Grâce à l’équipe de Paris Manga, nous avons pu également rencontrer John Rhys-Davies, bien connu au cinéma pour ses rôles de Gimli dans le Seigneur des Anneaux et de Sallah Mohammed Faisel el-Kahir dans Indiana Jones, notamment. Interview avec un acteur on ne peut plus charmant et agréable.

Quelle fut votre impression au moment de retourner sur les plateaux de tournage pour tourner Le Hobbit ? Quelle différence y avait-il avec le moment de tourner le Seigneur des Anneaux il y a des années ? 

C’était très étrange, comme retourner dans votre ancienne école 5 ans après l’avoir quittée. Très étrange. Mais c’était merveilleux de tous les voir, et assez énervant de voir qu’ils avaient tous peu de maquillage à se faire mettre, alors que je devais y passer pendant des heures. Mais je suppose que c’était un choix du studio : vous ne pouvez pas faire endurer à 30 personnes la même torture à laquelle j’ai dû me soumettre (rires). Je vais vous donner quelque chose à laquelle ceux qui vous suivent devraient jeter un oeil : je fais une nouvelle série, pour MTV, appelée Shannara (The Shannara Chronicles, ndlr, qui sort bientôt). Je pense que ca va être énorme : brillamment interprété, avec des magnifiques jeunes acteurs, excellemment écrit, donc gardez un oeil là-dessus également. Ca sort à l’automne, ou début du printemps prochain, je ne sais plus.

A l’époque des reboots, des remakes, tous ces films qui reviennent à la mode comme Terminator ou Jurassic Park, qu’en pensez-vous, et pensez vous que Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux pourrait, dans le futur, avoir son nouveau film ?

Un remake du Seigneur des Anneaux me paraîtrait très discutable aujourd’hui. Mais dès qu’un studio voit qu’il peut faire de l’argent, il le fait. Ce n’est plus une question de besoin d’argent, mais de faire de l’argent. Et bien sûr, avec le système de studios, il y a un manque considérable d’imagination créative. Ainsi ils veulent se nourrir du passé et de ses excès. Mon vieil ami J. Thompson me disait : « Je n’ai pas de problème à ce qu’ils fassent des remakes, mais pourquoi pas de films qui n’étaient pas très bons et les améliorer, plutôt que de ceux qui étaient splendides et s’amélioreront difficilement ? ».

Vous savez peut-être que le Tolkien Estate qui a les droits sur les livres de Tolkien, a déclaré ne pas avoir aimé Le Seigneur des Anneaux et le Hobbit, les qualifiant de « blockbusters sans âme », ne rendant pas hommage au travail de Tolkien. Qu’en pensez-vous ? 

Je pense que la meilleure chose qui soit arrivée aux ventes de Tolkien a été Le Seigneur des Anneaux (le film, ici, ndlr). Je ne me rendais pas compte que le problème était d’ordre créatif. Je pense que le film était une magnifique visualisation de son travail. Ce que New Line et Paramount (les producteurs, ndlr) ont fait, cependant, du point de vue du merchandising, est honteux. Vendre l’image de Tolkien à des casinos, sur des machines à sous, est au-delà de l’intolérable. Mais bon, vous ne pouvez pas espérer de la moralité de la part d’un studio, les studios Américains sont organisés ainsi. Mais ce n’est que mon avis. Quant à savoir si Le Hobbit est une mauvaise imitation du livre, je pense que c’était un peu pousser que d’en faire une trilogie, mais c’est l’économie de cinéma, de réalisation. Et le Tolkien Estate a peut être ici le droit de se plaindre. Mais pour être honnête avec vous, je ne pense pas que Le Hobbit se lise aussi bien que Le Seigneur des Anneaux, mais d’un autre côté, je pense que Tolkien serait vraiment heureux de ce qu’est devenu Le Seigneur des Anneaux au cinéma.

Sur un plan plus personnel, on vous a peu vu en comédies. Par choix, par manque de propositions ? 

Vous savez, vous avez souvent des propositions pour jouer ce qu’on vient de vous voir jouer (rires). C’est ainsi que le casting marche. Et vous avez à prouver que vous pouvez élargir les frontières de ce que vous savez faire à travers le rôle qu’on vous a donné. Mais vous savez, quand vous acceptez un rôle, vous devez le jouer au meilleur de vos capacités et vous vendre au mieux. Suis-je capable de jouer dans des comédies ? Je le pense (rires). Je l’ai déjà un peu montré dans Sliders, par exemple, et Gimli a lui-même une part de comique : le plus grand secret de Gimli est qu’il ne se rend pas compte de sa petite taille, et ca donne un certain niveau de comédie au personnage.

D’ailleurs, en parlant de Gimli, comment passe-t-on de votre carrure à celle d’un nain ?

Quand on parle de Peter Jackson, on parle de l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps. Il connaît tous les trucs, et comment les associer. Et quand vous y pensez, créer des personnages de cette taille est tout à fait possible. C’est le coeur de la chose : si vous n’y croyez pas, si vous ne croyez pas en ces personnages et leur relation au monde qui les entoure, alors vous n’avez aucune crédibilité dans le film. C’est une chose qui m’a frappé quand j’ai commencé ma carrière : ne pas y croire ruine le personnage. Mais la chose centrale ici est cette incroyable réalisation, et pas seulement ca, mais aussi le fait que Peter Jackson a crée, en Nouvelle-Zélande, une industrie du film, et a fait exploser le pays aux yeux du monde. Personne n’a fait quelque chose de tel depuis le Capitaine James Cook (rires).

Quels sont vos plans à plus ou moins long terme ?

Ouh là, vous voulez vraiment savoir ? Je vais vous le dire (rires). Un peu de radio à Londres, puis la Comic Con de New York, et assister à la première de The Shannara Chronicles, puis je tourne un film à la Nouvelle-Orléans jusqu’à la mi-novembre, puis je vais tourner à Toronto, et également jouer un petit rôle dans un film que je co-produis, avant une convention au Brésil en décembre. Puis aller en Nouvelle-Zélande passer les fêtes en famille. En février, je tournerai un nouveau film, je pense, en Allemagne. C’est le plus loin que je puisse voir ! (rires)

Merci à John Rhys-Davies pour sa gentillesse, et merci à l’équipe de Paris Manga de nous avoir accordé cette possibilité d’interview !