Gallipoli est une mini-série australienne en sept épisodes qui pourrait faire de l’ombre à Band of Brothers

Fouillez dans vos mémoires et vos cours d’histoire du collègue, la bataille de Gallipoli définissait l’un des tournants de la première guerre mondiale, au détroit des Dardanelles.

Adieu les séries sur la seconde guerre mondiale, Gallipoli adapté du roman du même nom, s’intéresse à la Grande Guerre avec un point de vue atypique pour nous, fixés sur les tranchées et Verdun, celui de quatre jeunes soldats australiens bien loin de chez eux débarquant sur la plage un 25 avril 1915. Que cela ne vous étonne pas, les sujets océaniques de la Reine ont fidèlement retranscrit et décrit les événements passés grâce à leur correspondant de guerre, un dénommé Ellis Ashmead-Bartlett, interprété ici par James Callis (Baltar de Battlestar Galactica). On nous apprend à l’école que cette guerre a été la plus meurtrière d’entre toutes, et c’est bien l’impression donnée par toutes les scènes de combat. La baïonnette en main, des balles et du sang, la réalité et les morts ne s’effacent pas de l’écran. Les flashbacks accentuent cette séparation, plus jamais ne sera comme avant, le spectateur assiste impuissant au passage à l’âge adulte forcé de ces jeunes plein d’espoir.

©Nine

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Thomas dit « Tolly » (Kodi Smit-McPhee), à peine sorti de l’adolescence, apprend que son frère s’est porté volontaire pour rejoindre l’armée et va être déployé en Turquie pour prêter main-forte aux Britanniques (et par conséquent aux Français) où les Ottomans viennent de signer un accord pour soutenir les Allemands. Il s’enrôle alors à son tour en mentant sur son âge, du haut de ses 17 ans et servira de voix off sporadique tout au long de la mini-série. Comme dans chaque guerre, les ennemis ne sont malheureusement pas toujours les méchants et parfois les chefs de campagne deviennent les vrais responsables à cause de leur incompétence… Les sept épisodes d’une heure racontent une grande fresque épique et brave, où la jeunesse, loin d’être une tare, pousse à l’action et leur détermination n’a rien à envier aux plus expérimentés. Ils côtoient la mort et même si la peur plane au-dessus d’eux tel un vautour, les moments de joie arrivent de temps en temps. C’est cette humanité qui vient nourrir la légende Anzac des esprits des soldats australiens et néo-zélandais morts sur le champ de bataille qui s’incarnent dans les soldats vivants.

Smit-McPhee est bon, très bon dans ce rôle. Ses yeux étranges (et sa tête bizarre) expriment bien plus subtilement les sentiments d’un soldat que tous les dialogues du monde. L’histoire ne nous plonge pas dans des batailles interminables ou dans du pathos à n’en plus finir, mais dans le passé avec une révérence quasi religieuse sans pour autant tomber dans la mauvaise foi. Il ne faut pas s’attendre à un rythme effréné, la mini-série adopte un ton sérieux et une certaine assurance qu’on finit par admirer. L’esthétique fera plus d’un jaloux, et vraiment, les Australiens s’améliorent de plus en plus.

(P.S. : Séries Mania propose les deux premiers épisodes de la mini-série le samedi 18 avril !)