Autour des grosses sorties séries attendues et souvent décevantes, il y a des séries comme Superstore qui viennent égayer la morne saison.

Superstore, c’est simple comme Brooklyn Nine-Nine dans un supermarché, comme The Office chez Carrefour Market ou… une série sur le Buy More de Chuck. Superstore vient de l’esprit de Justin Spitzer, scénariste pour The Office. On suit Amy (Americ Ferrara, Ugly Betty), employée à Cloud 9 depuis 10 ans. Le magasin accueille un nouveau, Jonah (Ben Feldman, A To Z). Autour d’eux, toute une galerie de personnages bien campés, la co-gérante qui fait penser à un Dwight Scrute féminin, l’handicapé raleur, le manager un peu niais et l’ingénue du coin.

Superstore aurait pu être une série déjà vue, pas drôle. Au final, elle est fraîche et bienvenue. On retrouve les réflexes des séries chorales à la The Office avec des personnages tous très différents réunis dans un lieu que le grand public connait bien. Véritable petite ville, le supermarché est un haut-lieux d’échanges et de partages. Superstore parvient à utiliser les moments de vie du magasin pour les transformer en situation comique. Ponctués par des inserts sur des moments pris sur le vif (un bébé abandonné dans un rayon…) le premier épisode parvient à trouver son identité et son rythme. Tout est bien rythmé, bien ficelé et on trouve les personnages attachants rapidement. Ben Feldman joue toujours le même rôle de boy next door sympatique, charmeur et bon pote alors qu’il est plaisant de revoir America Ferrara dans un rôle plus terre à terre qu’Ugly Betty.

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Le premier épisode arrive à instaurer du romantisme et de la poésie qui viennent titiller les adorateur du couple Jim / Pam de The Office. Soudainement, Superstore gagne en épaisseur et on se retrouve devant ces moments rares de communion avec le produit sériel, ces moments qui arrivent plus tard dans certaines séries. Superstore parvient à cocher toutes les cases de ma fiche d’appréciation en un épisode. Il reste néanmoins des points à travailler comme les rôles secondaires. L’erreur du second épisode a été de centrer l’intrigue sur le gérant qui n’a pas encore les épaules ni le background nécessaire pour tenir la distance et l’appréciation du public.

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La série ne deviendra sûrement pas un hit et fera partie de ces séries qui ont réussi à créer quelque chose qui disparaîtra à cause de mauvaises audiences et qui ne pourra jamais être réitérée. Ce douloureux processus créatif anéanti par le couperêt de l’audience remplit les cimetières de concepts quasiment impossibles à reprendre pour les années à venir. Alors les séries mortes deviennent des exemples à ne pas suivre… Ce soir, l’épisode 3 est diffusé. Si c’est mauvais, on regrettera le concept, si c’est très bon, on regrettera la série quand elle sera annulée. Si l’audience suit, on devra profiter des épisodes disponibles mais… ne vous y attachez pas trop, ça peut faire mal….