A bientôt mi-saison, la prise de conscience est toujours un sujet tabou chez The Walking Dead. Et la qualité continue de s’en ressentir…

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, nous avions droit à un scénario « Feux de l’amour » dans lequel Daryl et Carol, les deux personnages relativement intéressants de la série, et en bons anti-héros qu’ils sont, allaient à la rescousse de Beth qui, faut-il le rappeler, est « retenue » dans un hôpital après avoir raté sa tentative d’évasion. Daryl et Carol se foiraient, et tandis que le premier revenait avec Noah, le complice de Beth, à l’église, la seconde se faisait capturer par les flics de l’hôpital, ce qui explique pourquoi nous retrouvions Carol admise dans ce même hôpital deux épisodes auparavant

Dans l’épisode de la semaine, nous avons (enfin) droit à une vue d’ensemble de tous les groupes : Rick part avec Tyreese, Sasha (qui ne se remet toujours pas de la mort de Bob), Daryl et Noah afin de sauver une bonne fois pour toutes Beth et Carol, Michonne et Carl restant à l’église avec bébé Judith et le prêtre Abraham ; Glenn, Maggie, Tara, Rosita et Abraham sont toujours bloqués au milieu d’une route avec Eugene KO ; et Beth essaie de maintenir Carol en vie par toutes les combines possibles.

7 épisodes. 7 épisodes, et globalement, même l’intrigue de Daenerys dans Game of Thrones, en quatre saisons, a plus avancé que celle de tous les personnages de The Walking Dead. Non franchement, c’est à peine exagéré, et cet épisode en est une preuve marquante : il ne se passe RIEN, vraiment rien, pendant la première moitié de l’épisode, et la seconde moitié, notamment le « twist final », est plus prévisible que l’ambition présidentielle de Nicolas Sarkozy pour 2017, c’est dire. Comme d’habitude, les zombies sont mis au dix-huitième plan, réduits à des clichés d’eux-mêmes (ce qui se résume en tas de quasi-ossements coincés dans la boue, moins vivants qu’un élève de prépa à l’approche des concours, et dont on peut se servir, à l’image de Daryl, comme arme), tout ca au profit d’une supposée accentuation sur les relations entre les personnages. Dans la mesure où cet épisode est le plus pauvre en terme de qualité de dialogue, une telle visée scénaristique s’apparente à une vaste blague. Citons, pour étayer cette thèse, quelques dialogues savoureux : « Tu n’as pas réussi à le faire (achever Bob) parce que tu as laissé l’émotion te submerger » ; « Bois Abraham. Tu n’as rien bu de la journée et ne me dis pas le contraire ». Les preuves sont là : comment développer des personnages aussi artificiels et lisses que le père Gabriel ou Sasha ou Tyreese avec des dialogues pareils ? On dirait même que la série se complaît dans une médiocrité dont les personnages eux-mêmes souffrent (en témoigne le final prévisible 10min avant la fin de l’épisode)

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©AMC

Peut-être que les scénaristes s’amusent à décevoir les attentes des fans, tout en laissant un ou deux détails et un cliffhanger pour conserver ces fameux millions de télespectateurs ? Dans ce genre, la série excellerait. Et encore : la manière de gérer le suspense est de plus en plus maladroite et capillotractée. Un exemple tiré de cet épisode : alors que le groupe de Rick tente une stratégie discrète pour entrer dans l’hôpital, Daryl qui surveille dans la cour de l’hôpital si personne ne s’y trouve, et OH SURPRISE quelqu’un s’attaque à lui par derrière, il combat, et OH MIRACLE, s’en sort. Et non, le plus triste, c’est que ce ne sont pas des zombies, ceux-ci étant englués au sol. Même les cliffhangers finaux sont de moins en moins attractifs et de plus en plus faiblement gérés : ainsi qu’on l’a dit, quelqu’un avec un semblant de réflexion saura comment l’épisode va se terminer. Dans la même veine, le lobby des armes va être de plus en plus heureux avec l’aspect Call of Duty dont la série s’est amourachée depuis maintenant 7 épisodes, tandis que les gamers vont se demander comment des personnages peuvent être aussi mauvais tireurs. Ils se consoleront en se disant que le scénario du mode zombie du prochain opus leur est déjà connu. En parallèle, il reste à savoir également si l’Eglise, en la personne du père Gabriel, le prêtre le plus cliché, le plus lisse, mais surtout le moins profond de l’histoire du cinéma, est désacralisée, ou symboliquement sacralisée comme lieu de refuge pour des gens en pleine apocalypse zombie. De ce point de vue, la série est dans la contradiction.

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©AMC

Ceux qui représentent le mieux ce naufrage sont les personnages. On a évoqué la sur-pauvreté des dialogues et la quasi-inutilité du père Gabriel, pas aidé par l’interprétation plate de Seth Gilliam. Andrew Lincoln se complaît dans une interprétation de papa nounours très décevante compte-tenu du potentiel de l’acteur. Les Tyreese et Sasha sont de plus en plus agaçants, particulièrement dans cet épisode où Sasha ne fait que se plaindre de la mort de son Bob (et le pire, c’est qu’un des policiers se présente sous ce nom devant Sasha !), tandis que Daryl est encore celui qui a le plus de relief par sa faculté à jouer la grogne. On mettra dans le même paquet les membres du groupe d’Abraham, celui-ci étant le meilleur acteur puisqu’il… ne bouge pas de tout l’épisode (à l’image de la série), et les Glenn Tara Rosita étant profondément dispensables.

On nous a annoncé un gros final de mi-saison. On y arrive, et on espère.