En début de saison, on se demandait s’il fallait s’intéresser à Supergirl, puis quelques mois plus tard, s’il fallait continuer la série. Désormais finie, cette saison 1 de Supergirl nous questionne sur le bien fondé du projet et sur son potentiel à venir.

Spoilers éventuels sur quelques intrigues.

20 épisodes et Supergirl se termine par un cliffhanger qui aiguise l’intérêt du prochain season premiere. Encore dans le doute sur son renouvellement (même si les scores lui donnent raison), Supergirl a déjà enclenché le fil rouge de sa saison 2 deux scènes après avoir sauvé la planète.

Ne revenons pas sur les arguments et les états de faits que l’on a déployés dans les deux précédents articles. La seconde partie de saison a montré des choses qui prouvent que la série est encore fragile. Si on se trompe sur cette fragilité, alors la série n’a proposé aucune once de potentiel. Entraperçues durant la première partie, les storylines multiples de cette saison n’ont pas accouché d’un produit dense. Au contraire, les intrigues ne s’entremêlaient qu’à de rares occasions, poussant la série à ne pas franchir la limite de la dramaturgie appuyée. Tout est d’une facilité déconcertante dans les enjeux et rien ne nous fera penser que Supergirl pouvait être autre chose qu’un honnête divertissement.

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Astra / Non, la popularité de Supergirl, Jon Jonzz, Maxwell Lord sont les 4 mamelles du contenu proposé en cette fin de saison. Le premier a été réglée avec un tournant dramatique plutôt bien pensé, ramenant l’image de la mère sur le devant de la scène. Le regard maternelle, le repère familial, sont des thèmes qui méritent qu’on s’y attarde et Supergirl a réussi à donner une dimension un peu plus tragique avec cette intrigue. Pourtant, rapidement, la série n’a pas joué sur les codes feuilletonnants des conséquences de ce drame. Supergirl est influencée par la kryptonite rouge et dans un élan conduit par Smallville, nous offre un épisode des plus idiots dans son traitement. Quand Clark mettait son blouson de cuir et ses lunettes (si ce n’est pas pour enfourcher une moto), Kara met un costume noir et fait peur à tout le monde. La cohérence aurait voulu que la place qu’elle occupe parmi les Terriens soit plutôt encensée vu qu’elle y montrait des faiblesses psychologiques. Les scénaristes ont choisi d’en faire une indésirable, une menace. C’était  intelligent un instant, le temps de faire le parallèle avec le traitement choisi pour Superman au cinéma. Cependant, la résolution de cette intrigue a été fait à l’aide d’une pirouette ridicule, limite niaise. La foule qui protège Supergirl et les pompiers qui la sauvent, on n’avait jamais vu ça depuis la propagande des années 70. N’hésitez pas à aller relire notre critique de cet épisode qui était le crossover avec Flash.

La bonne surprise vient de Hank Hershaw qui n’était autre que Jon Jonzz. Son personnage gagne grandement en charisme et offre un allier de choix à Supergirl. A l’opposé, Maxwell Lord aurait du / pu être un Lex Luthor pour Kara. Au fil des épisodes, sa menace s’amenuise, son côté evil aussi et il ne devient qu’un pale love interest pour Cat Grant.

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Les derniers épisodes ont permis d’ouvrir le sas aux intrigues pour une éventuelle saison 2. Outre ce fameux cliffhanger de fin de saison, il a été question du projet Cadmus (connu dans l’univers de Superman) et du père adoptif de Kara. Il y a donc une bonne chose pour l’année prochaine : le projet Cadmus a un fort potentiel et Dean Cain aura du boulot pour 2017. On se crispe un peu avec l’amourette entre Kara et Jimmy qui n’est ni charmante, ni intéressante.

La série a réussi à se libérer du poids « Superman » et à prouver que l’univers était cohérent même avec un surhomme qui habite près de National City. Une Melissa Benoist parfaite, des effets spéciaux très honnêtes, de l’action aucunement ridicule et des personnages en place vont pouvoir donner une saison 2 plus carrée si les scénaristes se permettent enfin d’offrir une série un peu plus de niche à la CW plutôt que de faire du CBS.