Film de William Eubank avec Gunner Wright

Le film tant attendu du groupe Angels and Airwaves qui a mis presque 5 ans à le finir est enfin disponible depuis début novembre dans le pack LOVE comprenant entre autre le double album du même nom.

Est-on en face d’un délire cinématographique ? D’une oeuvre abstraite magnifique ? D’un film ennuyeux ?

Tout ça en même temps…

Je m’attendais à une histoire touchante de par ces thèmes : la solitude, le sort du monde, le destin, des thèmes qu’on retrouve dans la musique d’Angels And Airwaves (le groupe de Tom DeLonge, blink-182) et auxquels j’accroche totalement.

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L’histoire est simple : un astronaute perd le contact avec la Terre et se retrouve isolé dans sa station spatiale. S’en suit une succession de scènes montrant sa solitude et la perte de ses repères jusqu’à un point culminant où il se rend compte que….

Je ne sais pas quoi mettre pour terminer la phrase. On ne sait pas vraiment le but du film. C’est assez abstrait comme fin. On peut rapprocher ça du cheminement que les morts font jusqu’à la connaissance absolue.

Le film est entrecoupé de témoignages de personnes sur leur vie et ce qu’ils ressentent. Cela coupe le rythme du métrage et il est dommage de ne pas avoir eu les images entrapercues dans les Lost footage du film sur ces dits-personnages. En fin de film, on se rend compte que ces témoignages sont issus d’une banque de données universelle sur les « souvenirs » des gens et qu’il y a eu quelque chose, sur Terre, il y a très longtemps qui a bouleversé le monde.

Visuellement c’est magnifique mais sous-exploité, surtout quand tout part vers une mise en scène assez pauvre et épuré de toute l’ambition aperçue dans des images spatiales du plus bel effet.

Niveau réalisation, Eubank parvient à faire ressentir la perte de repère visuel et sensoriel du héros en multipliant les cadres obliques, instables et les sons sourds. En cela, la musique instrumentale d’AvA est un pur bonheur pour le fan que je suis (notamment l’utilisation de Hallucinations ou de l’intro de Flight Of Apollo). J’espère que le spectateur lambda y trouvera son compte. Il y a aussi des plans ralentis assez jolis dans les scènes de guerre, dommage qu’elles ne sont pas plus mises en avant dans le scénario.

Il a fallu tant d’années pour le film sorte alors qu’il est concrètement assez peu ambitieux dans la mise en scène. Les rares images d’espace ou les effets spéciaux semblent à la portée de n’importe quelle production. Il manquait du temps ou de l’argent…

Love porte un nom assez étrange après avoir vu le film, le message s’en trouve un peu affaiblit voire inadéquate. Il en reste un film assez intéressant dans sa forme, il reste des fulgurances comme les bouchons sur le hublot, le héros dans l’espace ou les interludes mais ça n’en fait pas un film indispensable.