Remake italien des « Bracelets Rouges » (diffusée sur Numéro 23), « Braccialetti Rossi » a été présentée par ses producteurs et son réalisateur à Série Series. Présentée comme une fable en milieu hospitalier, elle met en scène six enfants et ados qui vont former un groupe contre toute attente. Elle a cartonné en Italie sur la chaîne publique Rai Uno, mais tient-elle toutes ses promesses?

Au centre de « Braccialetti Rossi », il y a deux personnages : celui de Rocco, notre narrateur en voix-off, dans le coma depuis 8 mois. Et le « leader » mis en évidence dès sa première scène du futur groupe des « bracelets rouges », Leo, amputé d’une jambe et depuis plusieurs mois à l’hôpital. Autour d’eux gravitent quatre autres jeunes : le premier, Valentino, s’apprête à être amputé d’une jambe ; Davide, le plus tête à claques de la bande, hospitalisé après s’être évanoui lors d’un match de basket ; Tony, le plus clownesque, qui a emprunté la moto de son père, et une anorexique, Valentina.

La série se concentre surtout sur leurs réactions et l’acceptation du fait que leur séjour peut être prolongé. Le personnel médical occupe le second plan du premier épisode, qui dure 100 minutes. Une longueur de téléfilm habituelle pour la télé italienne, mais qui n’est pas à l’abri de quelques longueurs. Et même si les bons sentiments vont de pair avec le pitch de la série, qui entend briser les tabous liés à l’hospitalisation des jeunes, le mélodrame est trop souvent présent. La musique est ainsi omniprésente, pour surligner les moments loufoques – les excuses burlesques de Tony – comme les moments plus chargés en émotion. Un choix qui amenuise les efforts des jeunes interprètes plus qu’elle ne les renforce.

La musique vient aussi de nombreux groupes pop-rock italiens, un effet « Glee » qui donne beaucoup de relief et même une certaine énergie au pilote. Il faut dire que des séries mettant en scène des ados ont très rarement été tentées à la télévision italienne : il faut remonter à une dizaine d’années et « Nos Meilleures Années » diffusée sur Rai Due (et en France sur Canal +). Et une surexposition de tous les instants donne un côté volontairement cheap à une série qui ne l’est pourtant pas. Ce que la série avait d’intensité sur le papier est malheureusement souvent gommée par des facilités dans des dialogues : on ne laisse pas vraiment la chance à l’interprète de Tony d’être drôle. Rocco nous le dit d’abord en voix-off, puis une musique légère vient agrémenter ses bouffonneries. De même, une scène émouvante de slow est gâchée plus loin par un flashback, avec des scénaristes absolument désespérés de nous faire accrocher au destin de ces jeunes.


 

A noter le véritable carton d’audience pour la Rai Uno, la chaîne publique qui est l’équivalent de France 2 ici : un pic à 7 millions de téléspectateurs, et un carton sur les réseaux sociaux. Mais aussi une déclinaison sous forme de livres de nouvelles, et une équipe qui croulait sous les courriers élogieux d’aides-soignants et d’enfants malades heureux de l’existence de la série, et du traitement des personnages. Un phénomène de société qui a aussi rajeuni l’audience moyenne (plutôt senior, à 54-55 ans d’âge moyen) de la RAI et a été chercher les plus jeunes. Bref, si le pilote de « Braccialetti Rossi » n’a pas remporté mon adhésion, le pari est plus que réussi pour l’équipe de Sandro Petraglia (également scénariste de « Piazza Fontana » pour le cinéma) et de Giacomo Campiotti. Une seconde saison s’apprête à tourner, avec 10 épisodes de 100 minutes : 4 diffusés cette année, 6 en 2015.