L’adaptation Syfy du film culte de Terry Gilliam s’installe tranquillement dans nos salons grâce à une diffusion presque synchro avec les USA. Et dans nos crânes, aussi.

ATTENTION, SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Cole et Railly avaient découvert que, malgré la mort de Leland, le virus responsable de la presque extinction de l’espèce humaine était toujours actif dans le futur. Ayant fui 2015 pour revenir dans son présent, notre voyageur temporel avait également compris que Leland n’était pas le seul responsable de l’apocalypse biologique, mais toute un groupe de personne, « l’armée des douze singes »…

Pour bien comprendre un avis sur la série, il faut saisir une chose : tout amateur du film de Gilliam, pour bien apprécier son adaptation sérielle, doit dès le pilote faire le deuil de l’esthétique originale du film, ainsi que de sa narration délicieusement confuse. Ici, le spectateur se trouve face à une narration épurée, simple mais, il faut bien le dire, diablement efficace. En ce sens, et c’est la majeure différence avec l’objet dont elle s’inspire, la série initiée par Travis Fikett et Terry Matalas raconte une histoire plus qu’elle ne cherche à démontrer quelque chose.

 

12 monkeys

Le cast de la série au complet @Syfy

Ici, pas de plans ou de souvenirs mystérieux et symboliques pour nous, non, mais bien une succession d’évènements plus ou moins fantastiques, qui, si ils ne fascinent pas encore, intéressent et plaisent. Tout ça grâce à des personnages bien écrits (le nouveau Cole est délicieusement psychotique et mystérieux, d’une autre manière que Willis qui proposait une version toute aussi intéressante,mais beaucoup plus autiste du personnage , et sa partenaire forcée est de plus en plus complexe et attirante, tandis que d’autres personnages entrevus, comme Jones, bénéficient d’un léger développement qui fait croitre leur intérêt), un schéma d’épisode assez efficace (chaque épisode, c’est ce qu’ont l’air de promettre ces débuts, sera constitué d’une quête de renseignements à diverses périodes du passé), et une mise en scène un peu trop classique mais tout de même très satisfaisante.

Du point de vue des nouveautés que propose ce second épisode, ce dernier est assez réjouissant : tout d’abord, celui qui sera, on l’espère, le grand méchant de la série, l’homme au chapeau noir, est beaucoup plus convaincant que ne l’était Leland à l’épisode précédent, grâce à une première apparition digne des grands moments d’Anthony Hopkins en Hannibal, et à une interprétation très juste par Tom Noonan. L’arrivée de Cole à l’hôpital psychiatrique permet également l’arrivée du personnage de la fille de Leland, Jennifer (Emily Hampshire, parfaite) devenue folle à la suite d’évènements dramatiques, personnage assez inhabituel dans les séries classiques, dont la folie douce (?) fascine au plus au point. L’épisode propose par ailleurs de belles répliques humoristiques, autant de piques hilarantes et décalées par rapport à l’atmosphère pourtant assez grave (voir la scène de départ de Cole en 2015, et sa discussion avec son partenaire).

Toutefois, même si il est encore trop tôt pour présager, la série, au vu du format qu’elle a choisi, fait un peu craindre pour son avenir. En effet, le schéma proposé dans les deux premiers épisodes n’est efficace que parce qu’il est assez novateur et surpenant, et la baudruche peut bien se dégonfler si l’effet est trop souvent repris. La structure des épisodes est en effet sympathique, mais se pose la question de savoir si elle peut vraiment tenir une saison entière sans lasser le spectateur.

En tout état de cause, l’épisode plait et attire, et donne envie de voir la suite. On en attendait pas moins de Syfy, ni de 12 Monkeys.

A.M.D