On en attendait beaucoup, de la Terre Brûlée… Souvenez-vous, l’an dernier, on vous disait qu’on avait beaucoup aimé le premier film de la saga du Labyrinthe, vraie bonne surprise pleine de bonnes idées, avec tension à la pelle et vraie intrigue bien ficelée. Au vu du succès du film au box-office, il n’en fallait pas plus à la Fox pour donner le feu vert à une adaptation du second épisode, la Terre Brûlée.

Thomas et son groupe sont enfin sortis, non sans pertes et séquelles, du Labyrinthe. Ils ont vite été récupéré par hélicoptère, par des personnes qui semblent vouloir les aider à combattre WICKED.  Ils sont amenés à une infrastructure sécurisée,, entourée par un désert aride, leurs nouveaux alliés leur offrent gîte et nourriture. Mais ils se rendent vite compte que quelque chose ne va pas …

Le film, et c’est triste à dire au vu de l’attente qu’il génère depuis la sortie du premier opus, risque bien de décevoir le public autant qu’il a déçu celui qui écrit ces lignes. On en est presque, et c’est peut être le vrai reproche à faire en premier lieu au film, à lui trouver le même problème que pour le Septième Fils, en moins exacerbé : quand on a des idées mais qu’elles ne sont pas bonnes, ou alors pas assez, on les oublie et on se contente d’une adaptation copié collé du livre original, quitte un générer un léger sentiment d’ennui à visionnage comme, par exemple, pour le troisième volet des Hunger Games. Dans le cas de la Terre Brûlée, donc, le choix fait est de s’éloigner de l’intrigue centrale au livre (WICKED renvoie les jeunes vers une autre épreuve pour récupérer un antidote), pour une autre proposition, très peu probable et fortement invraisemblable (les jeunes s’enfuient du complexe WICKED pour ne pas les laisser prendre leur sang et sauver le monde).

On veut alors nous faire avaler d’un point de vue moral que les « gentils » que l’on suit agissent avec discernement en refusant de sauver le monde alors qu’ils sont vite au courant du désir de l’organisation d’Ava Page, à savoir ponctionner un peu de leur sang sans jamais leur faire de mal. Soit, le film a besoin d’un méchant mais en l’occurrence cela génère juste une désagréable sensation de suivre des personnages égoïstes et irresponsables, supposés être les héros. La chose n’est pas vraiment aidée par un Aiden Gillen qui en fait des tonnes dans son rôle de « méchant qui veut avoir l’air gentil ». Le film a donc un problème d’entrée, malgré un début plutôt convaincant et empli de la même tension dramatique qui avait tant plu au fan du premier opus. Les héros, clairement identifiés comme tels par leurs dialogues et la mise en scène qui les valorise, font un mauvais choix de base, qui ne sera jamais remis en question durant tout le film, si bien qu’on a la désagréable impression d’être en accord avec l’organisation qu’on essaie désespérément de faire passer pour la méchante, en proposant moult rebondissements pour la plupart asse attendus et plutôt manichéens. Il y a bien complexité et ambiguïté morale dans le film, ce qui pourrait être une bonne chose, mais ce n’est apparemment pas voulu, il y a un vrai décalage entre ce que l’on voudrait comprendre du film et ce qu’il y a effectivement à comprendre.

La Terre Brûlée

Peut être des larves de Griffeurs… en tous cas c’est joli

Au delà de ça, force et de constater que l’effet de surprise a disparu, et que le film ne propose rien de suffisamment consistant pour le remplacer aux yeux du spectateur. Ebauches de personnages secondaires un peu inutiles, danger trop présent et permanent, dialogues brefs, plein de clichés (au choix : le genre Harry Potter j’en ai marre de voir mes amis mourir, ou encore, en parlant d’un mort, il voyait toujours le bien chez les gens, le genre Star Wars j’ai un mauvais pressentiment…), tout cela est noyé, à partir du second tiers du film et jusqu’à la fin, dans une action fatigante et omniprésente, les personnages ne s’arrêtent pas de courir deux minutes… Cela pouvait bien marcher dans le dernier Mad Max car l’action y était très stylisée et esthétique, et surtout était la raison d’être du film, mais ici les personnages sont juste suivis en shaky-cam avec de rares plans d’ensemble et beaucoup de gros plans illisibles sur les explosions et les morts, ce qui rend le tout plutôt désagréable à suivre malgré l’implication évidente d’une musique qui correspond bien aux situations, et d’acteurs toujours très convaincants sans trop bouffer l’écran. Tout cela sans qu’on ait vraiment l’impression de voir l’intrigue avancer (OK, Wicked vous poursuit, Thomas a un passé avec elle, ils sont immunisés … c’est tout ? On avait tout compris à la fin du premier opus).

Malgré cela, on admet pour finir qu’une des forces de l’opus précédent est maintenue dans celui-ci, et sauve le tout en le rendant divertissant et plutôt prenant, c’est l’implication du spectateur. Aussi agaçant et incohérents puissent ils être (WICKED qui veut les enfants vivants et qui bombarde le village où ils se cachent avant de les capturer ? Sérieusement?), les dangers encourus par les protagonistes inquiètent vraiment le spectateur pour le sort de ces derniers, qu’il a mine de rien appris à apprécier malgré leur étrange conduite. Une certaine scène avec les Zombies (pardon, les Fondus) se révèlera particulièrement prenante, et tout ce qui concerne le virus est d’ailleurs mené d’une main de maître d’un point de vue scénaristique.  Par ailleurs, certains détails apercus dans le film (notamment les espèces d’embryons dans des récidipents au début du film) intéressent, et on espère qu’ils ne resteront pas aussi passagers qu’ils ne le sont dans l’intrigue présente.

On ne comprend pas trop ce qu’il s’est passé avec le film, qui oublie, malgré une équipe similaire, presque tout ce qui faisait la force du premier opus, et choisit d’ignorer les meilleurs parties de l’ouvrage dont il s’inspire pour en faire ressortir plus de clichés et moins d’originalité. On espère que le troisième (en une ou deux parties?) saura réparer cela, même si cela a l’air mal parti vu la manière dont les cartes ont été redistribuées par cet opus.

AMD