Après Kick-Ass, le réalisateur du meilleur film de la saga X-Men nous revient avec une nouvelle adaptation d’une bande dessinée de Mark Millar, avec cette fois pour thème les agents secrets. Nouvelle occasion pour lui de réjouir son monde en le faisant rire un bon coup, et, forcément, ça ne rate pas.

Alors que le monde est en proie à la panique suite à la menace d’un malade mental près à en décimer la totalité de la population, c’est à un jeune garçon de banlieue, dont le père était anciennement agent secret, de reprendre le flambeau et d’éliminer la menace. 

Une promo plutôt efficace, une bande-annonce qui montre quelques uns des passages les plus drôles du film (oui, même ceux qui n’y sont pas !), un casting pléthorique dont on parlera plus avant : tout était réuni pour que le film de Vaughn soit une nouvelle réussite, avec un doute tout de même : que Vaughn retombe dans ses travers. En effet, c’est en revenant quelques années en arrière, en visionnant le premier Kick-Ass que l’on a pu se rendre compte d’une certaine similitude de Kingsman avec ce dernier, ce qui pouvait donc faire craindre, au delà de la subversion bien amenée des deux films, une certaine schizophrénie scénaristique, comme le proposait la fin de Kick-Ass et son coucher de soleil absurde et complètement en décalage avec le reste du film.

C’est plus ou moins l’avantage, et aussi un peu l’ennui, de Kingsman. En effet, celui-ci, si il propose bien la subversion attendue (un prolétariat qui perturbe souvent les plus aisés, des effets sanglants et gore à gogos, des thématiques inhabituelles et assez de gags vulgaires – mais bien amenés –  pour faire rougir Seth McFarlane), celle ci se retrouve une fois de plus un peu prisonnière de quelques scènes très hollywoodiennes (le mauvais hollywood, s’entend), si bien qu’on est en droit de se demander quand Matthew Vaughn arrêtera de proposer un cinéma aussi bicéphale.

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©Fox

Toutefois, laissons là ce défaut plus ou moins important, qui se voit quand même moins que dans Kick-Ass, pour se pencher sur le reste du film. En terme de divertissement, on l’admet avec joie, Kingsman est une joyeuse réussite, cela étant d’abord du à un sens très prononcé de la mise en scène : jamais les scènes d’action (il faut bien le dire, très violentes) n’auront été aussi jouissives que dans ce film, et ce grâce à un rapport musique-chorégraphie qui rappelle le meilleur du second Spider-Man de Marc Webb. Belle occasion d’ailleurs de parler de la bande-son du film, toujours plus agréable à l’écoute : David Bowie, Take That, Iggy Azaela, tout y passe et c’est un vrai délice pour les oreilles.

Au niveau des acteurs, peu de choses à dire, sinon que, comme la légende l’avait prédit, le film propose un Colin Firth en pleine forme et dans un rôle atypique, en sorte de gentleman capable des pires violences pour ses missions, un méchant délicieusement haut en couleurs et hilarant en la personne de Samuel L.Jackson, dans un rôle qui n’est pas sans rappeler celui de Robocop (2014), et, dans quelques scènes, un Michael Caine très efficace dans un rôle pourtant à contre-emploi (ENFIN ! Il n’y a plus qu’à demander à Morgan Freeman de jouer pour Vaughn et on sera comblé !), accompagnés d’un Mark Strong toujours plus séduisant et habité. Seule ombre au tableau, et c’est un peu paradoxal, c’est l’acteur principal du film, Taron Egerton, si peu crédible en prolétaire métamorphosé en agent secret que l’on en vient franchement à regretter Aaron Taylor-Johnson (Kick-Ass), pressenti un instant pour le rôle.

Plus qu’un simple divertissement de salon, Kingsman est donc, malgré ses quelques petits défauts propres au cinéma du réalisateur, une réussite subversive et extrêmement amusante.