conjuring 2.