Deux épisodes de The Flash non reviewés avant le final, c’était un peu un désir volontaire de ne pas trop supputer sur le final. Avec le dernier épisode concluant la saison 1, nous pouvons désormais ouvrir le débat. Alors, Flash, réussi ou pas ? Spoilers évidents.

Clairement oui, la saison 1 a été un très bon divertissement, bien tenu, bien fichu et assez addictif. Si Grood était la vedette d’un épisode plutôt chiadé aux allures d’épisode pivot pour mener à un pré-final quelque peu brouillon, le final s’avère être ni surprenant, ni raté. Si le transfert des métahumains dans le 1×22 était un prétexte pour redynamiser les enjeux, il n’a pas permis de partir vraiment confiant sur le final. En effet, on n’oublie pas les enjeux difficilement complexes des précédents épisodes et on pouvait penser que la série était trop à l’aise pour ne pas être suspecte. On s’est trompés. Derrière cette maîtrise bluffante des intrigues se cache un vrai désir d’offrir une histoire qui avance sans temps mort. Il n’y a qu’à voir la première scène du 1×232 qui ne fait pas perdre de temps aux personnages. Et pourtant, on est en face d’un final classique où il ne se passe rien pendant 30 minutes, où chacun se prépare aux dix dernières minutes et où la tension est palpable. Même tout le premier tiers de l’épisode ne perd pas de temps avec une gestion du voyage dans le temps limpide.

Et ce sont ces dix dernières minutes qui nous intéressent vraiment. Barry doit franchir Mach 2 pour ouvrir un vortex pour voyager dans le temps et sauver sa mère, ce qui permettra aussi à Reverse Flash de repartir vers le futur. Personne ne semble se demander comment on choisit le moment exact où l’on veut voyager. Ce n’est que par une phrase anodine lancé par Wells que l’on comprend alors : il faut juste y penser et la porte s’ouvre. Soit.
Barry parvient à revenir dans le passé et dans un geste rappelant Pa Kent dans Man Of Steel, le Flash du futur combattant Reverse Flash dans le passé demande à Flash du présent de ne rien tenter. Dans une scène poignante, Barry dit adieu à sa mère, la rassurant sur le futur de sa famille. Dans le présent, Wells commence à partir non sans nous dévoiler un petit easter egg avec le casque de Jay Garrick aka le premier Flash.

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©CW

A ce moment, on se dit que toute la saison nous a préparé simplement à un statu-quo général. Barry n’a rien fait, rien ne changera et c’est par un twist classique de mort soudaine que l’on comprend que quelque chose pourra changer en saison 2. On avait pris le pari entre sériephiles que Flash pouvait oser le reboot total en saison 2. Les scénaristes ont choisi la solution un peu plus facile de garder les dynamiques telles qu’elles sont (avec ajout d’un mariage précipité, d’une mise au point paternelle). C’est donc Eddie qui en fait les frais avec un suicide qui fait disparaître Reverse-Flash  (et fait apparaitre son vrai visage, inconnu des autres personnages qui ne sont pas surpris) et… fait apparaître un vortex. Le Deus Ex Machina Flashien fait encore des siennes après l’épisode Out Of Time et toute la lignée d’épisodes qui l’ont suivi, les rebondissements étaient moins réussis, maladroits mais encore et toujours utiles à la narration. Ni complexe, ni plate, la série a réussi à proposer des épisodes consistants et une qualité plutôt constante.

Nous voici donc face à un vortex qui avale toute la ville sur son passage. Si on pouvait penser le vortex assez brouillon niveau effets spéciaux quand Flash le traverse, là, le budget explose, la ville se désagrège et nous avons peut-être une scène d’action qui fait partie des plus réussies de la télévision. On parle d’effets spéciaux à grande échelle ! L’épisode se conclue sur un cliffhanger qui est assez extérieur à l’intrigue globale de la saison. Le fil rouge Wells / Reverse Flash / Mère n’a pas trouvé de conclusion satisfaisante mais ces derniers instants ouvrent beaucoup de perspectives entre les univers parallèles, les retours dans le temps et finalement une possibilité immense de redistribuer les cartes.

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La saison a eu quelques temps morts notamment avec Iris ou Caitlin. Le triangle amoureux n’a pas pesé lourd dans le global mais l’a été un peu, lourd, dans quelques épisodes. On ne croit pas en iris, qu’elle soit journaliste, secrètement amoureuse ou fille de Joe. Elle n’est crédible nulle part. Sa relation avec son père a été traitée dix secondes en tout cette saison, elle n’existait que par les yeux de Barry tout comme Caitlin existait par les yeux de Firestorm, qui n’était pas souvent là (4 épisodes). Idem pour le père de Barry qui a vu John Wesley Shipp sous-exploité. Aucune intrigue ne tournait autour de lui à part quand le Trickster était de retour. D’ailleurs parlons de ça.  Pourquoi utiliser l’ancien acteur de Flash dans un rôle différent mais utiliser deux personnages de l’ancienne série dans les mêmes roles (Docteur Mc Gee et Trickster jouée par Amanda Pays et Mark Hamill) ? Imaginez une suite de Smallville où Tom Welling joue Pa Kent et où Michael Rosenbaum revient jouer Lex Luthor. C’est bancal. Oui, d’accord, la série est vieille, ça n’a choqué personne mais alors où est l’intérêt ? Après tout, John Wesley Shipp a pu jouer Flash dans un univers parallèle ? Et si la série osait ?
La saison 1 de Flash est globalement réussie avec une vraie intrigue suffisamment développée pour ne jamais s’ennuyer. On sent une vraie volonté de raconter une histoire.  Les méchants de la semaine n’étaient que rarement ratés et le fil rouge parvenait toujours à retenir notre attention. Grant Gustin emporte l’adhésion avec un jeu un peu limité mais qui s’améliore sans cesse. La CW a une série au fort potentiel et la saison 2 est un vrai défi. On sera toujours là l’année prochaine. On ne peut pas ne pas excuser les défauts, c’est une saison 1 et même si la maturité pointe son nez dans beaucoup de paramètres, il y a du tâtonnement et c’est légitime. Bravo à la CW, à l’équipe créatrice et on n’attend vraiment un univers encore plus fouillé avec Legends of Tomorrow et pourquoi pas Supergirl.

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