Sortie aux USA en début d’année sur un petit nombre de salles, Everly débarque en VOD chez nous cette semaine. Et il mérite mieux.

Joe Lynch réalise Everly sur un scénario de Yale Hannon. Dit comme ça, ça ne perturbe personne. Pourtant Yale Hannon était scénariste sur Parenthood, Big Love ou In Treatment. Etonnant vu le résultat qu’est Everly. Joe Lynch a débuté sa carrière avec la suite en DTV de Détour Mortel. Montrant de sérieuses dispositions au genre, Lynch a monté Chillerama, film à sketches totalement déjanté. S’occupant du segment fil rouge, le film était une grosse parodie du genre mais avec encore des maladresses qui démontraient pourtant que Lynch en avait dans le ventre. C’est avec Knights of Badassdom qu’il se remet du cœur à l’ouvrage en parlant de la communauté des jeux de rôle. Toujours dans l’énergie pure et la dévotion aux sous-genres, Lynch n’arrive toutefois pas à s’imposer. Ce film reste dans les cartons pour ensuite être redistribué sous un remontage.
Everly est peut-être la pierre angulaire de la carrière de Lynch. Dans un trip totalement badass, il met en scène Salma Hayek dans 90 minutes de gunfight et de violence jouissive.

everly

©TF1VOD

En deux minutes, on comprend que le film ira droit au but. L’exposition est radicale, les enjeux ne sont que peu expliqués et Lynch pousse le vice jusqu’à obliger le spectateur à être derrière Everly coûte que coûte. On ne sait rien du personnage, on ne sait pas d’où elle vient, ce qu’elle a fait mais elle est dans une position tellement délicate que l’on se prend immédiatement d’affection pour le personnage. Salma Hayek nous apparaît dans une fâcheuse posture, nue, cherchant une arme dans une salle de bain. Rien dans le métrage ne donnera vraiment d’indices sur les tenants et aboutissants de l’intrigue. C’est tant mieux. Everly va droit au but et on ne peut pas s’en plaindre et rien ne transforme Everly en film vide de sens. On comprend qu’une sale histoire de proxénétisme, d’argent et de grand baron viendra découper l’intrigue d’une belle manière.

Salma Hayek joue sa John McLane dans cet appartement où les balles sifflent et le sang s’écrase sur les murs. Dans un huis clos tenace, Everly n’ennuie jamais grâce à une mise en scène rythmée et de l’action jamais redondante. Il faut voir le film ne reculer devant rien pour surprendre. Les cadavres s’entassent, les personnages hauts en couleurs se succèdent et l’impression d’être dans un gros jeu vidéo se fait sentir. La caméra de Lynch sait utiliser l’espace et magnifie Salma Hayek, plus en forme que jamais. La sensation de voir Salma Hayek enchaîner les niveaux à la difficulté croissante donne au film un ton ludique, moderne et évidemment fun. Le dernier quart d’heure est à ce titre inventif, bourru, frais et donne la sensation d’un uppercut de fraîcheur dans la face.

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Everly est un film d’action riche, fulgurant et d’une simplicité étonnante. Joe Lynch a eu le bon projet dans ses mains, il ne reste plus au film qu’à faire une petite carrière sous le manteau pour qu’il tape dans l’oeil de certains producteurs. Lynch mérite un projet important… mais avec un espace de liberté comme il a pu avoir sur Everly. Ca fait du bien à Hollywood et au public.

Everly est disponible chez MyTF1VOD depuis le 17 juillet.