Le dernier long-métrage de Mamoru Hosoda reprend ses thèmes habituels de l’apprentissage de la vie couplé à la phase d’adolescence difficile.

Après La traversée du temps et Les enfants-loups, le fondateur du studio Chizu, c’est-à-dire l’un des animateurs Japonais les plus renommés, revient avec sa dernière création, Le garçon et la bête (Bakemono no ko) qui sortira sur nos écrans le 16 janvier prochain grâce à Gaumont.

Le monde des humains et celui de bêtes (Jutengai) coexistent plus étroitement qu’ils ne l’imaginent. Mamoru Hosada laisse libre cour à son imagination dans son scénario où il construit un univers mythique non peuplé de yokais, mais de bêtes. Dans Le garçon et la bête, empreint de couleurs vives et d’un character design très moderne, le spectateur est plongé dans une aventure épique et honorable. Visuellement, les deux lieux s’opposent, le monde des bêtes ressemble à n’importe quelle ville nippone de la campagne un peu traditionnelle, alors que le nôtre se contente de montrer le carrefour « Times Square » de Ginza et quelques stations de métros près de Shibuya, et la rumeur veut que le mal hante les êtres humains rongés par leurs tentations.

©Gaumont

©Gaumont

Ren, fugueur après la mort de sa mère, atterrit par accident perdu dans le Jutengai où les humains ne disposent pas le droit d’asile normalement. Dans le royaume, le seigneur est sur le point de se réincarner en dieu (il va s’élever comme un Ancien en gros), et il doit donc désigner son successeur. Deux candidats se présentent comme favoris, l’avisé et père de famille Iozan-sanglier, et l’irascible et malpoli Kumematsu-ours. Pour prouver sa valeur, ce-dernier doit prendre un disciple à son compte, et met la main sur Ren. Même si c’est plutôt le disciple qui choisit son maître (qui n’est jamais adressé comme le sensei, remarquez-le bien)… Rebaptisé Kuyta, ils vont s’équilibrer l’un et l’autre et s’apporter ce qu’ils ignoraient manquer, du respect, de l’affection et une famille.
L’intrigue avance doucement, le début se déroule tout en douceur pour réconforter de la tragédie que le jeune Ren a connu. Il emprunte le chemin de la maturité pas à pas pour se concrétiser dans un combat final où les effets spéciaux sont des plus beaux. Le point larmes est atteint avec une décision brutale de Kyuta, et le point kawaii du film se retrouve dans Chico, soi-disant une souris blanche, mais tout le monde reconnaîtra juste une boule de poils avec des yeux qui pousse des cris trop choux. L’aspect folklorique, on l’obtient avec le voyage d’apprentissage et les combats composés d’un mélange de kung-fu et de kendo traditionnellement japonais, les habits d’époque et le système féodal des bêtes.

©Gaumont

©Gaumont

Le garçon et la bête vous fera retenir le nom de Mamoru Hosoda si ce n’était pas encore le cas avant, celui qui succèdera peut-être à Hayao Miyazaki avec un style graphique plus moderne. N’oublions pas que sur son CV, effectivement, le film de Digimon prend une ligne et l’un des long-métrages de One Piece également… Ce quatrième film parade bien sûr sa maîtrise des effets numériques, mais avec le savoir-faire de dessinateur des mangaka japonais. Comme dans ses réalisations précédentes, les personnages principaux sont parfaitement décrits et écrits, mais les personnages secondaires manquent d’envergure. Que ce soit Kaede qui se borne à remplir le rôle de l’admiratrice et soutien moral, ou encore le duo Tatara et Momoaki en retrait. En plus, dans Le garçon et la bête, si on exploite en profondeur la relation père-fils, comme nous l’avaient habitué Hosoda avec toutes ses relations familiales, on est en présence d’un héros, alors que les protagonistes principaux n’étaient que féminins jusque-là, avec un homologue masculin pour la romance, bien sûr, mais plus développés que Kaede qui reste inutile. Puis il faut croire que dans le monde des bêtes, les femmes ne servent qu’à la reproduction car elles n’apparaissent tout simplement pas…

(P.S. : Pour l’anecdote, c’est Suzu Hirose qui jouait dans Notre petite sœur qui double Kaede, et Kôji Yakusho pour Kumatetsu… Ils s’occidentalisent à utiliser des acteurs plutôt que leurs doubleurs supra-connus !)