Un Game of Thrones dans l’espace ? C’est ce qu’on dit de The Expanse, sachant que l’auteur James S.A. Corey est un nom de plume pour le duo Daniel Abraham et Ty Frank qui a collaboré avec G.R.R. Martin en tant qu’assistant. Grandiose, géographiquement lointain, le premier tome de The Expanse offre complot et esprit héroïque.

Les points communs avec Game of Thones s’arrêtent là, il y a plusieurs personnages mais on ne suit que trois points de vue principaux en narrateur externe. Un complot intergalactique prend place, car oui, l’humanité a colonisé tout le système, de la Lune à la ceinture d’astéroïdes en passant par Mars. Il y a une limite à tout, la ceinture représente la frontière de l’exploration… pour le moment. « Jim Holden est second sur un transport de glace qui effectue la navette entre les anneaux de Saturne et les stations installées dans la Ceinture. Quand lui et son équipage croisent la route du Scopuli, un appareil à l’abandon, ils se retrouvent en possession d’un secret qu’ils auraient souhaité ne jamais connaître. Un secret pour lequel certains sont prêts à tuer, et à une échelle impensable pour Jim et son équipage. La guerre dans tout le système solaire devient inévitable, à moins qu’il découvre qui a abandonné ce vaisseau, et pourquoi. L’inspecteur Miller recherche une jeune femme. Elle n’est qu’une personne parmi des milliards, mais ses parents ont les moyens, et l’argent peut tout. Quand l’enquête le mène au Scopuli et à Holden, devenu sympathisant des rebelles, Miller comprend que cette jeune femme est peut-être la réponse à tout. Holden et Miller doivent désormais jouer la partie en finesse, entre le gouvernement de la Terre, les révolutionnaires des Planètes Extérieures et certaines firmes aux visées secrètes. Et leurs chances sont minces. Mais au cœur de la Ceinture les règles sont différentes, et un petit vaisseau peut changer le destin de l’univers. »

the expanse

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Corey n’a pas cherché à prolonger les choses sur un point, les deux protagonistes principaux se retrouvent assez rapidement pour faire ce que les héros font de mieux : sauver le monde en bravant le gouvernement et la loi. Thriller noir assez classique au final, puisqu’on retrouve l’inspecteur d’âge mûr alcoolique qui s’est fait larguer par sa femme et qui cherche la rédemption avec l’affaire de sa vie qui sauverait une jeune femme d’apparence innocente. Couplé à un capitaine d’un vaisseau idéaliste bourré de principes moraux quitte à en oublier d’être malin… Le reste de l’équipage est encore plus stéréotypé, puisqu’on en sait encore moins de leur passé mais qu’on les définit par des traits grossiers, l’ingénieure de génie, le tas de muscle, le mécano au grand cœur.

Présenté comme un space opéra, le livre ne déroge pas aux règles du genre, avec une menace mystérieuse empreinte d’horreur sans oublier les scènes de combat pour justifier les explosions dans l’espace et le matériel high-tech de lutte. Les ficelles sont faciles, l’originalité est de faire en sorte que le grand méchant est plus une entité qu’un personnage précis. Puis l’idée d’avoir repris l’esperanto en la modifiant un peu pour en faire un patois universel est assez surprenante. C’est le monde imaginé par Corey qui est pas mal du tout. Entre une force rebelle libératrice représentée par l’Alliance des Planètes Extérieures, la puissance de feu de Mars et la tradition de la Terre (on sait déjà qui ne peut pas gagner), le montage est intrigant… La suite exploite plus cet aspect-là d’ailleurs, la diplomatie. Bref, le livre n’est pas désagréable à lire, mais il traîne comme l’aurait su faire Martin… Pour le moment, neuf tomes sont prévus.

Le space opéra n’est peut-être plus à la mode, mais il revient au devant de la scène avec la future adaptation en série par SyFy. L’intérêt ? Retrouver l’aura qu’avait Battlestar Galactica. Et le visuel. SyFy a connu de nombreuses séries bon marché, on pense notamment à Farscape, ou plus récemment à Dominion, mais ici, elle a remporté les droits via une enchère contre une autre chaîne câblée, on peut donc espérer qu’ils vont engager un bon budget. Visuellement, si c’est au niveau de Game of Thrones (ben oui, poussons l’analogie), je pense qu’on n’aura pas de regret. Ensuite, je dois avouer que je suis bien curieuse de voir comment ils vont styliser les Martiens qui sont censés être très grands et fins à cause de leur vie en faible gravité. Puis depuis Firefly, aucune série de science-fiction avec des vaisseaux spatiaux et tout le tintouin n’a été digne de ce nom, alors c’est le moment de redresser le niveau !

Quelques noms du casting ont déjà été annoncés, c’est Thomas Jane (Hung) qui a décroché le rôle de l’inspecteur Miller. D’autres noms comme Shoreh Aghdashloo, Cas Anvar, Steven Strait (Magic City) sont prévus au générique. Ils ont considérablement rajeuni les personnages pour les besoins télévisuels… Une date de lancement n’a pas encore été programmée, mais ça ne saurait tarder.