The Purge (American Nightmare en VF donc) a été une petite surprise l’année dernière et a confirmé la bonne santé du cinéma de genre au box-office et surtout le flair du producteur Jason Blum.

Blum a produit Insidious, Paranormal Activity et Sinister, soient 3 des plus grands succès du genre de ces dernières années. Avec The Purge, il lance une nouvelle franchise qui a des tripes. Si le premier était plus orienté Home Invasion que véritablement une purge comme le titre l’entendait, cette suite veut répondre à l’attente en offrant véritable un champ de bataille urbain.

Chaque année, la Purge autorise le crime aux Etats-Unis. Ceux qui veulent y participer s’arment et ceux qui veulent y échapper s’arment mais de patience. Un couple se retrouve en panne en pleine Purge. Ils vont devoir échapper à leurs agresseurs.


american nightmare

©Universal

Exit Ethan Hawket et Lena Headey et bonjour les inconnus. Le film perd beaucoup en perdant des têtes connues. Une suite au rabais ? Peut-être pas. On passe la vitesse supérieure avec une Purge qui se passe dans la rue et une violence directe sans ménagement. Le seul souci est que les personnages n’ont aucune épaisseur et on leur souhaite tout le malheur du monde. L’introduction de ces personnages est assez longue et si on nous offre un avant-goût des à-côtés de la Purge avec certains, le reste est assez mou du genou. Le concept de fuir la Purge tient peut-être vingt minutes mais au-delà il faut offrir autre chose comme un challenge qui tient l’heure restante. La bonne idée du film a été d’enrichir le background de la Purge avec une dimension politique et sociale.C’est dans le troisième tiers que l’on comprendra que le rôle de ce second opus est de voir une lutte des classes. Quand le premier est basé sur le port d’armes, ce second s’occupe à gérer les relations entre les individus issus de classes différentes. La Purge est-elle l’apanage de gens pauvres qui n’ont rien, à perdre ou plutôt de ceux qui peuvent se défouler ? La nuance est là et c’est ce qu’American Nightmare tente de dire pendant un long moment sans vraiment oser le faire.

C’est pourquoi le film s’empêtre assez longuement sur des fuites de personnages sans jamais creuser le contexte. D’ailleurs, on ne sera jamais vraiment surpris par les rebondissements malgré toutes les bonnes intentions et attentions. C’est bien emballé mais ça sonne creux à certains moments alors que l’on constate l’inverse à d’autres. Si Jason Blum aime le titre VF (il aimerait que ce titre soit le titre du troisième), cela reste quand même très ancré dans une vision ironique d’une certaine Amérique. Ni trop profond, ni trop abstrait et survolé, American Nightmare 2 est encore à mi-chemin d’une vraie satyre. On en attendait un peu plus de ce second opus. Blum aimerait explorer plus le concept de Purge avec, pourquoi pas, une préquelle expliquant les premières purges. Le concept est tellement fort qu’il serait dommage de passer encore une fois à côté.