Une série qui commence en avril ? Non, ce n’est pas déjà le retour de la série… Enfin sauf pour des privilégiés. Deux ans après la diffusion de la saison 1, la série a fait son grand retour mardi dernier pour une avant première lors du Festival Series Mania organisé par Paris par le Forum des Images. N’écoutant que mon coeur, je suis revenue de mon exil en Belgique pour assister à la diffusion des deux premiers épisodes de la saison 2. Voici une critique totalement spoiler free.

Je ne vais pas vous le cacher, je suis fan de la première heure … et je n’ai vraiment pas été déçue par ces deux épisodes. L’attente était à son comble et, même en étant déjà envoutée, je n’aurais pas facilement pardonné des défauts après deux ans. Ce n’est pas un reproche fait à l’équipe (certains s’en sont chargés pendant la séance de débat). Il faut savoir que l’écriture a commencé après la diffusion de l’entièreté de la saison 1 sur Arte. Entre l’écriture, le tournage et la post-production, l’équipe pouvait difficilement faire plus vite que deux ans. Et après tout, les réalisateurs, scénaristes, acteurs ne sont pas nos “putes” pour reprendre l’expression de Neil Gaiman, défendant George R.R. Martin devant ses fans impatients. Tout cela pour dire que même si je comprends sans soucis le délais, j’avais des attentes et je priais pour ne pas être déçue.

Cela n’a pas été le cas. Le mot déception a été effacé de mon vocabulaire durant le temps qu’a duré les deux épisodes de la saison 2. Dès les premières minutes, je me suis tout de suite replongée dans l’ambiance du séminaire des Capucins et c’était comme si je n’avais jamais quitté ma bande de petits séminaristes. Cela ne tient pas seulement au fait que j’étais pressée de les retrouver. Le maître mot de ces deux épisodes est “cohérence”. Il n’y a pas d’impression de rupture entre la saison 1 et la saison 2 car les personnages ont tous évolué de façon logique avec leurs valeurs et leurs caractères. Il y a une petite ellipse de temps mais il n’y a rien qui ne soit pas expliqué. Pas d’axiomes qu’on nous demande d’intégrer sans avoir d’explications. Concernant l’évolution des personnages, j’aimerais mettre l’accent sur Guillaume. C’est celui dont l’évolution est la plus flagrante mais aussi la plus appréciable. Tous les casino événements de la saison 1 avaient déjà commencé à changer le caractère du jeune séminariste mais il y avait toujours quelque chose qui semblait l’empêcher de s’assumer totalement. Dans ce début de saison 2, cette barrière (peut être morale) est tombée et c’est un personnage drôle, épanoui et sarcastique que l’on découvre. Il influence énormément le ton donné à la série.

Grâce à ce début de saison, on a également l’occasion de découvrir ce qui arrive à José que l’on avait laissé pour vivant mais en bien mauvaise posture criblé de balles dans une forêt. Là aussi, les scénaristes ont fait un beau travail et surtout un travail cohérence sur ce personnage qui est l’un de mes préférés. La storyline est aussi l’occasion d’introduire un nouveau personnage qui a une grande puissance comique. On découvre également d’autres personnages qui ont ambition à devenir principaux et qui ajoute une plus value certaine à la série. Le personnage incarné par l’excellent Jacques Bonnaffé est un excellent ajout à la série. Son personnage apporte de la tendresse mais aussi des ressorts comiques à la série. Je suis extrêmement curieuse de voir son évolution tout le long de la saison.

Une des grandes forces de la saison 2 est d’avoir trouvé un équilibre online casino quasi parfait entre les moments dramatiques et les moments de comédie. On passe d’une émotion à une autre sans que cela fasse faux ou mis exprès pour donner de la tension dramatique ou au contraire, un moment de répit. Le passage du rire aux “larmes” se fait de façon totalement naturelle grâce à la finesse du scénario et de la réalisation. Ce début de saison 2 arrive à allier de très beaux plans avec des personnages bien mis en valeur par de belles images ainsi que des répliques qui font mouche à chaque fois.

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Il y a eu une volonté claire de s’inscrire dans l’actualité. Traitant d’une série religieuse (mais pas que), l’équipe artistique a eu la bonne idée d’intégrer au scénario des thèmes qui ont fait débat ses derniers temps comme le mariage et l’adoption par les couples homosexuels. C’est à cette occasion que l’on remarque une écriture intelligente et pertinente. Vous comprendrez quand vous verrez la série mais j’ai fais partie de ceux qui ont applaudi une réplique prononcée par Raphael.

Oui, Ainsi Soient-ils saison 2 donne envie d’applaudir en plein milieu d’une diffusion ! Au delà du mariage pour tous, la crise est également abordée dans la série et souvenez vous de ce mot: “Austérité” qui est aussi l’occasion de faire rire le téléspectateur. Je ne vous en dis pas plus …

Vous l’aurez compris, ce début de saison m’a totalement enthousiasmée. Que ce soit dans le scénario, la réalisation, le développement des personnages ou le jeu des acteurs (qui s’améliore encore dans ces deux épisodes), la série atteint les sommets de la production télévisuelle française. Ce n’est pas pour rien que la presse internationale lui a décerné le prix de la meilleure série française au festival Serie Mania. Ne passez surtout pas à côté car elle sera l’une des meilleure séries de 2014 et cela même aux côtés des séries anglaises ou américaines. Avec Ainsi Soient Ils, c’est l’assurance d’une série maitrisée de A à Z et d’un grand moment de télévision. Il ne reste plus qu’à prier pour qu’octobre arrive vite… très vite.

 

Elvire.