Film de Ruper Wyatt, avec James Franco (127 Heures), Tyler Labine (Mad Love, Reaper), Freida Pinto (Slumbdog Millionnaire) et John Lightow (Dexter)

Parmi les nombreuses adaptations ou les multiples remakes ou les mille et un  reboots, La Planète des Singes est, avec X-Men First Class, l’une des bonnes surprises de cet été malgré des défauts assez conséquents si on s’attarde en détails sur le film.

Très prévisible et linéaire malgré une réalisation très très fluide, ce film est bourré d’incohérences. D’habitude, je ne fais pas trop gaffe à ça mais quand un film tend à m’ennuyer, je ne vois que ça.

Non le film n’est pas soporifique, simplement, la prévisibilité des évènements gâche mon plaisir. Certes Transformers ou d’autres films sont tout aussi prévisibles mais ils sont moins linéaires ! Il n’y a aucun grand rebondissement dans le film.
Ajoutons à cela des incohérences par poignées et le film perd des points. (ATTENTION SPOILERS) Comment ne peut-on pas voir qu’un singe est enceinte alors qu’il est surveillé 24h/24 ? Comment peut-on décider de mettre fin à une expérience si la mère de César était agressive non pas par le produit mais parce qu’elle protégeait son enfant ? Comment laisse t-on sortir un singe sans préparer un sédatif ? Comment peut on laisser une voiture ouverte en pleine rue ? Comment les gardes ne peuvent ils pas voir les capsules de 112 par terre dans le « zoo » ? Comment César arrive t-il à rester chez James Franco alors que ni les fenêtres, ni les portes ne sont verrouillées ? Comment sous-utiliser Freida Pinto qui ne sert à rien ?(FIN SPOILERS)

Tout ceci pénalise le script et le rend balisé à outrance pour que l’on arrive au résultat escompté, le film ne surprendra personne, je pense.

Du côté effets spéciaux, le débat se pose. Petit, César n’est pas crédible pour un sou, dès qu’il devient adulte, le rendu est plus acceptable, la palme revient au gorille et à l’orang-outan, plus vrai que nature. Je ne parlerai que très peu d’Andy Serkis qui singe (…) César et le rend à la limite du ridicule. Que ce soit par ses poses ou ses regards (je doute que le regard de Serkis ait été motion-capturé), César est trop maniéré, le public ricanait beaucoup en le voyant. La question de son évolution se pose aussi, est-elle trop rapide ? Trop voyante ? Moi qui n’aime pas les macaques, je n’ai pas réussi à m’attacher à ce personnage.

Le seul moment du film où j’ai trouvé que le niveau était élevé était (ATTENTION SPOILERS) la scène de la rébellion de César face au gardien avec le « No! » qu’il prononce. (FIN SPOILERS)

Moins con que la plupart des films de cet été, La Planète des Singes se révèle une réussite formelle avec une réalisation très fluide, rarement nous avions vu des plans d’ensemble aussi longs et c’est tant mieux, c’est comme ça que doit être un film d’action de nos jours. Ruper Wyatt en fait un peu trop dans les plans 100% CGI avec une caméra très aérienne mais le reste du temps sa recherche de plans est efficace.

James Franco et le reste du cast font le minimum syndical, de l’inutile Freida Pinto au sous-exploité (généralement) Tyler Labine.

Le film se suffit à lui-même, une séquelle peut être envisagée vu la conclusion intéressante de cet opus ! Faire un film sur des personnages ni méchants, ni gentils est finalement original et le public sera sûrement curieux de savoir comment tout ceci va évoluer.