Le 1er Septembre, Lifetime, spécialisée dans les téléfilms biopics, a diffusé un téléfilm retraçant l’histoire du tournage de Sauvés par le Gong, la sitcom culte des années 90.

Aux premières images, on comprend que l’objectivité ne sera peut-être pas de mise. Dustin Diamond est crédité en producteurs. Le téléfilm est basé sur le livre de l’interprête de Screech, intitulé Behind the Bell. Dans ce livre, Diamond raconte les coulisses de la série et des frasques des acteurs, des mésententes et des secrets. Evidemment, une partie du cast de l’époque dont Mark-Paul Gosselaar (Zack Morris) a réfuté les propos. Finalement, quelques années plus tard, Diamond a mis de l’eau dans son vin et a  pointé du doigt son ghostwriter pour avoir rajouter beaucoup d’histoires dans le livre. On ne saura jamais vraiment la vérité puisque Diamond est connu pour des frasques assez salaces (sex tape) et pour sa Vendetta face au show (qu’il a pourtant poursuivi en tournant pour le spin-off) et on pensait que le téléfilm allait révéler beaucoup de choses !

Finalement, il n’en est rien, on se dit même à la fin du film que Diamond veut se racheter une conduite. Le téléfilm prend le parti de montrer la vision de Dustin pendant une heure et demi en employant le fameux quatrième mur que brisait aisément Zack Morris à l’époque de la série. Il est difficile de juger un téléfilm biopic quand on connaît l’histoire contée. Outre les aléas d’une success story peu originale, on se prend au jeu quand plus de 20 ans nous contemplent. On reconnaît les personnages, les scènes, les décors et on est attiré par cette histoire. Si la durée est finalement courte pour conter une telle aventure, on brosse un beau résumé de ce qu’a pu être le succès de Sauvés par le Gong pour les histories. On reste quasiment dans le cercle intime des acteurs et rarement, on dépassera le stade de la success story pour franchir le pas de la tragédie humaine.

saved by the bell

©Lifetime

Le téléfilm commence plutôt bien avec cette scène, bien mise en musique, du casting de la série qui se questionne sur le succès de la série et qui débarque au milieu d’une foule de fans en folie. Screech / Dustin Diamond va alors faire le fameux « Time Out » cher à Zack pour s’adresser au spectateur. Dès lors, année par année, l’aventure Sauvés par le Gong sera contée. Parlons du casting déjà, mené par le casteur originel de la série. Outre un semblant de doppelganger, la mise en pli façon années 90 fait peine à voir. Mark-Paul Gosselaar est joué par un acteur dont la tête est disproportionnée, pas aidée par une coiffure improbable très éloignée de celle de Zack Morris. idem pour l’interprète de Mario Lopez (Slater) qui arrive pourtant à reprendre les mimiques du modèle. Rien à dire sur le reste du casting, on est dans l’illusion modeste mais correcte.

Sauvés par le Gong était d’abord Good Morning Miss Bliss, une série vite annulée et l’histoire commence là, en 1988 quand la série est lancée puis annulée puis relancée. L’histoire sera alors parsemée d’anecdote comme le casting de Jennie Garth (beverly Hills)  pour jouer Kelly. La narration va vite et se concentre sur les états d’âme de Dustin Diamond qui va vite passé pour un martyr du show business. Assez gentillet, The Unauthorized Saved By The Bell Story ne propose rien d’extravagant entre amourette et rivalité. D’ailleurs, la seule scène qui sonne faux sera celle déjà entraperçue en preview où les querelles improbables lors d’un photoshoot semble définir l’intrigue alors qu’il n’en est rien. Les coups bas sont quasi inexistant du téléfilm, on remarquera juste que la success story a été trop importante pour ces acteurs à peine sorti de l’enfance et directement lancé dans le grand bain d’Hollywood. A ce niveau, The Unauthorized Saved By The Bell Story enchaine donc les scènes « fan service » avec la romance hors écran entre Lark Voorhies et Mark-Paul Gosselaar (Lisa et Zack) ou sur le traitement plus dramatique de certains épisodes comme le fameux épisode de l’addiction aux pilules de Jessie.

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Il faut être curieux et avoir été fan pour suivre ce téléfilm avec intérêt (et noter la référence à Seinfeld aussi) . L’audience assez faible du téléfilm (1.6 million) prouve bien cet état de fait. On est loin du destin tragique d’une actrice ou d’une famille royale. Pour ceux qui pensaient que le téléfilm pouvait relancer la série pour un téléfilm réunion ou un reboot vont être déçu. On aura juste quelques traces d’hommage par les acteurs au fil des années.

Le fameux retour de Zack Morris chez Jimmy Fallon.