Playstation se met à son tour à la production de série et nous propose Powers, l’histoire d’une brigade spécialisée dans la poursuite de personnages dotés de pouvoirs, et en son sein d’un enquêteur, ayant lui-même perdu ses pouvoirs et qui tente de donner un sens à  ce qui lui est arrivé.

Il est toujours périlleux, face à un pilote, d’apporter une critique négative. Les premières impressions que nous inspire une nouvelle série sont forcément plus soumises à la subjectivité que le bilan que nous pouvons en tirer après une longue familiarisation à son univers. Et les exemples sont nombreux de séries dont les débuts m’ont ennuyé, voire parfois fortement déplu, pour finir par devenir des incontournables de ma passion sériephilique. De plus, tout n’est pas supposé me plaire et il faut admettre que certains succès publics ou critiques me passent régulièrement par-dessus la tête.

C’est pourquoi, j’essaie généralement de suspendre mon avis lorsqu’il est négatif afin de laisser le temps à la série d’installer son propos. Cependant, toutes ne bénéficient pas de cette deuxième chance et un premier tri s’opère forcément. Le seul critère auquel je peux me référer pour justifier ce premier tri est on ne peut plus simple et basique : pourrai-je en supporter un épisode supplémentaire ?

Vous imaginez où je veux en venir, Powers ne passera pas cette première étape. Bien sûr, je ne suis certainement pas la cible visée par Playstation. Je crains cependant que cela ne suffise pas à expliquer l’atterrement grandissant qui s’est emparé de moi face à ce pilote.

Playstation

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Le synopsis me semblait, en effet, porter un certain potentiel et quoique déconcertante, l’entrée en matière nous immergeant immédiatement dans un univers faisant cohabiter et s’affronter humains et personnages dotés de pouvoirs aurait pu me séduire. On sent qu’on s’adresse à un public jeune, habitués des codes des jeux vidéo : les séquences filmées posent l’univers et introduisent l’action. Ce qui sera suffisant pour des séquences entrecoupant un jeu ne le sera cependant pas pour une série.

Le problème principal tient dans le personnage du « héros », Walker, anciennement Diamond dont l’interprétation est juste calamiteuse et la trajectoire ridicule. Les autres personnages s’en sortent à peine mieux et uniquement parce qu’ils sont moins présents et déterminants pour l’intrigue. Le « vilain », la jeune aspirante, la partenaire, aucun ne semble crédible, aucun n’arrive à exister autrement que comme caricature grossière.

Playstation

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Les décors, les effets spéciaux et la mise en scène sont ratés et donnent l’impression de regarder un mauvais film amateur. L’image est juste laide et les séquences sont montées avec les pieds. Les quelques moyens visibles à l’écran donnent un sentiment de gâchis.

Bref, à la fin de cet épisode, je n’ai qu’un seul regret, celui de n’avoir le pouvoir de remonter le temps avant le lancement de ce pilote catastrophique.