Il y a quelques semaines s’est terminée l’une des meilleures séries que vous ne regardiez pas, Togetherness. Loin des séries de genre, loin des séries policières et loin des séries comiques, Togetherness renferme tout ce que la vie nous donne : des sentiments, des émotions et du partage.

Certains ne veulent pas regarder une série qui leur rappelle leur propre vie ou même le monde réel. Mais souvent, on se plait à voir des gens vivre aussi naturellement que possible sans dramaturgie imposante et imposée. Togetherness avait réussi à me toucher dès le premier épisode. La saison 2 a commencé sur les mêmes bases avec des minuscules réserves (lire notre article sur la première partie de la saison 2). On ne reviendra pas sur ce qui fait le sel de la série, on ne pourrait rajouter plus de choses. Ce n’est pas parce que la série n’a plus rien proposé mais simplement que la série repose sur des thématiques statiques et des traitements vraiment étroits. Encore une fois, cela ne veut pas dire que la série tourne en rond ou ne propose rien.

togetherness

La série a terminé sa vie après 16 petits épisodes répartis en deux saisons. La saison 2 avait pris son envol avec la fin du magnifique épisode 3. A partir de là, la saison proposait quelque chose d’un poil différent de la saison 1. Le fait que Brett et Alex montent leur spectacle et que Michelle ait ce projet d’école avaient un peu éloigné la série de sa franche sincérité. C’est peut-être ça qui me pousse à écrire sur cette fin de saison / série car ces fils rouge semblaient trop légers face à la complexité des émotions en place. Pourtant, au détour d’une scène, on comprend vite que ces projets personnels sont là pour exorciser des démons intérieurs. Les 4 personnages étaient perdus mais pas perdants. Ils avançaient sans phare.

Les épisodes proposaient souvent des situations un peu rares en série. Qui aurait cru que voler du sable pourrait rendre une scène improbable mais avec un degré de vérité fort? La grande force de la série est de marier la sincérité des sentiments avec les surprises de la Vie. Et conclure Togetherness presque précipitamment était un défi de taille. Les scénaristes devaient-ils terminer dans la tradition du mélo drame ou devaient-ils simplement laisser les portes ouvertes ? Le dernier épisode pousse à se poser la question puisque l’épisode est un des plus légers de la série et n’arrive pas à transcender ce que cette saison 2 a proposé. Il conclut la saison mais semble maladroit dans l’envie de fermer définitivement la série. Les personnages sont sacrifiés sur l’autel de la conclusion narrative et on perd un peu de poésie. Finalement, la cellule familiale qui avait un peu disparu cette saison se retrouve au centre de cet épisode. Maladroitement, la série se tourne alors vers des épilogues où l’inspiration manque.  Il n’y a bien que Tina qui semble trouver une conclusion d’une imprudence certaine. Son ultime scène joue autant sur les non-dits que sur ce qui se déroule sous nos yeux.

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Pourtant Togetherness se permet un tour de force étrange et fascinant à la fois. Alors que l’on était dans un état proche de l’auto-psy à chaque fin d’épisode, on se plait à être heureux en fin de série. A l’image d’une psychanalyse, on comprend que Togetherness, qui était une parenthèse délicate pour les personnages, nous a donné à réfléchir et à comprendre que, par-delà tout ce qu’on vit, on ne se construit pas, on se découvre petit à petit.

Merci les Duplass.