C’est aussi l’heure d’un bilan de mi-saison pour The Walking Dead ! Retour sur les 10 premiers épisodes de la série la plus creuse et la plus gâchée de ces dernières années. ATTENTION, DES SPOILERS VONT APPARAITRE.

Walking Dead

©AMC

 

Que retenir, alors ? Vous avez lu nos critiques, qui en ont certainement fait bondir plus d’un par leur véhémence, pensez-vous sûrement. On dira plutôt exigence. Quand on sait que la série a un vrai potentiel, qu’elle l’a montré lors de l’arc « Gouverneur à partir de la saison 3, avant de retomber en fin de saison 4 dans une lourdeur et un ennui mortels, on est en droit d’être un tant soit peu exigeants avec une série qui fait 17M de téléspectateurs. Or, après près de 60 épisodes, la série n’a toujours pas compris que les cliffhangers ne font pas un épisode. Et qu’on arrête de nous faire croire que dans The Walking Dead, il y a une philosophie, parce qu’il n’y en a pas. Soyons sérieux, on est dans une série de zombies, et la seule chose intéressante c’est : quand, comment, pourquoi, des survivants se sont retrouvés ainsi plongés dans une apocalypse zombie et comment ils vont en sortir. Ce qu’on attend, c’est un scénario digne de ce nom, avec éventuellement quelques focus sur des personnages, pour révéler leur nature profonde et comment ces natures vont interagir entre elles. C’est quand même le minimum du minimum pour introduire un semblant de réalisme dans une série au concept très ambitieux.

Walking Dead

©AMC

 

Sauf que The Walking Dead a tout raté. A des personnages avec de la bouteille, elle a substitué des personnages tous aussi insignifiants les uns que les autres, et la saison 5 en est le symbole : franchement, Rick sans son flingue et sa barbe, c’est quoi ? Rien de plus qu’un tocard qui a été fait cocu dès le deuxième épisode (comme quoi même une série apocalyptique peut être comique). Ensuite, quelqu’un peut-il nous dire à quoi dans cette saison ont servi Glenn, Michonne, Maggie, Rosita ? Quelqu’un peut-il nous dire en quoi on peut un tant soit peu s’attacher à la pleureuse Sasha, aux yeux exorbités de Tyreese, au pathétique Père Gabriel, à « j’ai une tête d’acteur porno mais pas trop » Abraham ? Quelqu’un aime-t-il REELLEMENT Carl, Noah ou Dawn, et tout le personnel de l’hôpital, ces pseudo-mafieux sans couilles ? Rick, encore lui, n’a servi à RIEN dans 9 épisodes sur 10, et Daryl, le meilleur acteur de tous, est totalement effacé. Quant à Carol et Beth, elles sont juste des éléments déclencheurs : enlevez-les, et vous n’avez pas de pitch. La saison 5 n’a fait que tourner en rond, avec des personnages plats, réchauffant le même concept de « oh mon Dieu, il y a des zombies, cherchons un refuge » et mettant ledit refuge, en l’occurrence une église, au centre de l’intrigue, nous nourrissant seulement de la mort d’un personnage inutile, Bob, qui est mordu par un zombie puis voit sa jambe dévorée par des cannibales, avant de décéder durant tout un épisode chiantissime et interminable. Ces mêmes cannibales meurent dans l’épisode suivant avec une violence inouïe et non nécessaire, tuant ainsi dans l’oeuf tout espoir d’intérêt un tant soit peu primaire. Le pompon est la mort de Beth, qui si elle surprend par sa soudaineté, témoigne d’incohérences dans l’esprit des producteurs : pourquoi tuer ce personnage, insipide certes, mais dont la recherche a été le fil rouge de toute la saison, et après avoir lamentablement tenté de nous le faire apprécier dans l’un des plus mauvais épisodes de la série ? Enfin, évoquons la part toujours plus grande des armes, qui donne un aspect Call of Duty très dérangeant par son parti pris un petit peu (trop) lobbyiste. En ces heures de fusillades aux USA, il serait curieux d’avoir une discussion avec l’équipe de The Walking Dead, à mettre en relation avec le succès toujours grandissant de la série, ce qui en dirait long…

La révélation somme toute prévisible de l’imposteur Eugene n’était en soi, d’une part une manière très maladroite de remplir le tonneau percé des dialogues, et un prétexte pour encore faire durer le show et annoncer dans la foulée une saison 6 qui s’annonce plus que pénible d’autre part. Plus que jamais, The Walking Dead est un gâchis, mais surtout une énigme. Messieurs Kirkman, Nicotero et consorts, finissez déjà un petit peu correctement votre saison 5, ensuite on verra. A bon entendeur.