Des hommes et des femmes qui veulent chercher leur coup d’un soir ? Il faut chercher plus loin, Mixology a d’autres choses à dire et à raconter.

Annulée il y a de ça quelques semaines, Mixology n’a pas vraiment à avoir honte de son parcours. Prévue comme une anthologie, la saison 1 avait une histoire bouclée et les audiences étaient plutôt stables même si relativement moyennes (4.2 millions de moyenne). Après 13 épisodes, revenons sur cette série pas si idiote écrite par les scénaristes de Very Bad TripJon Lucas et Scott Moore.

C’est l’histoire de 10 inconnus, d’une nuit, et de toutes les choses stupides, embarrassantes et ridicules que l’on peut faire… pour trouver l’amour. Ainsi commence chaque épisode de Mixology. Le concept est assez simple de prime abord et durant 13 épisodes, nous verrons évoluer dans un même endroit, une dizaine de personnages plutôt bien campés. Au casting, des têtes plus ou moins connues comme Blake Lee (Parks and Recreation) , Adam Campbell (Harper’s Island), Vanessa Lengies (Glee) ou encore Frankie Shaw (Blue Mountain State). Les dix personnages principaux évolueront à leur guise suivant les rencontres, chacun se télescopera au moins une fois durant cette longue nuit de 13 épisodes.

©ABC

©ABC

On pouvait croire que le concept allait être répétitif, lourd, dispensable, au final, il n’en est rien grâce à une écriture enlevée, fraîche et des acteurs inspirés. Mixology n’a rien d’original, soyons-en conscients. Là où la série fonctionne, c’est dans la facilité de rendre tous les personnages attachants non pas par leurs qualités mais par leurs défauts. Entre Liv, la fiancée dans le doute ou Bruce, le gros lourd, chaque personnage a ce petit quelque chose qui peut faire la différence. D’ailleurs, on le voit très bien dans les relations entre eux. Le défaut ressort puis finalement est la clé qui ouvre les personnalités de chacun. Comment Tom, timide et maladroit, peu sûr de lui, peut arriver à intéresser Maya le temps d’un verre, cette brune jolie et réservée ? A nouvel épisode, nouveau couple mis en avant, ce gimmick n’occulte cependant aucunement les autres personnages qui sont toujours dans leur quête de l’amour, sans A majuscule. Il faut l’avouer, on nage dans une ambiance où le sexe est l’objectif sans jamais tomber dans le graveleux. Chaque personnage a comme ambition de terminer la soirée avec quelqu’un dans son lit mais sans cacher la secrète envie de trouver un sens à cette quête. Là, Mixology se permet d’utiliser la voix-off pour présenter les personnages mis en avant à l’aide de quelques flashbacks significatifs. Oui, mesdames, derrière le gros lourd du bar se cache peut-être un mal aimé. Oui, monsieur, la fille au décolleté veut simplement passer une soirée tranquille en prenant soin d’elle. Tous les personnages sont détestables mais aussi attachants. La série transforme alors chaque stéréotype en archétype et construit des personnages de plus en plus épais.

mixology

©ABC

La série n’est donc pas sur l’Amour, même si la voix-off nous le rappelle avant chaque épisode, mais sur la quête de soi et de reconnaissance dans le regard de l’autre. Le dernier épisode est symptomatique de cette idée en concluant parfaitement quasi chaque personnage. Il n’y a pas que du sexe entre chaque binôme et les hommes ne sont pas tous des goujats et les filles des proies faciles. Evidemment, on ne rate pas une occasion de jouer là-dessus à maintes reprises, il ne faut pas oublier que les coups d’un soir font partie du jeu. Mixology le comprend et bouscule ce cocktail explosif en devenant une série chorale au charme immédiat. ne vous fiez pas aux premiers épisodes en vous disant que tout est déjà écrit et qu’il n’y aura aucune surprise. Il y a une vraie évolution et une conclusion très satisfaisante. Evidemment, certains personnages sont moins réussis que d’autres, comme Jessica ou Cal, mais ce n’est pas l’échec total. Boudée par la critique et le public, Mixology a le mérite d’être une histoire bouclée avec ce pouvoir qu’ont les bonnes séries : nous faire croire qu’en éteignant l’écran, les personnages continuent à vivre quelque part, ailleurs.