Emmy Rossum est accaparée par Shameless où elle excelle, Justin Long multiplie les petits films sans briller. Quand les deux se rencontrent pour une romance moderne signée Sam Esmail (Mr Robot), on se retrouve devant Comet, énorme surprise indé. Le film vient de sortir en DVD et VOD.

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Dell rencontre Kim. Dell et Kim ne sont plus ensembles. Dell revoit Kim. Kim croise Dell. Des situations types d’une histoire d’amour comme on en a vu beaucoup au cinéma. Il y a quelques années, on découvrait 500 Days Of SummerZooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt nous proposaient leur histoire dans un film non-chronologique. Brillant et devenu référence, le film n’a jamais été égalé. Comet se veut un fils spirituel du film de Mark Webb en proposant une narration eéclatée avec un soupçon de multi-destinée à la Mr. Nobody (2009) et une pincée de
Blue Valentine (2010).

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©IFC

Difficile de trouver des comparaisons puisque Comet n’est pas une histoire de « what if ». Au tout début du film, une indication précise que tout se passe sur six ans (et dans un univers parallèle) et que les deux personnages seront à des stades différents de leur relation. Il faut creuser plus loin et trouver la réponse en milieu de film pour comprendre la logique du projet. Toute situation a un début, un milieu et une fin et Comet propose ni plus, ni moins que de déconstruire une relation, une histoire d’amour avec ces hauts, ces bas, et même les phases de séparation pour dresser le portrait de moments avec leursdébut, milieu et fin. Chaque histoire d’amour terminée est encore une histoire d’amour. Elle ne s’arrête finalement jamais tant que les personnages se croisent. Cette idée de finalité est présente à plusieurs moments du film. Le personnage de Kim (jouée par la bluffante Emmy Rossum) juge la vie comme une perte littérale de temps. Ce temps qui passe l’énerve, elle aimerait que le plaisir de la vie soit comme une peinture et pas comme tous les autres divertissements qui ont un début et une fin. Une peinture n’a pas de début, ni de fin, c’est un instant que l’on cueille et que l’on définit nous-même. Dell (Justin Long, sous-estimé et sous-employé à Hollywood) prend la vie comme une quête de l’instant d’après. Les deux personnages se rencontrent, s’aiment, se repoussent et se complètent.

Plaçant cette histoire dans un monde parallèle (la présence de deux soleils souligne cette idée), Sam Esmail, dont c’est le premier film, donne un ton différent sans réelle pertinence. Reste une mise en scène très inspirée où les décadrages sont légions, où la caméra suit doucement les personnages (on oublie le faux raccord flagrant après 5 minutes). Ajoutons à cela des décors et une lumière assez oniriques, des transitions travaillées, et on obtient vraiment un projet original, audacieux et étonnant. On reprochera juste au film d’être trop prolixe rendant l’heure et demie un peu longue (ce que ne laissait pas présager la bande-annonce). Irrémédiablement, les moments taiseux sont rares et auraient laissé la poésie parler d’elle-même. Un manque d’humour laisse aussi une petite amertume. Tout est bien trop sérieux et laisse le spectateur trop prisonnier de l’ambiance.

Comet reste une réussite formelle portée par un duo d’acteurs qui accaparent 98% des scènes. C’est troublant, fascinant et possède une petite morale intéressante sur la manière d’aborder la vie. La logique et finalité du film ne coulent pas de source mais le film fera débattre. Comet est assurément une très belle surprise, un film indépendant audacieux qui nous fait attendre le prochain projet d’Esmail avec impatience.

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