Entre le 04 et le 06 Avril avait lieu en France le ciné-concert du dernier volet du Seigneur des Anneaux, l’occasion pour Smallthings de revenir sur l’expérience, alors que le concept du ciné-concert semble en pleine expansion.

En 2011, mes parents m’offraient une place pour le ciné-concert de La Communauté de l’Anneau au Palais des Congrès. Deux ans plus tard, je me rends à nouveau au Palais des Congrès pour le troisième volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux, conclusion de l’une des plus belles aventures à la fois musicales et cinématographiques qu’il m’ait été donné de voir.

Mon premier ciné-concert, je l’avais vécu avec Le Miracle des Loups, de Raymond Bernard, film muet dont la musique avait été recomposée pour l’occasion. C’était dans le théâtre à ciel ouvert de la cité de Carcassonne, et l’orchestre était constitué d’une petite dizaine de musiciens. Au Palais des Congrès, l’expérience n’a plus rien à voir, tant l’orchestre est dantesque : plus de deux cent personnes sont présentes sur scène.

Legolas

Legolas

Ce que je retiens de La Communauté de l’Anneau, c’est le choc et l’émotion : la musique n’a en aucun cas la même puissance, la même intensité en direct. J’ai entendu quelqu’un dire que la musique était d’une telle netteté et tellement en balance avec l’audio du film qu’il avait l’impression d’avoir mis son DVD. Permettez-moi de ne pas être d’accord : la musique vous balaie totalement. Le spectacle se dédouble : il n’est plus seulement sur l’écran, il est sur scène. Pour ceux qui connaissent très bien les films, il est très intéressant de se détourner des images un instant pour se concentrer sur le travail des musiciens.

Des Deux Tours, je retiens la redécouverte. Si je connais très bien la musique du premier et du dernier film, il n’en est pas de même de celui-ci. Les morceaux joués par l’orchestres sont transfigurés, et ainsi, certains attirent l’oreille, alors qu’il avaient pu indifférer auparavant. Un premier bémol se fait sentir pendant Les Deux Tours, mais ce n’est pas un problème musical : l’image, parfois, n’est pas de très bonne qualité. Cependant, cela reste mineur au vu du spectacle proposé.

Le Chef d'orchestre

Le Chef d’orchestre

Le Retour du Roi aura été la conclusion logique d’une performance de bout en bout maîtrisée. Comme à chaque fois, l’orchestre et le choeur sont éblouissants de maîtrise et de précision. Mais ce qui était un bémol dans Les Deux Tours devient un véritable problème ici : la copie du film est véritablement affreuse. L’image est parfois pixélisée, semble même ralentie parfois. Les dialogues peuvent être inaudibles dans un plan et audibles dans l’autre. Et pire encore : les effets sonores, qui sont supposés avoir été conservés, ont pour la plupart disparu. Cela crée une mise à distance du spectateur et donne même parfois l’impression que la musique est en décalage avec ce qu’il se passe à l’écran.

Ainsi, ce fut une expérience passionnante de bout en bout, qui augure de beaux jours pour le concept du ciné-concert (Gladiator est en effet annoncé pour Septembre 2014). Cependant, si le spectacle est surtout auditif, il ne faudrait pas que les organisateurs en délaissent l’image, qui était franchement une honte pour le troisième volet.